Quinte Curce, IX, i, 28, sqq
d'Alexandre trouvent Abdalonyme « occupé à sarcler les mau- « vaises herbes de son jardin * », et après l'avoir salué du nom de roi « ils l'engagent à aller au bain * ». Polystrate, mourant de soif, puise « avec son casque » l'eau de la source auprès de laquelle Darius expire ^; Gœnus vient « tête nue » présenter au roi les doléances de l'armée *; Alexandre, à la bataille d'Issus, marche au premier rang, « retenant d'un geste ses soldats afin « qu'ils ne s'essoufflent pas ^ » ; à la prise de la ville des Oxydraques, il nous apparaît seul, dans une place ennemie, « adossé à (( un arbre, se couvrant de son bouclier, puis bientôt, las, le « casque brisé d'un coup de pierre, tombant à genoux, luttant « toujours et d'une vigoureuse épée repoussant les assaillants « enhardis ^. » Dans les assemblées, les soldats frappent « de leurs « piques leurs boucliers » pour marquer leur désapprobation ^, et, dans la revue solennelle qui eut lieu après la mort d'Alexandre, l'auteur n'oublie pas de nous faire remarquer qu'on avait consulté « les entrailles d'une chienne * ».
III. — Les peintres et les poètes anciens ont souvent traité les mêmes sujets, et ils l'ont fait presque de la même façon. Est-ce à dire que les uns aient servi de modèle aux autres? Lessing, à propos du Laocoon % et M. Boissier, à propos des peintures de Pompéi, ne le croient pas *^. Ils pensent tous les deux que peintres et poètes, s'ils ont puisé leur inspiration à la même source, sont toutefois indépendants les uns des autres; peut-être ontils raison dans le cas particulier qu'ils ont étudié, peut-être se tromperait-on si l'on voulait généraliser l'explication qu'ils ont proposée. Plus d'un fait prouverait que la peinture et la poésie se sont souvent prêté un concours réciproque : le.dénouement de l'Antiope d'Euripide semble bien, sans conteste, avoir fourni le
sqq.
sqq.
Quinte Curce, IV, i, 22.
Quinte Curce, IX, i, 28, sqq.
QuLNTE Curce, V, xiii, 24.
Quinte Curce, IX, m, 3.
Quinte Curce, III, x, 3.
Quinte Curce, IX, v, 3, sqq.
Quinte Curce, X, vi, H.
Quinte Curce, X, ix, 12.
Lessing, Laoocon, traduction française, Hactiette, 1877, eh. v, page 44,
G. Boissier, Promenades archéologiques, Paris, Hachette, 1880, page 345,
suiet du taureau Farnèse; en revanche, Cicéron dans son de Zsulacu, s'esl inspiré d'un groupe de bronze que on vot encore à Rome au Capilole '; Horace, en nous pe-gnaat les Gau îoTs eUes Parthes % a dû se souvenir d'un bas-reUef tnomphal, et 0 c^ songeait à coup sûr à la Vénus de Méd.os quand .1 ecnvail ce distique si harmonieusement, si exactement descnpl.f .
Ipsa Venus pubcin, quolics velamina ponil, Protegitur lajva somireducla manu '.
Quinte Curce paraît aussi, dans certaines descriptions, s'être insnï é des chefs-d'œuvre de la peinture ou de la sculpture.
Un épisode de la bataille dissus ' rappelle, à s'y méprend e r admirable mosaïque de la maison du Faune; Ag.s mouran kulvolont" remènt songer au Gladiateur du Louvre et les él phàl que l'historien nous peint saisissant les Macedon ens pour le" leL aux mains des cornacs » éveillent le souven.r d un
"SeuÏQuTt: curce a groupé ses personnages avec un art si t n—l il a tracé des tableaux d'un aessin s. ^rme qu un sculpteur ou un peintre n'aurait qu'a suivre le texte de notre
''"'tlïiin entourait de ses bras son .ils, qui n'avait point eLore accompli sa sixième année et qu'elle avait mis au jour
" dans l espoir de cette haute fortune que son père venait de perîre iu le sein de la vieille reine étaient penchées les deux
: fl le's de D rius déjà sorties de l'enfance et accablées de la dou-
a ur de leur a eule autant que de la leur; autour délies se tenaie t une foule de femmes de distinction, les cheveux epars,
;; tes vêtements déchirés, insoucieuses de leur ancien rang . »
,. PxT,., Études sur la poésie latine, Paris, Hachette, 1875, t. Il, page 436.