QuLNTE Curce, IX, vu, 1, sqq
QUINTE CURCE MORALISTE
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Orsines * ; et presque toujours, comme la légende que les artistes mettent au bas de leurs dessins pour en expliquer le sens, un mot, une réflexion nous indiquera la leçon morale qu'il faut tirer du fait que l'historien nous raconte.
Quinte Gurce est moraliste, — ce que nous venons de dire suffit à le prouver, — mais on n'est pas moraliste sans adopter certaines idées morales de préférence à d'autres, sans incliner vers une doctrine philosophique.
Deux systèmes philosophiques, l'épicurisme et le stoïcisme, se disputèrent, dès leur apparition, les convictions des Romains. L'épicurisme, par la nature de ses doctrines, se dérobait aux regards, — l'histoire de son développement ne nous est donc qu'imparfaitement connue; — il semble cependant avoir eu un nombre assez considérable d'adhérents à Rome pendant l'empire *. Il n'attira guère l'attention; ses partisans se tinrent à l'écart des fonctions publiques, et ils n'essayèrent pas de faire prévaloir leur système dans la littérature; ils pensaient sans doute que leurs prédécesseurs avaient assez fait. Le stoïcisme fut beaucoup plus en vue; il s'adaptait, sans contredit, infiniment mieux que l'épicurisme au caractère national des Romains; il convenait particulièrement à une époque où chacun, suivant la belle expression de Lucrèce, « cherchait à tâtons le chemin de la vie, » où chacun avait besoin d'un guide, pour le soutenir dans ses épreuves, pour le raffermir contre les coups imprévus du sort, pour lui apprendre à mourir. Aussi non seulement les œuvres philosophiques du i" siècle sont presque exclusivement stoïciennes, mais encore les hommes les plus recommandables par leur naissance, leur position sociale, leurs vertus % les écrivains de tout genre, Lucain *, Manilius %
2. Cf. E. Zeller, Op. L, t. III, p. i, page 353. Sur les causes de la décadence de répicurisme au commencement de l'empire, cf. G. Boissier : La religion romaine..., Paris, Hachette, 1884, t. I, page 281.
3.JuliusCassius,PsetusThraséas,Helvidiu3 Priscus, martyrs du stoïcisme.
4. J. M. Orhand, de Doctrina stoicorum in opère Pharsalico. Lorient, 1873.
5. Ferr.\z, de Stoica disciplina apud poêlas lalinos. Paris, 1862.
Perse • Sénèque, Juvénal, Tacite sont imbus des doctrines du Portique, et leurs ouvrages témoignent de leurs croyances plu-
'°CeSoi 'encore Quinte Curce ne semble pas avoir pensé autre- ,„ent que ses contemporains ; on retrouve dans son ouv.jge rerïai." s tbéories particulières aux stoïciens, et auss. leurs .dees
sur la morale en général, leur élhique ^
Philôtas, dans sa défense, s'approprie les .dées sto.c.ennes sur la dignité personnelle, sur le respect de 'a - >-- ; „ La défense d'un captif charge de chames est- d.t-il - super « flue sans doute, elle est peut-être même dangereuse, car el e a „ l'air plnlôt d'une accusation que d'une défense; quoi qu .1 en « soit, e ne m'abandonnerai pas moi même et je ne fera, pas que e soi condamné de mon propre aveu K » C'est un pared lan- J.e que Tbraséas, accusé et sur de sa perte, aurait tenu a llfon si. comme ses amis le lui conseillaient, il était venu faire « entendre au sénat un discours surhumain ' »
La réplique de Philôtas à Cratère est très belle aussi el tout empreinte de celle fermeté d'âme qui a mérité d'être encore aujourd'hui appelée stoïcienne : « Allons Cratère, dicte-mo. ma .< réponse K » On reconnaît de même l'h.lluence stoïcienne dans celle péroraison où Hermolaus considère la mort comme une émonlipation et fait la leçon à Alexandre : « Ta t e onne^^^^^^^^^ „ des hommes libres ne puissent supporter ton orgueil Qu a ion - « nous à espérer de toi, je te le demande, nous dont le sort était „ de mourir innocents, ou, ce qui est pis que la mort de vivTe en « esclavage? Que si jamais lu peux te corriger, tu me devras beau- « coup : car tu as Commencé à apprendre de ma bouche ce que „ des hommes de sang libre no peuvent souffrir ". » A c6lé de ce souci, tout stoïcien, comme on le sait, de la
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mais il n'en donne aucune preuve.