‹ Étude sur Quinte Curce [microform]Chapitre 116 sur 386 · QuiME Gurce, IV, vi · texte numérisé non relu

QuiME Gurce, IV, vi

LES SOURCES DE QUINTE CURCE

que dans deux des ouvrages à nous connus, celui d'Hégésias * et celui de Quinte Gurce; ni Diodore, ni Plutarque, ni Justin, ni Arrien n'en parlent. Quel auteur l'a raconté originairement? Ge ne peut être Hégésias, dont l'ouvrage parut alors que la légende d'Alexandre était déjà faite, et dont le récit est d'ailleurs en trop de points différent de celui de Quinte Gurce. Quoi qu'en ait dit G. Miiller, ce ne peut pas davantage être Glitarque. Si c'était lui, en effet, Justin ou Diodore, qui, dit-on, suivent si fidèlement son récit, auraient parlé de cet épisode, et ils se taisent; Justin ne dit pas un mot du siège de Gaza; Diodore le mentionne en deux lignes *, sans nommer Bétis. Quel est donc cet auteur?

A cette question il est impossible de répondre par une affirmation catégorique; mais, en revanche, il est tout à fait facile d'émettre une conjecture de beaucoup plus vraisemblable que celle de G. Millier. La prise de Gaza est racontée avec détails seulement par deux des historiens qui nous restent, Arrien et Quinte Gurce. Dans l'ouvrage de ces deux historiens, les détails du siège concordent en général assez exactement ^, et ces détails ont été pris à une source commune, la relation d'Aristobule *. Le récit du supplice infligé à Bétis ne serait-il pas emprunté au même auteur, et ne semble-t-il pas tout naturel que Quinte Gurce ait suivi dans cette partie de sa narration le guide (ju'il avait suivi dans la partie immédiatement précédente? Gette conjecture n'aurait rien que de très vraisemblable, et les objections qu'on serait tenté de soulever seraient facilement réfutées. Objecterait-on le silence d'Arrien sur l'épisode final du siège de Gaza? on répondrait qu'Arrien a là, comme en maint autre endroit, supprimé une circonstance peu honorable pour Alexandre^. Soutiendrait-on que le style et le ton de ce morceau diffèrent absolument du style et du ton de l'ouvrage d'Aristobule? Il suffirait deTappeler que Quinte Gurce n'est pas un traducteur servile, qu'il en use au contraire fort

1. Denys d'Halicarnasse, de Comp. verb.y t. V, page 120, R. —Cf. C.Muller, Script. Rer. Alex., pages 141, 142.

Page 1