Suétone, César^ 70. Cf. Lucain, Pharsale, V, 357, 35S
... Discedile caslris, Tradite noslra viris, ignavi, signa, Quirites.
6. Quinte Curce, IV, x[v, 26 : « Ipse non palrio more solum, sed etiam ut conspici possim, curra vehor, nec recuso quomiuus imitemini me, sive forlitudinis exemplum sive ignaviae fucro! »
ginalité de cet appel, de même que la paraphrase de Voltaire rappelle le mot du héros de La Henriadc \
Parfois même l'hyperbole, les antithèses qui ont tant nui à la réputation de notre historien, produisent d'heureux effets. (( Regarde, dit Cœnus à Alexandre, regarde nos corps exsan- <( gués, percés de mille coups, couverts de cicatrices. Nos lances u sont émoussées, les armes nous manquent. Nous avons dû « revêtir des vêtements perses, ne pouvant en faire venir de « Macédoine. Nous avons l'air d'étrangers. Qui de nous possède « encore un cheval ou une cuirasse? Qui de nous a encore des « esclaves ou sa part de butin? Vainqueurs de tous, nous man- « quons de tout ^ » - ^< L'armée perse, dit Alexandre, a plus (( d'hommes, la nôtre a plus de soldats ^ »
A côté de passages que déparent l'enQure, l'affectation, on trouve des métaphores énergiques, nous dirions presque des expressions de génie. Alexandre veut faire comprendre à ses soldats la faiblesse de l'armée perse, il la leur représente comme « une troupe que la peur fait chanceler et que la pointe de « leurs boucliers suffira à mettre en fuite ' ». Veut-il donner ' une idée de la résistance qu'offriront les barbares? il les montre « raidissant la tête sous le joug ^ ». Ailleurs il reprochera aux Macédoniens « de s'arrêter sur le seuil de la victoire « ». Il y a probablement dans cette image une réminiscence de Tite-Live \ mais l'expression n'en est pas moins belle. Darius, pour mieux marquer son isolement, s'écrie « qu'il sera exilé dans son propre royaume « », et il termine une de ses allocutions par une phrase imao-ée ^ que, si l'on veut bien nous le permettre, nous traduirons à merveille par le mot célèbre d'un contemporain : « J'irai