‹ Étude sur Quinte Curce [microform]Chapitre 198 sur 386 · Cf. Jt'RIEN DE La tiRAMbRE, i · texte numérisé non relu

Cf. Jt'RIEN DE La tiRAMbRE, i

1883, t. 111, Pi^ge 335.

u tombant s'ofTrait aux regards, et les soldats, les oreilles assour- « dies, le cœur glacé d'effroi, n'osaient ni avancer ni s'arrêter. « Un instant après, des torrents de pluie mêlée de grêle inondè- «rent la terre; ils s'en garantirent d'abord, à couvert qu'ils « étaient sous leurs armes; mais bientôt leurs mains glissantes « et engourdies devinrent hors d'état de les tenir; ils ne savaient « même plus dans quelle direction se tourner, trouvant de chaque « côté la tempête plus violente à mesure qu'ils s'efforçaient de

« l'éviter. ^

« Alors on les vit rompre leurs rangs et se répandre en de- « sordi-c dans toute la forêt; plusieurs, abattus par la cramte « plus que par la fatigue, se couchaient sur la terre, quoique « l'excès du froid eut transformé la pluie en une couche de « "-lace. D'autres s'appuyaient contre des troncs d'arbres : ce fut là le soutien et l'abri du plus grand nombre. Ils n'ignoraient u pas qu'ils ne faisaient que choisir une place pour y mourir, « et que, dans leur immobiUté, la chaleur vitale allait les aban- « donner; mais l'inaction plaisait à leurs corps épuisés de lassi- « tude et une mort certaine ne les effrayait point, pourvu qu ils « se reposassent; car le fléau qui les frappait n'était pas seule- <c ment terrible, il était opiniâtre, et la lumière, cette consola- « tion naturelle de l'homme, déjà voilée par une tempête aussi sombre que la nuit, achevait de disparaître dans l'ombre de la

« forêt. » , , ^ f '

Les tableaux de bataille sont inférieurs, le plan en est confusement tracé et les épisodes font le plus souvent tort à l'action principale ». Les escarmouches sont seules décrites avec beaucoup de vivacité et de netteté; le récit de l'échec d'Alexandre au passage des Pyles Susiennes ' est un modèle.

Quinte Curce prend sa revanche, quand il est soutenu par le sentiment de la nature qui a si heureusement inspiré ses contemporains et dont on a pu reconnaître l'influence dans le récit de la marche sur Gazaba. ^

L'aptitude particulière qu'il a de voir et de rendre visible le côté oittoresque, le détail précis, se manifeste surtout dans ces tableiux qui rappellent ceux de nos paysagistes ou de nos pem-

1. QUINTE CuRCE, VIIÏ, IV, 2, sqq. Cf. la marche dans le désert, IV, vn, 7, et en Sogdiane, Vil, v, 2.

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