‹ Étude sur Quinte Curce [microform]Chapitre 356 sur 386 · Page · texte numérisé non relu

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12. J. DE Salisbury, Policraticus sive de nugis curialium et vestigiis Philosophorum, Leyde, Maire, 1639. — L. VIII, 18, page 640: Haîc quidem possunt et apud alios historicos inveniri diffusius qui tyrannorum atrocitates seu exitus miseros plenius scribunl. QuJB si quis diligentius recenseri voluerit, légat ea quae T. Pompeius, Josephus, Hegesippus, Suetonius, Quintus Curtius, Cornélius Tacitus, T. Livius, Serenus et Tranquillus et alii historici quos enumerare longum est

APPENDICES

de mentionner Quinte Curce. L'a-t-il réellement connu? M. Saarchmidt * a prétendu que non. Jean de Salisburv, dit-il, voulait en accumulant les noms d'historiens faire simplement preuve d'érudition mais c'était une érudition toute de surface, et il n'avait jamais lu' peut-être la plupart des auteurs qu'il cite. Une preuve à l'appui de cette assertion, c'est que Jean de Salisbury attribue à Quinte Curce un passage 2 qui manque dans l'œuvre de l'historien romain telle que nous la possédons. Cette preuve, la plus forte que M. Saarchmidt puisse mettre en avant, n'a aucune valeur; Jean de Salisbury parle plus d'une fois d'Alexandre, et il le fait évidemment d'après des ouvrages autres que l'histoire de Quinte Curce. Il a pu parfaitement, dans le cas particulier dont nous nous occupons, attribuer à Quinte Curce ce qui appartenait à Justin, à Julius Valerius ou à Frontin 3ou, ce qui est infiniment plus vraisemblable, il a eu entre les mains un de ces exemplaires interpolés dont les manuscrits du xu^ siècle * et du xve nous » offrent des spécimens, et dont nous retrouverons la trace dans un ouvrage du xin« siècle «. Comment d'ailleurs ce Jean de Sahsbury, que Pierre de Blois appelle son seigneur et son maître \ aurait-il ignoré un ouvrage que son disciple connaissait fort bien? Or Pierre de Blois a connu Quinte Curce, le fait est indiscutable. Il le Cite expressément dans une de ses lettres, et il déclare que la lecture de cet écrivain lui a été d'un grand profit moral ». Les termes dont 11 se sert semblent toutefois indiquer que Vllistoire d' Alexandre par Quinte Curce était peu goûtée du vulgaire ou des faiseurs d'histoires universelles : c'était un régal de savants ou de délicats; l'un d eux, Gautier de Châtiilon, a pris dans cette histoire les éléments d un poème qui eut un succès étonnant au moyen âge 9. La parenté entre 1 ouvrage de l'historien et celui du poète est des plus curieuses '^' nous n essayerons pas de la montrer, on Ta fait suffisamment, soit en France, soit à l'étranger; rappelons seulement que la date de la publication du poème de Gautier suffit à démontrer l'inanité de l'opi-

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