‹ Étude sur Spallanzani BiologisteChapitre 20 sur 20 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

« Si l’on juge Spallanzani par le nombre de ses ouvrages, dit Senebier, on le trouve immense. Si on le juge par les objets qui l'ont occupé, ce sont les plus importants et les plus difficiles, la génération des animaux et des plantes, la circulation du sang, la digestion, les reproductions animales, les animalcules spermatiques, ceux des infusions, la minéralogie, les volcans, la combustion, la description de plusieurs animaux inconnus, d’une foule de crustacés, de testacés, la solution de plusieurs problèmes physiques et chimiques qui n’en avaient point encore.

« Si on le juge par sa méthode, c’est constamment la plus ingénieuse, la plus facile et la plus sévère; il ne laisse aucun doute parce qu’il ne peut en supporter aucun, et il montre toujours, dans la nature, la solidité de ses explications. c’est dans l’ensemble de ses travaux qu'on aperçoit ses vastes conceptions, ils sont toujours le développement heureux d’une grande idée, qui se rattache d'elle-même aux grands principes de Phistoire naturelle, et comme il prend soin de faire remarquer ce lien, on croirait qu'il possède le plan de l'Univers dont il détache quelques parties pour les mettre sous les yeux du vulgaire.

&« Enfin si l’on juge Spallanzani par le style, qui est encore

ne

un trait caractéristique du génie quand il est pur, clair, coloré et mélodieux, les compatriotes de ce naturaliste placent ses ouvrages à côté de ceux qui sont le mieux écrits... »

Nous ne saurions mieux résumer l'impression que nous a

produite l'étude de ce grand homme; malgré sa science, malgré son érudition, la nature fut toujours son principal = maitre. Il nous apparaît comme un de ces cerveaux puissants \ qui mettent toutes leurs facultés au service du progrès et de la vérité. Sans faire table rase des vérités acquises à la science il les vérifie et les contrôle par l’observation.

Sans parti pris autre que l’amour du vrai, sans opinion préconçue et, comme le dit un de ses biographes, n'ayant les yeux fascinés par aucun système physique ou théologique, il poursuit ses recherches dans l'intérêt seul de la lumière et du progrès humain, il est, en un mot, le prototype du savant.

D'autre part, par son cerveau en perpétuelle gestation d'idées nouvelles, à ce point qu'il est obligé de signaler à ses confrères certaines expériences qu'il n’a pas le temps matériel d'entreprendre lui-même, telles les « Expériences à entreprendre pour obtenir des mulets chez les insectes ou ses observations sur un sens nouveau chez les chauvessouris », Spallanzani nous apparaît encore comme le prototype de l’homme de génie.

Si le génie, comme l’a dit Buffon. est l'attention continue ; si le génie, comme l'a dit Thiers, n’a pas de spécialité, il n’y a pas d'homme qui en représente plus parfaitement le modèle. Il nous apparaît encore et nous ne croyons pas pouvoir en faire un éloge plus exact et plus mérité, comme le précurseur de notre grand Pasteur, par la profondeur de ses recherches, la précision de ses expériences, la sagacité de

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ses déduetions qui ne laissent que bien peu de prise à la eritique et à la controverse loyales.

Il nous semble donc que la pénombre dans laquelle l'his- Ÿ toire moderne des sciences l’a laissé est injuste et ingrate et qu'une place en pleine lumière est due à ce grand homme, à ce pionnier géant du progrès humain.

Vu : Le Doyen de la Faculté. Vu : Le Président de la thèse, LANDOUZY. ROGER.

Vu. et permis d'imprimer : Le Vice-Recteur de l’Académie de Paris,

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