‹ Étude sur Scévole de Sainte-MartheChapitre 26 sur 35 · Voy. les Lettres de Pasqnier, XVIII, 14 ; cf. XVI · texte numérisé non relu

Voy. les Lettres de Pasqnier, XVIII, 14 ; cf. XVI

3. 11 traite non pas précisément des littérateurs et des écrivains, mais des hommes de savoii, de doctrine : terme beaucoup plus général et qui a pu permettre à Sainte-Marthe de faire entier dans son cadre quelques personnes qui n'étaient ni des gens de lettres ni des savants de profession. C'est ce dont il nous avertit môme, au début d'un de ses éloges (celui de Hrulart et de du Mcsnil ) : >; Cum eruditos dico, non eos lutelligo tantum, qui privatis in studiis vel scribendo vel docendo quiète ac placide vitani degunt; sed eos vel maxime, qui civilis vil<ie laboriosis actionibus occupati, litterarise laudis eam partem , quse est aliquanto splendidior et fortunatior, omissa rerum contemplatione, consectantur. » P. 49, ibid.

( 72 ) songeant, de l'autre, combien notre ancienne magistrature était amie de l'instruction et des lettres.

Cette race virile de nos magistrats du xvi« siècle avait conservé , nul ne l'ignore , toute la sévérité des vieilles mœurs. Pour emprunter une métaphore à l'un d'eux ', ils traversaient une époque pleine d'excès sans en contracter aucune souillure, ainsi qu'on voit le Rhône traverser le lac de Genève sans qu'il y ait entre les eaux du lac et du fleuve aucun mélange. Mais ce n'était pas seulement la vertu qui distinguait les membres de nos parlements : une éducation forte, des connaissances profondes étaient placées au nombre de leurs devoirs '^. François I", comme l'atteste Sainte-Marthe *, s'était attaché à y rassembler de tous côtés les plus savants hommes de son royaume ; et ces traditions avaient subsisté jusque sous les derniers Valois. Encore ne suffisait-il pas, pour occuper un siège, d'avoir été nommé par le roi ; il fallait être agréé par ses pairs : ce qui n'avait lieu qu'après un examen qui roulait sur les matières les plus élevées et les plus épineuses ^ Ainsi les magistrats maintenaient avec une vigilance jalouse la dignité de leur corps. De là tant de services qu'ils nous ont rendus dans cet âge critique, et tant d'œuvres qu'ils nous ont laissées. Ceux même dont les veilles n'étaient pas consacrées à ces patientes recherches, et à ces doctes commentaires qui ont aplani pour nous toutes les difficultés de la science du droit , se reposaient du moins, dans de libres études, des

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