Quuste Curce, IV, xi, 12, sqq.; xiii, 4, 23; VII, vu
« ne parle plus qu'à de sourdes oreilles, et je me consume en
« efTort"^ pour ranimer des esprits mécontents et abattus Je
« ne sais de quel tort je me suis, sans le vouloir, rendu coupable « envers vous, pour que vous ne daigniez pas même me regarder. « Il me semble être seul au milieu d'un désert. Personne qui me « réponde; personne qui me fasse même entendre un refus. A « qui parlé-je donc et que demandé-je *? »
Le mépris, l'indignation éclatent en plus d'un passage de l'allocution d'Alexandre à ses soldats, lors de leur dernière révolte ^; l'ironie y revêt la forme la plus dure. La péroraison est d'une énergie rare ; elle reprodiut heureusement, et non sans préméditation =* de la part de Quinte Curce, un mot prononcé par César dans des circonstances identiques à celles où se trouvait Alexandre. « A Rome, dit Suétone, les soldats « de la dixième légion demandaient avec force menaces leur
« congé et des récompenses César, malgré les conseils de
« ses amis, n'hésita pas à se présenter aux révoltés et à les « licencier. Mais il lui suffit de les appeler citoyens (Qui rites) « au lieu de soldais pour changer leurs dispositions et calmer <( leur effervescence *. »
« Allons, — dit Alexandre d'après Quinte Curce, — fuyez, et (( que les chemins s'ouvrent librement devant vous : partez au « plus vite. Moi-même, avec les Perses, je protégerai votre « retraite. Je ne retiens personne : délivrez mes yeux de votre « présence, citoyens ingrats ^ . »
Darius, avant de donner le signal du combat, a un mouvement à la Henri IV. « Pour mieux me montrer, dit-il à ses soldats, je « serai sur un char, suivez-moi à l'honneur ou à la honte, c'est « tout ce que je vous demande ^. » Le latin a plus d'énergie peutêtre; la traduction permet cependant de deviner le geste, î'ori-