Quinte Curce, III, vi, 17, sqq
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258 CARACTfclRES DU TALENT DE QUINTE CURCE
d'autres traits, par la bonté d'Alexandre envers le soldat qui s'assit sur le siège royal », par sa bienveillance pour le soldat mourant de soif dans les déserts de la Sogdiane \ et il nous en donnera une preuve dans le récit de cette lutte où fantassins et cavaliers se disputent l'honneur de porter leur souverain blessée Il nous le montrera plein de respect pour la mère de Darius, et il s'écriera : « S'il eût jusqu'à la fin de sa vie agi avec la « même modération, je l'eusse trouvé plus heureux que quand, « vainqueur de tous les peuples compris entre l'Hellcspont et (( l'Océan, il imitait le triomphe de Bacchus; il eut dompté son « orgueil et sa colère, ces vices indomptables; il se fût abstenu « de souiller ses festins du meurtre de ses amis, de mettre à « mort, sans entendre leur défense, ces illustres guerriers qui « lui avaient aidé à vaincre le monde. Mais la fortune ne l'avait « pas encore dévoyé *. » Et ce ne sera pas la seule fois qu'Alexandre donnera un témoignage de sa déférence pour la faiblesse et pour l'infortune % il nous apparaîtra encore respectueux du vaincus sachant honorer le courage \ modérer ses passions «, et avoir pitié du malheur ^ il sera enfin juge impartial et sévère d'un crime qui cependant lui profite ^^
Les défauts, les crimes du conquérant de l'Asie ne seront pas moins vivement mis en lumière et ne serviront pas moins à l'instruction des lecteurs de Quinte Gurce. Nous verrons Alexandre cruel envers Glitus '\ séduit tour à tour par ïhalestris '\ Roxane '^ et Cléophis '\ oublieux du respect dû au courage malheureux *S injuste envers les Branchides »«, envers Dioxippe '\ et