Plutarque, Alexandre
LES SOURCES DE QUINTE CURCE
qu'il parle de l'institution du corps des pages * ; les détails curieux qu'il donne à ce sujet se retrouvent en effet dans Arrien ^ et, par leur nature même, semblent bien plus convenir au caractère de la narration d'Aristobule qu'à celui de la narration de Ptolémée.
La trace positive de l'iniluence de ce dernier historien est beaucoup plus difficile à retrouver dans l'ouvrage de Quinte Curce. Ptolémée doit, selon toute vraisemblance, avoir fourni, pour la majeure partie, les documents stratégiques qu' Arrien et Quinte Curce sont seuls à donner; il doit les avoir fournis, mais on ne saurait affirmer qu'il en soit ainsi. Indépendamment des faits partiels, notoirement rapportés d'après Ptolémée^, on ne trouve dans l'ouvrage de Quinte Curce qu'un seul événement dont le récit paraisse avoir été inspiré par l'ancien aide de camp d'Alexandre : c'est celui de la conspiration de Philotas *.
Arrien, après avoir donné quelques détails sur lesquels Ptolémée et Aristobule étaient d'accord, ajoute ^ : « Ptolémée dit « de plus que le criminel fut mené devant les Macédoniens ; « qu'Alexandre l'accusa devant l'assemblée générale; que Phi- « lotas se justifia d'abord; que les témoins parurent ensuite et « le convainquirent d'avoir été instruit des embûches dressées à {( Alexandre, sans les avoir révélées, quoiqu'il entrât plusieurs « fois par jour dans la tente du roi. Philotas et ses complices « périrent percés de traits par les Macédoniens. » ■ Ce récit est on ne peut plus bref, et il se termine par un détail sur le genre de mort de Philotas qui contredit un peu le renseignement fourni par Quinte Curce <^. Toutefois, dans sa sobriété, il est tellement d'accord avec celui de Quinte Curce, en ce qui concerne la marche des événements, qu'on ne saurait s'empêcher d'y voir une espèce de sommaire que l'historien latin s'est plu à développer dans les cinq derniers chapitres de son sixième livre.