LEGENDE DU SAINT
Vir igitur (J ) Dei Germanus ortum duxit in Belgio in loco et oppido qui vel quod dicitur Monstertius (2) ex nobilibus parentibus quorum tamen nomina ignoramus'....
Done 1'homme de Dieu Germain naquit en Belgique, clans une localite et petite ville qui s'appelle : Monstertius. Ses parents etaient-de condition noble, cependant nous ne savons pas leurs noms....
(1) Voyez ci-devant, page 46, les remarques faites sur cette maniere de commencer le r6eit : Vir igitur...
(2) Ce mot presents quatre lecons possibles : Monstertius, Monstatius, ou Morstatius, Morsteftius.
G'est le dire de la tradition universelle que Saint Germain etait Beige ou Flamand d'origine, et sa legende le repetant nomme : Monstertius (ou Monstatius) le lieu de sa naissance. Ne sachant quelle est la ville de Belgique repondant a ce nom latin, nous en avons ecrit au regrette P. Victor de Buck, Bollandiste.
Ge savant, nous a-t-il repondu, ne connaissait en
Belgique aucune localite, donfc le nom latin de lui connu
s'approchat de cette forme. Comme la Legende suppose
le lieu ou naquit Germain voisin de Malines, nous avons
clemande des explications dans cette derniere ville. Le
secretaire de Mgr 1'Archeveque a bien voulu nous re-
pondre que les hommes competents consultes n'ont pas
su trouver, dans le voisinage de Malines, une localite
qui, de pres ou de loin, reponde au nom de Monstertius.
Nous avions perdu tout espoir d'arriver, par ce nom, a
connaitre la patrie de Saint Germain, lorsque, peu apres
la mort de son frere Victor, le P. Remi de Buck, son
collaborateur, a eu 1'insigne bonte de nous transmettre
une copie des Memoires sur Saint Germain par le
P. Glette (1). Ge moine de Talloires ne pouvait pas
passer sous silence le lieu de naissance du Saint, tel
qu'il le savait. Voici ses paroles : Et tient-on qu'il
estoit natif de parens fort nobles, et riches, en la ville
de Tiermont a qualre ou cinq lieues de Malignes ou
Maline au pays bas. Mais on ne sgait pas 1'appelatif
de sa maison d'autant qu'en 1'Ordre de Saint Benoist
ceci a este observe en tout le temps que 1'exacte
observance de son Institut a continue (comme nous
(l) Voyez ci-devant, page 49.
le trouvons en nos vieils et anciens manuscripts) que les moynes et religieux ne se nommoient que des propres noms qu'on leur donnoit renongant au monde sans dire le nom appellatif de leur maison. Et nous avons le livre de nostre Chapitre dans lequel nous trouvons enregistrez nos Abbez , Prieurs, et autres bienfaiteurs religieux qui ont vescu il y a six, sept et huict cens annees ou pas un ne peut estre recognu de quelle maison ou famille ils ont este...
Apres ce, le mot de 1'enigme est-il trouve? Tiermont (aujourd'hui Tirlemont) est-il et peut-il elre le Monstertins ou Monstatius de la Legende ? G'est affaire aux erudits de cepays a nous 1'apprendre (1).
Du reste, voici bien un autre temoignage concernant la patrie et la famille de Germain. L'auteur du Chronicon Tallueriense (2) dit : Que Germain ait ete Flamand, nos peres seuls ne nous 1'ont pas transmis ; nous I 1 avons encore lu dans certains actes et certaines inscriptions (in quibusdam cartnlis et sitidis sen in-
(1) Nous ne nous expliquons pas comment M. I'abb6 Martin a pu dire dans sa Notice sur Saint Germain, ins6r6e dans 1'opuscule intitule" : Lettres a I'Ermite de Saint, Saturnin. Annecy, 1831 : Germain naquit en Belgique, dans une petite ville des environs de Malines appelee Montfort.
L'auteur declare s'eHre renseigne sur Saint Germain dans un manuscrit contenant urie 16gende du Saint. II est certain que le manuscrit par lui consult^ n'est pas autre que la Legende mime que nous suivons ici ; elle lui fut communique^ a Talloires mSme, en 1831, par le cur6 de la paroisse. Eh bien ! nous en avons le texte sous les yeux : il est impossible a la meilleure volonte" de lire : Montfort, dans le mot en question. Nous en avons indique" toutes et les seules lecons possibles. M. Martin aurait-il trouv6 ce mot : Montfort dans un autre document ? Nous ne le pensons pas A noire connaissance, la pr^sente Ldgende el les Memoires du P. Clette sont seuls a donner le nom de la patrie de Saint Germain. M. Martin s'est done tout simplement m6pris en lisant un mot d J 6criture d6ja ancienne, et d'ailleurs difficile a interpreter.
(2) Page 517.
scriptionibus) ; mais nulle part nous n'avons lu dans quelle ville ou quel bourg il etait ne (cujus urbis vel oppidi sit oriundus). On ignore pareillement si sa famille etait noble , d'honnete ou d'humble condition.
On ne pent que s'etonner de ce langage. Le moine auteur clu Chronicon devait connaitre les Memoir es du P. Glette rediges , comme le Chronicon, a Talloires meme. Le lexte de notre Legende lui etait certainement familier. Comment done a-t-il pu, sans tenir compte de ces deux temoignages, ecrire que nulle part il n'avait lu en quelle ville ou quel bourg etait ne Saint Germain ? Apparemment ce moine n'aura pas voulu citer sur ce point ni la Legende, ni les Memoir es du P. Glette ; il les aura regardes comme non avenus, parce que, ne rencontrant plus, lui-meme, ce nom de la patrie de Saint Germain sur d'autres documents plus anciens, il aura craint que le dire de ses deux devanciers ne fut pas suffisamment foncle. Quoi qu'il en soit, si la Belgique est la patrie de Saint Germain, il reste du moins, on le voit, une grancle incertitude touchant le lieu precis oii il a vu le jour.
Premiere enfance de Germain.
<( Et futurse Sanctitatis a Gunabulis dedit specimen istud, quod ubi illico per se incedere coepisset sese a c< parentibus et a domo elongabat, et aliquando per tres dies in ecclesia jejunus delitescebat...
Des sa plus tendre enfance il donna le plus beau presage de sa saintete future ; car , des qu'il put marcher et s'y rendre par lui-meme, quittant sa maison et ses parents, il se retirait a 1'eglise oii parfois, en gardant le jeune, il demeurait cache pendant trois jours...
Les Mem.oires du P. Clette, sur ce meme fait, ont plus de details. On dit qu'il n'avoit que sept annees qu'il frequentoit si fermement les eglises, et iieux de piete, et devotion, que maintefois il demeuroit les quatre et cinq jours cache, en quelque coin de 1'eglise qu'il trouvoit en sa commodite sans autre nourriture et aliment que celuy qu'il prenoit par la continuation de ses prieres parlant avec Dieu en esprit de son innocence. Puis il retournoit en la maison de ses parens et quand on luy clemandoit ou il avoit este, il repondoit qu'il avoit ete et arreste avec son Grand Pere qui 1' avoit traite si clelicieusement qu'il se resolvoit de demurer toute sa vie a son service
Cette piete precoce, cet attrait premature vers 1'eglise se sont rencontres en plusieurs autres Saints ; on n'en peut dire autant de cet autre attrait pour la solitude qui saisit Germain si jeune encore. Ce don est rare, il est exceptionnel. Comme Therese plus tard, Germain, des ses premiers ans, entendait deja la voix interieure et celeste qui devait, vieillard, le conduire au desert ; et, avec sa docilite d' enfant, sans retard il s' essay ait a la suivre. De la ces retraites etonnantes, ces prieres, ces jeunes prolonges dans le lieu saint. Magnifique exemple
cle 1'empressement que Dieu met a prendre possession de certaines ames !
Adolescence de Germain. Sa grande affection pour les autels et pour les pauvres.
Factus grandior, ad epum Malinencem, ut illi sacra facienti inserviret, aufugiebat, et quidquid a parentibus accipiebat pauperibus erogabat....
Devenu plus grand, Germain s'en allait aupres de 1'eveque de Malines pour avoir le bonheur de le servir pendant qu'il celebrait les Divins Mysteres, et, tout ce qu'il recevait de ses parents et de 1'eveque, ce charitable enfant le donnait aux pauvres....
Encore ici, les 'Memoires du P. Glette renferment des details charmants.
Si on luy bailloit a manger ou quelque chose qui put esconduire, il emportoit et le donnoit au premier pauvre qu'il treuvoit. Et mesme se despouilloit jusqu'a sa chemise pour couvrir leur nudite. Et comme un jour sa mere le tansant lui demanda qu'est-ce qu'il avoit faict de sa robe, et autres habits ? J'ai rencontre (dit-il) quelques serviteurs de mon Pere Grand qui avoient besoing, et je les leur ai prestes ? car mon Pere Grand qui es es cieux m'en rendra bien de plus riches et meilleurs ? Sa mere recognut qu'il y avoit en cet enfant quelque chose plus qu'il ne pouvoit
humainement avoir apprins , d'oii elle commenga a 1'avoir en plus particuliere consideration que les autres freres et ne le tanga plus depuis, ni de la perte de ses habits, ni d' autres choses qu'elle sgavait qu'il prenoit pour donner aux pauvres.
Elle tenait main pas moins qu'il apprit et 1'envoya tous les jours devers un maistre, il s'en alia a Malines par devers 1'Evesque et le pria qu'il voulut < le garder pres de luy et qu'il le serviroit quand qu'il celebroit la messe ? L'evesque regardant ce jeune enfant luy clemanda d'ou il estoit? Et qui estoit son pere. II repartit qu'il n'avoit que son Pere Grand qui luy avoit commande de revenir a luy a ce qu'il le prioit. L'evesque recognut incontinent que cet enfant parloit de Dieu et que veritablement il 1'appeloit son Pere Grand. Et pour ce il luy respondit qu'il demeurat : et que s'il servoit bien a 1'autel, il le garderoit prez de luy. Le lendemain venu que 1'evesque voulut celebrer les divins mysteres, il employ a le jeune gargon lequel assistat si denotement et exactement a 1'evesque que tous les assistans dirent depuis a 1'evesque ; que, sans faillir, il y avoit en ce jeune gargon quelque chose de plus, que la nature.
Ayant servi quelques mois il apprint que sa mere le faisoit chercher, et pour ce il pria 1'evesque de le congedier comme il lit, et le voulant faire accompagner, il le remercia. L'evesque luy donna quelque argent qu'il receut avec contentement, disant que cela estoit bon pour secourir les serviteurs de son Pere Grand,
Arrive en la maison de ses parens ; sa mere liiy clemanda d'ou il venoit, et ou il avoit si long-temps arreste ? Je suis este gaigner (respondit-il) quelque chose par devers Monseigneur nostre evesque pour les serviteurs de mon Grand-Pere : que les plus riches de mes parens mesprisent ! et de fait il ne fut guiere esloigne de la ville qu'il distribua tout ce qu'il avoit, aux pauvres
Prevenons 1'objection que tout d'abord souleve ce passage. Comment peut-il etre parle d'un eveque de Malines au X e ou XP siecle, puisque ce siege episcopal date seulement du milieu du XVP siecle ? Mabillon (1) leve la difficulte en nous apprenant que Ton trouve a cette epoque plusieurs personnages ecclesiastiques qualifies da titre d'eveque, bien qu'ils n'en eussent ni la dignile, ni le caractere, et ce savant choisit ses exemples precisement en Belgique. Les Abbes des monasteres surtout recevaient facilement ce nom plus honorifique. L' eveque qui accueillit si paternellement le jeune Germain pouvait done etre ou 1'Abbe d'un monastere, ou un pretre revetu de quelque charge ou dignite.
Les Memoires ni la Legende ne mentionnant jamais le pere de Germain, nous devons croire que cet enfant le perdit des son bas age. Lui-meme le confirme en rpondant a 1'eveque de Malines qu'il n' avoit que son Pere Grand. C'etait le nom qu'il donnait a Dieu qui se montra bien, en effet, le vrai pere de son ame. Ce tendre enfant, que le recueillement, la solitude du lieu
(1) Prcef. in Scec. tert. Ord, S. Bened., page 108,
saint avait toujours attire, n'avait rien perdu de cet attrait, en arrivant aux annees de 1' adolescence. Tout d'abord, il s'etait contente de prier, comme les anges, en silence autour des autels ; maintenant, plus hardi, il s'en approchait, il en montait les degres, il s'en faisait le petit serviteur, preferant ce pieux plaisir a tous ceux que sa famille, son age, ses compagnons pouvaient lui offrir. II fallait bien que servir a 1'autel eut ete" sa plus chere occupation dans 1'eglise de son pays, puisque 1'eveque de Malines, ayant voulu connaitre son savoir en ce genre d'exercices, le trouva si devot et si exact qu'il consentit a le garder aupres de lui. Mais que penser de sa retraite soudaine a Malines, executee en secret, a 1'insu meme de sa mere ? G'est toujours la meme voix qui 1'appellait enfant, qui 1'appelle encore et qui 1'appellera plus tard au cloitre, puis au desert. Le ministre de Dieu ne s'y trompa pas. Germain 1'ayant prie, au nom de Dieu, de 1'agreer pour le service de 1'autel, le pretre y consentit, gagne par sa parole, son accent, son air de parfaite innocence. Cependant, la mere de Germain, inquiete, s'enquerait de lui. Elle apprit sa retraite et le rappela. Germain obeissant, quitta Malines et, des sa sortie de ville, il remit au premier pauvre qu'il rencontra, 1' argent regu pour son voyage. G'etait des longtemps son habitude. Entre les pauvres et les autels il s'etait toujours partage. Aux autels, il donnait ses premieres heures du jour, et aux pauvres, tous ses avoirs d' enfant, non seulement le superflu qui lui venait de 1' affection de ses parents, mais le necessaire meme, comme sa nourriture et ses habits. Les pauvres etaient a ses yeux les serviteurs de son
Pere Grand, ils meritaient done d'etre aimes et soulages.
Germain est envoy6 aux Eeoles de Paris.
Adolescens Lutetise Parisiorum una cum fratre suo Rudolpho ut litteris operam daret mittitur, et illic commoratur per aliquot annos. Sic se litteris dedit ut in ore omnium sodalium suorum et admiratione esset...
Parvenu a 1' adolescence, il fut envoye a Paris avec son frere Rodolphe, pour y etudier les lettres. II y sejourna quelques annees. Son application a 1'etude fut telle dans cette cite, que tous ses condisciples n'avaient pour lui que louanges et admiration...
Parvenu, disent les Memoires, avec cette fagon de vivre a 1'aage de 19 a 20 ans, sa mere lui proposa s'il vouloit passer en France, et aller estudier en la fameuse ville de Paris, il receut la proposition de sa mere avec tant de contentement, que dans peu de jours il voulut partir, car il ne recherchoit rien tant que de sortir et s'esloigner de son pays et de sa parente pour chercher, et trouver lieu a se retirer au service de son Grand Pere en quietude.
Sa mere voulut que son frere Raoul ou Rudolphe son puisne 1'accompagnat par ce qu'il 1'aymoit partialenient et plus que deux freres s'il y a un plus au par sus du vray amour de freres.
Estant en chemin, Germain ne parle a son frere Raoul ou Rudolphe que de la grandeur de son Pere Grand, et comme pour le servir, il ne falloit se soucier de quitter leur maison, leurs moyens, et pere et mere. Rudolphe qui n'avoit pas intention que de 1'aecompagner pour voir Paris puis s'en retourner fut touche des discours de son frere. Et luy demanda ne sommesnous pas freres ? Ouy repartit Germain. Ce vostre Grand Pere que vous me rementevez tant (dit Rodulphe) est encore done le mien ? II est vray ? dit Germain, et pour ce ne voulez-vous pas entrer en son service comme moy ? Veritablement respondit Rodulphe, je n'en ay jamais ouy parler qu'a vous ! Mais si, je vous promets que je ne vous quitterai jamais que je ne me voye avec vous en. son service : car je recognois bien que ce Grand nostre Pere n'est autre que Dieu ? et celuy que nous disons estre es Cieux! Etpourtant si en estudiant, on le sert, je veux estudier avec vous, et faire tout ce que vous m'enseignerez qu'il conviendra de faire pour le servir ? Germain joyeux d'avoir instruict et gaigne son frere lui promet reciproquement qu'il ne le lairroit oncques : Si qu'estans arrivez a Paris, il escrivit a sa mere que son frere Rodulphe s'estoit resolu d'estudier comme luy, et que tous deux estoient disposes de bien estudier comme ils firent, si qu'ils se rendirent capables d'entendre les sainctes lettres...
L'ecole ici mentionnee n'est point 1'ecole Palatine qui suivait la Gour dans ses frequents changements de residence, mais bien celle etablie a Paris meme, Gette
ville, des les premiers siecles, avail eu ses ecoles. Le regne de Charlemagne leur avait donne une grande renommee et nous lisons dans la vie de plusieurs Saints notamment du X? siecle (1), qu'ils etudiaient a ces ecoles entre les annees 1030 et 1040.
D'apres nos documents, Germain aurait du s'y trouver au debut du meme siecle. Le choix de ces ecoles celebres et bien eloignees de son pays prouverait la haute situation de sa famille et tout le prix qu'elle mettait a son education. Les vues de Germain, .en s'y rendant, restaient toujours les memes. Bien plus, en s'eloignant de son pays, il lui sembla se rapprocher de son ideal ; et, s'il avait accepte avec plaisir ce depart, c'etait uniquement parce qu'il y voyait un acheminement a la realisation complete de son unique desir. Aussi, chemin faisant, Germain s'en ouvrit longuement a son frere Rodolphe, il se decouvrit a lui, tout entier. II fit mieux. La grace de Dieu aidant, il le gagna sans reserve a ses propres sentiments. L' entre tien des deux freres tresnaivement rendu est touchant, tant il exprime bien la tendre affection qui les unissait Tun a Tautre. Ne sont-ils pas freres? Us ont le meme Pere au ciel. Comment se quitter jamais ?
Etudiant a Paris, Germain y tint toutes les promesses qu'avaient donnees ses premiers ans. G'e"taient les choses de Dieu, les sciences sacrees qui avaient sa preference. Sa vertu rayonnait au loin, et le grand respect
(1) Les Saints Adalb6ron, 6v6que de Vurtzbourg. Bolland., vi oct. ; Altman, 6v6que de Passau, vin aotit ; Gebfihard, 6v6que de Salzbourg, xvi juin.
qu'il inspira bientot a tous ses compagnons temoignait assez de sa saintete toujours croissante. Aussi, apres quelques annees, ses etudes 4tant achevees, on ne dut pas s'etonner de le voir s'acheminer vers un monastere. Quel etait celui de son choix ?
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