‹ Étude sur Quinte Curce [microform]Chapitre 117 sur 386 · Cf. page · texte numérisé non relu

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5. Cf. Salnte-Croix, Op. /., page 100. — Grote, Op. /., t. XVIII, page 112.

132 QUINTE CURCK HISTORIKN.

librement avec les travaux de ses prédécesseurs, et qu^il donne au récit des événements une forme très personnelle. D'ailleurs, qu'on admette ou non cette conjecture, peu importe; il s'agissait moins d'en démontrer la justesse que de faire comprendre

Terreur de G. Millier.

On ne saurait non plus avoir la prétention de prouver que Glitarque est la source unique de Quinte Gurcc en constatant dans l'ouvrage du second de ces historiens la présence de documents empruntés au biographe grec d'Alexandre.

L'histoire de Quinte Gurce renferme des renseignements tirés de Glitarque, — nous en avons signalé plusieurs, — mais elle en renferme moins qu'on ne serait tenté de le croire.

Sur les quarante fragments de Glitarque que nous connaissons, G. Millier en relève dix dans lesquels il croit retrouver l'original d'autant de passages correspondants de Quinte Gurce. Dix fragments sur quarante, c'est une proportion assez faible, et que fourniraient facilement les fragments de la plupart des historiens grecs d'Alexandre. Toute faible qu'elle est, elle est encore trop forte et devra être singulièrement diminuée. En effet, le rapprochement des fragments 4 et 7 de Glitarque avec les passages V, i, 2i et YI, iv, 18 de Quinte Gurce est le résultat d'une erreur, d'ailleurs excusable '. Le rapprochement du fragment 23 avec le passage Vil, 95 (sic) de Quinte Gurce provient d'une erreur beaucoup plus grave. Dans ce fragment, Glitarque parle d'une ambassade envoyée par les Romains auprès d'Alexandre. Gette ambassade a-telle ou n'a-t-elle pas été envoyée? G'est une question fort débaltue, qu'il n'importe pas de résoudre ici K Ge qui nous intéresse, c'est de savoir si, comme le dit G. Muller, cette ambassade a été mentionnée par Quinte Gurce. Elle ne l'a pas été, et l'indication donnée par G. MiUler est de pure fantaisie. Ge fragment a d'ailleurs été cause de

1. Le fragment 4 est relatif à l'étendue de murs de Babylone, et 'le fracmenl 7 à la mer Caspienne. Cf. pages 114 et 125.

2 II est bon de noter seulement que cette ambassade dont on a fait un crfme àQuinte Curce a réellement été envoyée, suivant N'^bubr, «..zuc/^ Geschichti^ Berlin, Reimer, t. 111, page 194; Grotk, y^'^^\^^\fflf^' Od l t XVlll, page 334, et Droysen, Op. L, t. I, page 713, note 1. U. Arr.ev vu XV. 5 - MOMMSEN {Op. /.. t. Il, page 190, note) dit que fe rédt de cett; ambassade est un pur eonte. - Sai>tk-Choix 0;>. / page 478, sqq.) n'admet pas non plus que les Romams aient eu des relations avec Alexandre.

LES SOURCES DE QUINTE CÙRCE

nombreuses erreurs ; il a été rapproché par Geier * et par G. Muller d'un passage de Diodore qui n'a jamais existé, enfin il a servi d'argument contre Quinte Gurce au seul critique français qui se soit de nos jours un peu longuement occupé de la biographie latine d'Alexandre *.

Ainsi le nombre des fragments de Glitarque, dont la trace évidente se retrouve dans l'histoire de Quinte Gurce, doit être abaissé à sept, peut-être même à six \ Ge nombre est, on le voit, trop faible pour servir à prouver, par iui seul, que GUtarque est la source unique de Quinte Gurce.

Gette parenté, que l'on veut si étroite entre nos deux historiens, ressort-elle au moins de la comparaison du récit de Diodore avec celui de Quinte Gurce? Pas davantage; pour que cette parenté fût incontestable, il faudrait d'abord que l'histoire de Diodore eut été composée uniquement d'après celle de Glitarque, et que, de plus, le récit de Quinte Gurce ne fût jamais en contradiction avec celui de Diodore; or aucune de ces conditions indispensables n'est remplie, il est facile de

s'en convaincre.

Le XV11° livre de Diodore, quand on le lit même rapidement, ne donne pas l'impression d'un travail fait d'après une source unique; dans sa première moitié, il n'offre que de très rares données sur la marche des troupes, sur les opérations militaires, données qui abondent au contraire dans la seconde moitié et affectent un caractère particulier de précision. Il renferme en outre des documents qu'on ne pourrait, sans quelque hardiesse, attribuer à un. seul et même historien; comment, en effet, admeltre que les récits plus que légendaires sur les Amazones et sur Thaïs aient été tirés du même ouvrage qui donnait des renseignements exacts et substantiels sur le rôle de Memnon? Cette impression première se précise et se fortifie après un examen plus approfondi.

En plusieurs passages, Diodore, avant de raconter un fait, met sa responsabilité d'historien à couvert, en employant ces expres-

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