Quinte Curce, IV, x, 23; X, x
NATURE DE l'OUVRAGE
touchaient à l'empereur étaient capables de soulever des applaudissements frénétiques, moins destinés, il est vrai, à prouver l'enthousiasme des spectateurs pour l'écrivain qu'à manifester leur haine pour le tyran dont il n'était guère permis de tirer une autre vengeance.
Quinte Gurce n'a pas négligé cet élément de succès ; s'appliquet-il à montrer la funeste influence que la débauche eut sur le caractère, naturellement bon, d'Alexandre \ il critique par là même Caligula, qui avait tout d'abord excité tant d'espérances * et dont l'abus des plaisirs, au dire de Philon ^ avait fait le monstre que l'on sait. Il le critique encore, éveillant le souvenir de faits inouïs, rapportés par Suétone ^, quand il s'élève avec tant de force contre l'alliance de la corruption et de la cruauté chez Alexandre ^.
Le discours de Callisthène contre la prétention affichée par Alexandre de se faire adorer ^ atteint directement Caligula, qui, de son vivant, se fit décerner les honneurs divins ^ Le récit de cette revue solennelle, où la cavalerie de Perdiccas écrase l'infanterie de Méléagre ^, a dû rappeler une tentative du même genre que Caligula avait risquée en Gaulée Enfin la phrase, sur laquelle on a tant discuté, « lucem caUganti reddidit miindo ^° », parait bien être à la fois une flatterie à l'adresse de Claude, une méchanceté contre Caligula et un de ces jeux de mots que Quinte Curce'* se permet parfois.
Ainsi donc, si nous ne nous laissons pas aveugler par cette