Longin, du Sublime
dernes. Chez les anciens, Cicéron *, Quintilien ', pour ne citer que les plus célèbres, ont suspecté sa bonne foi; chez les modernes, il n'est pas, croyons-nous, d'écrivain qui ait pris sérieusement la défense de Clitarque. Et cependant cet historien mérite mieux que la réputation qu'on lui a faite; il est ampoulé, amoureux des formules de rhétorique, trop crédule et doué d'un sens critique médiocre, nous l'accorderons volontiers, mais il a un mérite dont on ne lui a pas tenu compte et qui lui devrait attirer tout au moins Tindulgence des modernes, il représente une tradition différente de celle d'Arrien et raconte des faits omis, sciemment ou non, par les historiens qu'avait suivis l'auteur de VAnahase.
C'est grâce à lui, et par l'intermédiaire de Diodore, son plus fidèle représentant, que nous connaissons les difficultés survenues à l'avènement d'Alexandre^; l'envoi d'armes fait aux Thébains par Démosthène *; l'ambassade des Spartiates auprès d'Alexandre ^; le pillage de Persépolis^; les causes qui forcèrent Alexandre à revenir de l'Inde ^; la défection des colons de Bactres à la mort du roi ^ et bon nombre d'autres détails intéressants.
A ce titre, l'ouvrage de Clitarque méritait l'attention; non seulement il ne pouvait être écarté, sans examen, comme suspect, mais encore il devait être consulté par quiconque entreprenait d'écrire l'histoire d'Alexandre.
Mégasthène, dont les Indica, au dire de Strabon ^ ne devaient être utilisés qu'avec une extrême prudence, n'en était pas moins un auteur précieux et mieux renseigné qu'on ne le croit trop souvent *°.
Si tous ces écrivains ont droit à plus de justice qu'on ne leur en accorde ordinairement, il en est un autre qui mérite, lui aussi , l'attention bienveillante des critiques, c'est l'historien anonyme dont nous avons retrouvé la trace très profondément
i. Cicéron, Brutus, XI, 42.