‹ Étude sur Quinte Curce [microform]Chapitre 265 sur 386 · Quinte Curce, VII, v, 19; VIII, x · texte numérisé non relu

Quinte Curce, VII, v, 19; VIII, x

CArUCTÈRES DU TALENT DE QUINTE CURCE

Les passions, les sentiments, les facultés intellectuelles sont autant d'entités agissantes et pensantes S il en est de même des défauts ou des qualités. L'auteur nous montre la légèreté portée au crime % ou la cruauté et la licence se donnant carrière sans respect de l'âge ou du rang ^.

En revanche, l'écrivain met la nature inanimée à contribution pour peindre l'homme ou ses actes.

Alexandre devient un soleil^; la flotte et l'armée perse s'étendent sur l'Europe comme une inondation ^ Tous les verbes qui expriment l'idée de brûler servent successivement à peindre l'excès des passions chez l'homme ^.

Ces mêmes verbes marquent d'un trait profond ou pittoresque certaines descriptions. Ils nous peignent tour à tour des rivages ', des déserts de sable \ brûlés par les feux du soleil, ou des soldats dont les entrailles et la bouche ^ se dessèchent sous l'influence de la chaleur. Ils prennent parfois place dans des alliances de mots plus hardies, et caractérisent l'effet de la neige et du froid i°, ou du vent **, du venin sur le fer ".

L'image s'accentue encore en d'autres passages : « Ne brisez « pas dans mes mains — dit Alexandre — cette pabne qui me « fait régal de Bacchus et d Hercule *^ » — «Eh quoi! — s'écrie « Philotas, — moi qui ai aspiré au trône de Macédoine, je me « cacherais sous Vombre ^^ de cet homme. » Alexandre ne se laisse pas écraser par les soucis *^; il renfonce sa colère au fond

1. Cette personnification d'idées abstraites est parfois très hardie,et l'on ne peut en donner uu équivalent français : IX, ix, 2, anceps et cœca œstimatio augurabalur. — Cf. IX, ii, 17, vanitas; VI, xi, 21, anceps coujeclura; VI, xi, 40, quaestio.

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