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Quinte Curce, III, xii

ques font absolument défaut; Quinte Curce est, en effet, fort

sobre en renseignements de ce genre; quand il s'avise de l'être

moins, il ne nous satisfait pas beaucoup plus, ayant l'habitude

de ne se servir que des termes les plus généraux. Ainsi il nous

dira qu'Oxathrès « se distinguait entre tous par l'éclat de ses

« armes, sa vigueur corporelle, son courage et sa piété ' », et

que l'Hindou qui de barbier devint roi « n'était pas d'un exté-

« rieur désagréable * ». Il approche plus de la réalité, quand il

nous montre ce malheureux Alexandre Lynceste sortant de

prison et qui, « sommé de prononcer sa défense, qu'il avait

« méditée pendant trois ans, hésite, se trouble, bégaye quelques

« mots et à la fin perd la mémoire et la raison ^ ; » il semble

y atteindre tout à fait dans les lignes qu'il consacre à Dioxippe :

« Athlète fameux, connu et aimé du roi à cause de sa force

« extraordinaire, et que des envieux accusaient, moitié sérieuse-

<( ment, moitié par plaisanterie, de suivre l'armée comme un

<( animal inutile surchargé de graisse, et d'avoir pour unique

« souci, pendant la bataille, de se frotter d'huile et de préparer

« son estomac à la bonne chère \ »

Mais ces tentatives pour mettre en relief l'individualité physique ou morale d'un personnage sont relativement très rares dans l'œuvre de Quinte Curce.

Nous n'avons encore, il est vrai, parlé que des comparses, et peut-être Quinte Curce ne les a-t-il un peu laissés dans l'ombre que pour mieux faire ressortir le protagoniste du drame, Alexandre. Ce n'est pas bien sûr. Notre historien s'est arrêté avec complaisance au portrait de son héros ; il ne lui a pas cependant donné un éclat extraordinaire; surtout il n'a pas changé de manière. Il ne s'intéresse guère plus à la personne physique d'Alexandre qu'il ne s'est intéressé à la personne physique de Parménion. Il ne nous peint pas Alexandre « les mem- <c bres bien proportionnés, le corps robuste et ramassé, et, à « cause de sa taille médiocre, paraissant plus fort et plus vigou- « reux qu'il n'était en réalité; » il ne nous parle pas de « la blan- « cheur de sa peau, ni de la coloration rosée de ses joues » ; il ne

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