Cf. page 188, sqq
3. Cf. J.-G. Droysen, Op. L, l. I, page 750, sqq. — Sainte-Croix, Op. /., page 43, sqq.
4. Cf. \V. ViNCEiNT, Voyage de Néarque..., trad. franc., Paris, an VIII, page 65, sqq. — Sainte-Croix, Op. L, 749, sqq. — Vivien de Saint-Martiiï, Histoire de la géographie, Paris, Hachette, 1873, page 111, etc.
5. Cf. Sainte-Croix, Op. /., page 51, sqq. — Vivien de Saikt - Martin, Op. L, page 131, sqq.
Onésicrite, « ce grand amiral des mensonges », n'a fait trop souvent * qu'entasser fables sur fables; doit-il donc être absolument banni des bibliothèques sérieuses et rend-il suspects tous les écrivains qui se sont servis de lui? assurément non. Onésicrite avait visité l'Inde, il avait même été envoyé par Alexandre auprès des Gymnosophistes avec une mission spéciale; il a vu par conséquent de ses propres yeux bien des choses intéressantes, il a appris plus d'un détail curieux, et il n'a pas pu ne pas mettre dans sa relation le récit exact de ce qu'il avait vu ou de ce qu'il avait entendu. Cela est si vrai que Strabon, après l'avoir fort malmené, ajoute* : « Il lui arrive parfois de relater (( des faits intéressants qui ont un air de vraisemblance et qu'à « cause de cela, quelque défiance qu'on ait, on ne saurait passer « sous silence. » Ainsi, Onésicrite pouvait à l'occasion être consulté et fournir d'utiles renseignements; il pouvait être un guide intéressant, mais qui devait être tenu en défiance.
Callisthène ne mérite pas sans doute toutes les critiques que les anciens lui ont adressées et sur lesquelles on serait aujourd'hui assez embarrassé pour se prononcer. Seul en effet de tous les historiens d'Alexandre, il nous a laissé des renseignements sur ce qui se passait au camp des Perses ^ ce qui n'est pas un mince mérite ; de plus, il a souvent donné des détails exacts sur les événements qu'il avait entrepris de raconter; Strabon, peu tendre pour lui, est forcé de l'avouer *. Au reste, si Callisthène avait été si ignorant des affaires militaires que le veut Polybe ^ si flatteur et si guindé que le disent Strabon * et Longin ^ il n'eût probablement pas été admis dans le canon dressé par les grammairiens alexandrins.
Cette raison toutefois, si nous n'avions donné que celle-là, pourrait ne pas paraître très convaincante ; Clitarque lui aussi avait trouvé place sur cette liste, et l'on sait pourtant dans quelle médiocre estime il est tenu par les anciens et les mo-