‹ Étude sur Quinte Curce [microform]Chapitre 267 sur 386 · Quinte Curce, VII, iv, 23, horum carne... traxere vitam · texte numérisé non relu

Quinte Curce, VII, iv, 23, horum carne... traxere vitam

deviennent une margelle \ les corps des vétérans tombent en décomposition % les blessures sont béantes ^.

Ces images, pour la plupart, nous sont familières et nous frappent assez peu; plusieurs sont devenues banales et l'étaient déjà à la fin du premier siècle de l'ère chrétienne; d'autres enfin avaient été, avant Quinte Curce, utilisées par les poètes classiques, par Tite-Live, voire par Cicéron. Elles n'étaient pas, tant s'en faut, sans avoir pour les contemporains de Quinte Curce un certain air de nouveauté. La langue, a dit Jean-Paul, est un recueil de métaphores fanées; au temps de Quinte Curce, les métaphores que nous avons signalées étaient encore toutes verdoyantes de jeunesse; celles même qui avaient été mises en circulation par les écrivains de l'époque antérieure n'avaient pas perdu toute leur fraîcheur. Elles rajeunissaient au contraire dans YHistoirc d' Alexandre par la manière dont elles étaient présentées. Ainsi, pour n'en citer qu*un exemple, cette image par laquelle Alexandre se représente comme jouant un rôle sur le théâtre de l'univers *, cette image est empruntée à Cicéron; elle a tout au moins été inspirée par un passage de la cinquième Vcrrine^ mais là elle n'est présentée qu'avec timidité, qu'accompagnée d'un correctif ^ ; dans Quinte Curce , elle s'étale hardiment, le correctif a disparu.

Quinte Curce ne s'est pas contenté de rajeunir les images que lui offraient les œuvres de ses contemporains ou de ses prédécesseurs, il en a créé, lui aussi, de fort originales et dont aucune traduction ne saurait rendre la concision ni l'énergie expressives : « stupens vulntis^; Dioxippus arietavit in terrmn'^ ; novum alveum intendit *. »

Faut-il voir dans cette prédominance du style imagé une

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