Xénophon, Anabase
employer le mot propre, le terme technique. (Juinle Ciirce ne l'ose pas. Sans doute il se hasardera parfois à s'en permettre quelques-uns, il le fera toujours avec une réserve extrême et choisira les plus intelligibles * ; il usera rarement du mot grec, il fera plutôt un anachronisme de mœurs, en attribuant aux compagnons d'Alexandre certaines coutumes purement romaines 2; c'est tout à fait par exception qu'il nous parlera du céleuste donnant le signal de la manœuvre ^ Si d'aventure il introduit un mot étranger dans son récit, il l'explique avec une affectation quelque peu pédantesque *, ou se livre à une réflexion qui va parfois jusqu'à la niaiserie •'; il commente même un mut latin qui lui semble peu clair, il est vrai que c'est dans un discours ^.
D'ordinaire il n'emploie que les expressions les plus générales, disons mieux, les plus vagues; il appelle les perroquets « des oiseaux auxquels on apprend à imiter la voix Iiuniaine ' ». Parle-t-il du passage de l'Acésinès, dont il n'a pas encore fait mention, il dira simplement : « am)ie superalo ^ » ; du meurtrier d'Harpale, Thibron ^ il dit sans plus de détails : « a quodam amicorum inleremptum per insidias *^ » ; des Agalasses ou des Sodres mentionnés par Diodore ^\ il se servira du terme indéfini de u Alia gens *'^ ». Il désigne un homme tantôt par « animas *^ », tantôt par « animal ** », tantôt par « corpus *^ ».