Quinte Curce, V, vu
loyauté * d'Alexandre, son activité % son exactitude à remplir ses devoirs de général ^ son intrépidité calme et inébranlable*, son amour de la gloire *, et aussi l'irascibilité de son caractère % son orgueil \ son ivrognerie \ sa débauche \ Nous assistons à la lutte que ses qualités et ses défauts se livrent sans interruption; nous voyons ses vices naître '\ grandir, se donner ouvertement carrière ^* et ne plus connaître de frein ^^
C'est seulement après ces essais, après ces tâtonnements que Quinte Curce se hasarde à peindre en entier un personnage si complexe et si grand.
« Si l'on veut — dit-il '^ — juger sainement Alexandre, on « trouvera que ses bonnes quahtés lui venaient de la nature et <( ses vices de l'âge ou de la fortune. Il avait une force d'esprit <( incroyable, une aptitude presque excessive à supporter les fati- « gués un courage supérieur à celui de tous les rois, de ceux « môme qui n'ont eu que cette vertu. Il était si libéral qu d « donnait souvent plus qu'on eût osé demander aux dieux. Sa « clémence envers les vaincus était extrême, elle allait jusqu'à « rendre leur rovaume aux rois qu'il avait vaincus, ou à le leur « donner en pure largesse. Il méprisait en toutes circonstances « la mort, qui fait frémir le reste des hommes. Il aimait la « gloire et la louange avec une passion excessive, mais pardon- « nable chez un jeune prince qui faisait de si grandes choses. « Faut-il parler de sa piété filiale ? Il avait résolu de mettre « Olympias au nombre des déesses; il avait vengé la mort de « Philippe II fut bienveillant presque pour tous ses amis, et « bon pour ses soldats. Sa prudence égalait son courage, et son « habileté était supérieure à son âge. Il sut modérer ses pas-