Voy. Abelii Sammarthani Poemata, Paris, 1632, in
3. De là cette remarque de Balzac dans une de ses Lettres (VIII, 12), qui lui est adressée en 1630 : « qu'il s'estime heu- « reux d'«Mre honoré d'une main qui ne couronne que les têtes « souveraines et ne travaille qu'aux arcs de triomphe. » Il .<;ait du reste, non d'aujourd'hui, «que l'éloquenfc latine doit être censée son patrimoine; » et, après s'être déclaré pleinement satisfait de ses beaux vers, il le félicite » d'ajouter tant de gloire à celle du grand Scévole. »
4. Ses Panégyriques ont été aussi publiés in-é", 1632, chez Villery.
( 98 ) dont le prénom fut aussi Abel, qui vécut jusqu'au commencement du xviii* siècle et porta dignement son nom. Ce fut celui-ci qui mit en français la Pœdotrophie de son aïeul : désigné par le nom de sieur de Corbeville, il fut garde de la bibliothèque de Fontainebleau.
Scévole II et Louis , puînés d'Abel , étaient jumeaux : d'après l'habitude où était Sainte-Marthe de traduire toutes ses impressions en vers et de fixer en quelque sorte par ce langage tous les événements de sa vie, il n'avait pas manqué d'écrire une épigramme « in Scœvolam et Lodoicum gemellos sibi natos. » Ami de la mythologie comme tous les poêles, il rappelait le souvenir du roi de Thrace, Phinée, que les jumeaux Zélhès et Calaïs avaient délivré de la persécution des Harpyes, et il s'écriait :
Forsltan et nasci voluerunt fata gemellos Unde salus cxco restituenda seni.
Tous deux furent auteurs de l'Histoire de la Maison de France, vrai chef-d'œuvre de généalogie* (1619). Louis XIII les récompensa par le titre de ses historiographes. De plus, le président de Thou a reconnu dans son testament, daté du 17 juillet 1616 , qu'il leur avait dû , pour la composition de son Histoire, des secours efficaces. Avocats l'un et l'autre , unis par la communauté des travaux et de leur profession, ils ne l'étaient pas moins, au rapport d'un contemporain^, c en mœurs, en naturel, en inclinations et en traits du visage, de sorte qu'on eût dit qu'une seule âme était infuse dans leurs corps.» Aussi, quand ils moururent à peu d'années de distance, furent-ils enfermés dans le même tombeau , à Saint-Séverin'. Leur frère , qui fut trésorier de France à Poitiers, Pierre , sieur de la Jallelière , s'exerça non sans honneur dans
1. Voy. en particulier, sur le mérite de ce travail, Gui Patin, t. II, p. 46.