‹ Étude sur Quinte Curce [microform]Chapitre 26 sur 386 · Cf. page 276, note · texte numérisé non relu

Cf. page 276, note

4. Éd. de Tacite, Anvers, Plantin, 1648, Annales, VI, 8, page 242.

PROBLÈMES BIOGRAPHIQUES

gnationevincentem,cultum a nobis esse miraris? Tu, hercules...., hujus nobis periculi es causa... Ab illo tradili ad hune gradnm amicitiœ lua; ascendimus.

Is apud te fuit cujus et gratiam expelere el iram timere possemus.

Si non propemodum luo verbo erratum est, omnes,te prœcunte,juravinius eosdem nos inimicosamicosque habituros esse quos tu haberes.

Iloc sacramento pietatis obstricli, avei'saremur scilicet quem tu OMNIBUS proféreras! Igitur, si hoc crimen est, paucos innocentes habes, immo, hercules, neminem.... Ita, si a conseils amicos non dividis, ne ab amicis quidem separabis illos qui idem esse voluerunt. »

et fuisse me Sejano amicum, et ut essem erpetisse, et, poslquam adep-

tus eram lœtatum

lUius propinqui et adfiues honorihus augebantur; ut quisque Sejano intimus, ita ad Caesaris amicitiam validus; contra, quibus infensus esset, metu ac sordibus con-

flictabanlur , cuuc-

tos,qui lîovissimi consilii crpertes fuimus... tua officia in rcpublica capessenlem colebamus. Non est nostrum sestimare quem supra ceteros et quibus de causis extollas : tibi summum rerum jL'DiciuM di dedere, nobis ORSEQUii gloria reliela

est Abditos Princi-

pis sensus, et si quid occultius parât, exquirore, illicitum, anceps. »

OpOîbç, etTTEV, £7lO''ei

o"jo ey<o Ti T,6ixr,x2' ei o o a'jTOxpâxcop o 7t i V T a àxoi^to; eÎow; euXavr, Q Y] , T t 0 a u |x a a T 0 V et xai èyà) o't (Tuv£^r,uaTr,- 8r,v; xa\ yap toi Trpojr,xEt Yijxîv Tràvxa? toÙî •ju' aCiToO TtawjjLEvo'j; à Y a 7^ à "^ > IJ-^i 71 0 ). y - TipOLy\LOVo\)Gi^ ôuoîot Tivéç elatv, à).X' eva opov TT,? 9i).îa; ffçcov

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Les idées exprimées par les trois historiens que nous venons de citer sont identiques; elles sont mises par Tacite et Dion dans la bouche d'un même personnage, Marcus Terentius, et par Quinte Curce dans la bouche d'Amyntas, incriminé, comme Terentius, à cause de son intimité avec un favori tombé en disgrâce. Ainsi, même situation, mêmes idées, et souvent, dans les deux histoires de Quinte Curce et de Tacite, mêmes expressions et mêmes tournures. De telles coïncidences ne peuvent être fortuites; viennent-elles de ce que Quinte Curce a copié Tacite, suivant l'opinion de Pontanus \ ou bien de ce que Tacite s'est servi de Quinte Curce, comme le croit J. Lipse? Dion aurait-il emprunté à Tacite les éléments de son développement oratoire? Point du tout. Ces trois historiens ont pu fort bien ne pas se connaître; en tout cas, aucun d'eux n'a, dans le cas présent, fait usage de l'ouvrage de l'un des deux autres. La preuve en est irrécusable;

1. Cf. Philologus, XXX, page 245, note 12, et supra, page 34.

il y a dans chacun de ces discours des parties qui ne se trouvent que dans l'un des deux autres; ainsi dans Tacite on trouve les termes « tibi summum judicium di dedere » et <( no7i est iiostrum xstlmare », qui correspondent parfaitement aux termes de Dion « 0 ajTOxpaTtop o :tàv-:a àxp^^w; sloto; » et « T,[i-''-v p, tioXu- TToavaovo'JT'.v o-irolo»! tivÉ; sIt^v », mais qui n'ont pas d'équivalent dans le texte de Quinte Curce. En revanche, le discours d'Amyntas nous offre des tournures comme « non eo in/itias; erratum est; an mimm», évidemment analogues aux tournures de (( ojx Y.ovTjTaTo; STrXavTjOr, ; t». fiaj;j.aTT6v », mais qui ne peuvent être assimilées à aucune des tournures employées par Tacite K

L'opinion des savants que nous rappelions plus haut n'a donc aucune valeur; Quinte Curce et Tacite ne se doivent rien, et Dion n'a rien emprunté à Tacite. Ces différences et ces ressemblances ne peuvent s'expHquer facilement que d'une seule manière : Dion et Tacite, racontant le même fait, ont puisé à la même source, comme ils le faisaient le plus souvent, et chacun d'eux y a puisé librement, sans s'astreindre à une traduction ou à une transcription littérale. Quinte Curce, lui aussi, a eu entre les mains l'ouvrage dont Tacite et Dion se sont servis, il l'a lu, et devant faire prononcer un discours par Amyntas, accusé du môme crime que Terentius, il lui a prêté les mêmes arguments, entraîné par sa mémoire, ou, ce qui est plus vraisemblable, poussé par le désir de faire allusion à un événement récent».

Or cet ouvrage, mis à contribution par nos trois écrivains, ne peut être qu'une histoire dans laquelle le règne de Tibère était raconté; autrement on ne comprendrait pas que Tacite et Dion aient été emprunter à quelque œuvre étrangère à leurs études le récit de l'aventure de Terentius et le canevas de sa plaidoirie. Donc cet ouvrage, source commune à Quinte Curce, Tacite et Dion, est postérieur au règne de Tibère; et par conséquent V Histoire d'Alexandre par Quinte Curce, postérieure à cet ouvrage, est aussi postérieure au règne du successeur d'Auguste.

1. L. L Sur les rapprochements ([ue Ton peut faire entre Quinte Curce et Tacite, cf. Appendice II, page 357, note 2.

2. On le verra en effet, Quinte Curce aimait à relever son récit par des allusions transparentes, que ses contemporains reconnaissaient avec un malin plaisir. Cf. page 304, sqq.

PROBLÈMES BIOGRAPHIQUES ^'

Le champ des hypothèses est dès maintenant singuhèrement restreint; l'histoire de Quinte Curce a dû être écrite, ou tout au moins publiée, sous un des princes qui régnèrent entre 37 et 65. Dans cet intervalle très court, il n'y a qu'un seul empereur auquel il soit possible d'appliquer le passage du livre X; cet empereur, c'est Claude.

Faisons donc la preuve de notre opération, et examinons si les points importants de ce fameux passage, si les allusions qu'on y a reconnues s'expliquent sans difficulté par diverses circonstances de la vie ou du règne de cet empereur.

Au premier abord, le début de ce passage ne semble pas tait pour appuyer l'opinion de ceux qui veulent reconnaître Claude dans le prince loué par Quinte Curce. Il n'y eut pas de guerre civile entre le règne de Caligula et celui de Claude On n a pas manqué de mettre en relief ce fait indiscutable et d en tirer une conclusion. Partant de ce fait que Quinte Curce a voulu établir une parité absolue entre les événements qui suivirent la mort d'Alexandre et ceux auxquels il fait allusion, on en a conclu que Claude n'était pas l'empereur dont parle notre historien Mais cette parité. Quinte Curce a-t-il voulu l'établir, et surtout a-t^il dit que l'avènement de ce prince providentiel avait été précède par une guerre civile? A cette double question on ne peut repondre que négativement.

Non, Quinte Curce n'a pas voulu dire que les deux époques historiques qu^il rapproche étaient de tout point identiques. S il l'avait voulu, il aurait évité l'emploi de termes contradictoires, il n'aurait pas dit en parlant des Macédoniens (c cum pluribus corpus, quam capiebat, capilibus onerassent * », et en parlant des Romains « cum sine suo eapite discordia membra trepidarent' »; il n'aurait pas caractérisé par l'épithète de subita l'heureux achèvement de ces troubles auxquels d fait allusion, alors que - il le savait parfaitement - les guerres civiles ame-

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