‹ Étude sur Quinte Curce [microform]Chapitre 219 sur 386 · Sainte-Croix, Op. L, pages 107, 324, sqq · texte numérisé non relu

Sainte-Croix, Op. L, pages 107, 324, sqq

8. En particulier par Sainl-Évremond, dans sa Dissertation sur la tragédie de Racine intitulée Alexandre le Grand.

9. Cf. Quinte Curce, VII, viii, 20. — Tacite, Agricola, 30, 32. Salluste a développé à deux reprises un thème analogue; cf. discours de Catilina, Catilina, 58, lettre de Mithri-date, Fragm. hist., IV, 20.

10. Cf. Quinte Curce, VII, vm, 19, et Cicéron, de Repubhca, 3.

prix d'une ingénieuse allitération *, d'une antithèse savante *; ils ont sondé les profondeurs les plus intimes du cœur humain ^, ils se plaisent à exprimer des sentiments subtils en un langage qui ne Test pas moins *, Leur style, quoi qu'en dise Quinte Curce ^, n'est pas si indigne d'une époque et d'esprits cultivés. Sénèque les eût à coup sûr applaudis; QuinliUen les aurait critiqués d'un air indulgent.

Ailleurs, les personnages ne sont plus que les porte-parole de l'auteur. Philolas et Amyntas, dans la plaidoirie qu'ils prononcent devant Alexandre, ne sont pas deux accusés luttant de toutes leurs forces contre les inculpations dont on les poursuit, incertains, anxieux du sort qui les attend. Ce sont des avocats tout à fait indifférents à l'issue du procès dont ils sont cependant les parties les plus intéressées ; pour mieux dire, ils sont fixés d'avance sur ce qui va arriver, l'auteur les a prévenus; Philotas sait bien qu'il sera condamné, son attitude le proclame, et les mots par lesquels il réplique à une interpellation d'un des assistants le démontrent mieux encore. « Je m'arrête, dit-il, « puisque mes paroles vous oflénsent, » et il se tait*^. Amyntas y met moins de façons; il arrive d'un air délibéré et demande d'abord avec assurance d'être débarrassé de ses chaînes % puis il plaide sa cause, il réfute chaque article de l'accusation portée contre lui, mais il ne prend pas la peine de conclure. A quoi bon? ne se sait-il pas absous d'avance et n'esl-il pas là simplement pour contraster, par son attitude et son langage, avec l'attitude et le langage de son prétendu complice?

Tous les personnages de l'histoire d'Alexandre ou presque tous ont passé à l'école des rhéteurs. Ils ont subi plus ou moins l'influence de leur enseignement, et plus ou'moins ils se plaisent à ces défauts charmants que Quintilien blâme dans Sénèque^. Ils ne sont presque jamais entièrement eux-mêmes, et trop souvent un mot, une réflexion trahit la présence dans la coulisse

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