Quintilien, de Institutione oratorîa, VIII, v
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donnèrent beaucoup trop». Les rhéteurs enfin, ces adversaires naturels des philosophes, succombèrent à renlraînement général; ils ne firent pas tous comme ce Crassilius, précepteur des fils'de Marc-Antoine, qui, fermant son école, se mit à suivre les leçons de Q. Sextius \ mais ils en vinrent à traiter des sujets philosophiques; Sénèque le père nous a conservé quelques-unes de ces déclamations d'un genre si nouveau \
En lisant Y Histoire d'Alexandre, on s'aperçoit sans peine que, consciemment ou non, Quinte Curce obéit lui aussi aux préoccupations de son temps.
Sans doute il ne cherche pas à expliquer les faits, à découvrir la direction générale des événements, les lois auxquelles ils sont soumis \ — la philosophie de l'histoire n'était pas créée et ne devait pas l'être par lui, — mais il s'efforce de nous faire connaître les mobiles qui ont déterminé les personnages qu'il met en scène à agir de telle ou telle façon, de nous révéler leurs sentiments les plus intimes, de mettre leur âme à nu devant nous. Gela ne lui suffit pas, il s'attache — et c'est un trait bien caractéristique — à trouver dans tous les événements, dans tous les actes bons ou mauvais qu'il rapporte, une ample matière à réflexions morales ^.
Pour nous faire connaître les mobiles et les motifs des actions de ses personnages, il a recours à deux procédés différents : ou bien il fait parler ces personnages, ou bien il s'essaye à des analyses psychologiques. Le premier de ces procédés est connu, — il lui est commun avec presque tous les historiens anciens, —