Cf. R. Geier, Op. /., page
LES SOURCES DE QUINTE CURCE
Plutarque, Arrien, ayant pu lire, consulter et citer les écrivains dont nous avons parlé *, pourquoi Quinte Curce seul n'aurait-il pas pu en faire autant et aurait-il dû avoir recours à ce recueil de documents ou à ce remaniement de Glitarque? On ne le dit pas, et cela serait probablement difficile.
On doit donc conclure que Quinte Curce a pu, lui aussi, faire usage, et qu'il a fait usage de documents qui étaient à la portée de tous les lettrés. Cette conclusion est d'autant plus juste que plusieurs des erreurs commises par Quinte Curce s'expliquent précisément par l'emploi de sources multiples '.
Les ouvrages dont Quinte Curce s*est servi sont de valeur très inégale, ils sont en général assez bien choisis; ils représentent les diverses traditions de riiistoire d'Alexandre et sont les uns aux autres un utile, parfois même un indispensable complément. Il n'y a pas à les examiner tous avec la môme attention. Ainsi il n'est pas besoin de faire ressortir la profonde sincérité et l'exactitude d'Aristobule, les connaissances spéciales de Ptolémée ^ l'information précise de Néarque *, la critique d'ordinaire très sûre d'Ératosthène ^ ; il n'est pas besoin non plus de s'attarder à discuter le degré de confiance que méritent Patrocle, Polyclite, Timagène et les autres historiens ou géographes qui ont été incidemment consultés par notre historien; en revanche, il est de toute nécessité de se faire une opinion sur certains écrivains, plus ou moins largement mis à contribution par Quinte Curce, et dont la valeur historique est fort discutée.
1. Les écrivains romains consultaient d'ailleurs, tout comme les nôtres, de nombreux ouvrages. Les œuvres de Vakro.n, de Gicéron, de QuLNriLiEN, témoignent d'une lecture considérable, et VHisloire naturelle de Pline a été écrite d'après 2000 volumes. Cf. Pline, Op. t., préface, 17.