Cf. Beaudoln, Revue hist. de droit, 1881, page 163, sqq
PROBLÈMES BIOGRAPHIQUES
haut, ses monnaies ne portent plus qu'une désignation banale : CoL Septimla Tijrus \ et l'emblème de la liberté a été, depuis Héliogabale, remplacé par le seul mot Tyriorum ^ ; l'opulente cité phénicienne n'est plus qu'une simple colonie romaine, dont les habitants sont cives , dont l'organisation municipale est calquée sur celle de Rome, et dont le sol lui-même est assimilé au sol italique ^. Elle n'est plus désormais qu'un membre du grand corps romain et fait partie de l'empire au même titre qu'une ville italienne quelconque. L'expression tutela devient dès lors inexacte ; appliquée à la colonie de Tyr, la phrase de Quinte Curce n'aurait pas de sens ; elle ne peut en avoir un que si, comme nous l'admettons, elle fait allusion à une époque où Tvr était encore ville libre, c'est-à-dire à une époque anté- Heure à Septime Sévère.
D'autres considérations nous empêchent d'ailleurs de faire de Quinte Curce un contemporain de Septime Sévère : Tyr ne pouvait mériter sous cet empereur le nom de cité paisible que lui donne Quinte Curce *;elle avait été dévastée en 191 par Pescennius Niger, alors qu'il luttait contre Septime Sévère \ De plus, le passage dans lequel Quinte Curce attribue aux Parthes le pays compris entre l'Euphrate, le Tigre et la mer Rouge « est en contradiction formelle avec les données que l'on a sur les possessions respectives des Parthes et des Romains à cette époque. Depuis l'an 165,1a Mésopotamie était un champ de bataille tour à tour occupé, puis abandonné par les Parthes et les Romains ' ; ni l'un ni l'autre de ces peuples ne pouvait s'en dire complètement possesseur. Les Romains pouvaient prétendre à sa possession à aussi juste titre que les Parthes, et en fait, depuis Verus, ils conservèrent toujours quelques colonies dans cette contrée.
1. Eckhel, Doctrina nummorum, t. III, 337, IV, 467. - Mionnet, Op. /., l. V, 428. Supplément, t. VIll, 304.