‹ Étude sur Quinte Curce [microform]Chapitre 248 sur 386 · Justin, XLII, iv · texte numérisé non relu

Justin, XLII, iv

Quinte Curce un caractère tout à fait stoïcien, surtout dans celui où l'historien, s'arrêtant après avoir raconté le récit du refus que fait Darius de Toffre de Patron, s'écrie : « Qu'ils raillent s'ils « le veulent ces gens qui croient que le inonde va à l'aventure « et ne veulent pas admettre que tout suit un ordre immuable « réglé depuis longtemps par un enchaînement de causes ca- « chées, moi j'y crois *. » Sénèque et Tacite se serviront presque des mêmes termes pour exprimer la même idée. Les mots série nexuque causarum ne semblent-ils pas absolument conformes à la physique stoïcienne ?

C'est encore un passage non moins clair, et qu'il faut particulièrement remaiTjuer, que celui où Quinte Curce exprime cette idée que la vie d'Alexandre tout entière a été dirigée par le Destin ' ; Marc-Aurèle ne dit-il pas la même chose à propos de sa vie?

L'influence stoïcienne se manifeste donc dans Tœuvre de Quinte Curce par une doctrine morale générale et par quelques théories particulières.

Elle se reconnaît encore, non plus dans les idées, mais aussi dans la forme, — ce n'est là d'ailleurs qu'un détail, — dans la prédilection que les personnages de Quinte Curce ont pour certains modes d'argumentation alTectionnés par Chrysippe et les stoïciens, pour le dilemme en particulier ', pour les questions insidieuses *.

1. Quinte Curce (V, xr, 10) : « Eludant me licet, quibus forte temere hiimana negotia volvi agique persuasum est, nec so'ie nexuque causarum lalenlium et multo ante destinalanim suiim quemciue ordinem immutabili lege percurrere. » Les passages IV, vi, 17; X, i, 30, sont non nnoiiis intéressants. Cf. Sénèque {de Bene/iciis, IV, vn) : « cuiu fatum nihil aliud sit quam séries implexa causarum. » — Id. {Epist. 10) : « qualem dicimus esse seriem causarum ex quibus nectitur fatum. •» — Tacite {Annales ^ VI, xxvi) : « fatum congruero rébus putant, sed non e vagis stellis, verum apud principia et nexus naturalium causarum. » — Au lieu de « persuasum est nec série nexuque », les manuscrits donueut simplement « persuasum est nexuque », texte inacceptable (jue les anciens éditeurs avaient encore gâté, en y ajoutant les mots « œtenia comiitulione », mots que des commentateurs prenaient pour une affirmation des croyances chrétiennes de Quinte Curce. Le texte que nous donnons est celui de notre édition; il reproduit fidèlement la leçon des manuscrits, aussi a-t-il été adopté par M. Th. Vogel, le commentateur le plus autorisé de Quinte Curce. Cf. Th. Vogel, 3^ édition de Quinte Curce, Leipzig, Teubner, 1885, t. I, />. /., et page 229.

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