‹ Étude sur Spallanzani BiologisteChapitre 19 sur 20 · EN E NE · texte numérisé non relu

EN E NE

« L'abbé Spallanzani est arrêté dès les premiers pas qu’il fait pour pénétrer le mystère de la digestion : ces tubes si heureusement imaginés à certains égards, ne sont pas sans inconvénients, les matières contenues dans l’estomac des gallinacés agitées par les mouvements de l’estomac, sont chassées dans ces tubes avec le sue gastrique et changent beaucoup les résultats qu'il attendait ; il n’est point décon- certé par ce contre-temps, il conserve l’usage des tubes qui est si commode, mais il ne les fait avaler à ces oiseaux que lorsqu'ils sont à jeun. Il y a plus, l’action de l’estomac

sur ces tubes était telle, qu'elle les froissait, les déchirait,

les rendait inutiles ; mais on ne les abandonne pas encore, il est plus convenable de fortifier leurs extrémités par de fortes viroles, de les lier par un fil d’archal qui les traverse et qui est soudé aux deux bouts, que de perdre les avantages qu'ils promettaient.

«Il avait fait avaler à des poules quelques tubes remplis de pain mâché; quand ils eurent séjourné quelque temps dans leur estomac, il les trouva vides et il attribua cette évacuation à la dissolution du pain par le suc gastrique ; sa conclusion était Juste; mais on sait que le pain humecté, longtemps par l’eau seule, aurait pu s’échapper de la même manière hors des tubes, par une division … qu'il y aurait soufferte ; l'abbé Spallanzani n’attend pas qu'on lui fasse cette objection pour la résoudre ; il remplit ces tubes, vidés dans l'expérience précédente, avec la viande que l’eau ne peut dissoudre et comme ces tubes furent 4 vidés de même que les premiers, il conclut qu'il n’y a plus d’exceptions à sa conclusion, et que le suc gastrique qui . a pu seul dissoudre la viande a été aussi seul le dissolvant du pain. »

« Les obstacles qui naissent de la nature des choses paraissent d’abord insurmontables; comment retenir, par exemple, dans l'estomac d'un animal, un corps que l’action de l'estomac tend à en chasser ? Cependant, il était important à l'abbé Spallanzani, de vaincre cet obstacle, pour prouver que les morceaux d’intestin ne sont indigestibles par le suc gastrique des chiens, que parce qu'ils ne sont pas assez longtemps exposés à son action; il fit agrandir ces tubes, il les remplit avec un morceau d’intestin, et les fit avaler à un chien affamé; les tubes dont le diamètre était plus grand que celui du pylore restèrent dans l’intestin, et il eut la démonstration de ce qu'il cherchait. Il trouva de même, par un moyen analogue, que les chiens digèrent fort bien les fibres de la viande, les ligaments et les tendons; il enferma ces aliments dans des petites bourses de toile, et, afin de les retenir dans l'estomac malgré l’estomae, il attacha à chacune d’elles de petites éponges fort sèches, qui devaient s’enfler beaucoup dans l’estomac de l’animal par les sucs où elles nageraient, et fermer ainsi, par la grosseur qu'elles auraient acquise, le passage des bourses à travers le pylore. Il tua le chien au bout de quatre jours, et les bourses pleines de viande furent trouvées vides, et celles qui renfermaient les morceaux de tendons et de ligaments en avaient perdu une très grande partie, quoique les bourses fussent scrupuleusement entières. »

Autre obstacle surmonté

Spallanzani ne pouvant faire avaler de force des tubes à

un faucon, joue de ruse : il cache ses tubes dans de gros

morceaux de viande que l'oiseau avale gloutonnement avec

leur tube.

Pour prévenir toutes les objections qui pourraient étre

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soulevées, Spallanzani s’ingénia toujours, autant que possible,

à les rechercher et à les résoudre, avant même qu’elles ne lu |

fussent faites. ;

Il avait fait avaler plusieurs tubes à un hibou qui les vomissait sans digérer la viande qu'ils eontenaient. Les sucs gastriques de cet oiseau étaient-ils impuissants à les digérer? mais le savant s’aperçut que l'oiseau dont il s'était servi était vieux et malade. Il fait une deuxième expérience qui lui donne des résultats absolument satisfaisants, cette seconde expérience ayant été faite sur un hibou jeune et bien portant.

Nous croyons inutile de nous étendre davantage sur ce travail de Spallanzani pour montrer à quels efforts d'ingéniosité il dut se livrer pour arriver aux conclusions irréfutables de ses théories sur la digestion, |

Nous ne signalerons que pour mémoire le tavail de Spallanzani sur la respiration, non qu'il manque d'intérêt, au

contraire; mais la lecture de cet ouvrage ne fait que con=

firmer l'opinion que nous avons exprimée après l'analyse

des œuvres précédentes, et tout éloge serait une superféta-

on. De plus, les mémoires sur la respiration n’ont pas été publiés entièrement. Spallanzani annonçait à son ami Sene- ‘4 bier qu'il avait fini la composition de quatre mémoires qui formeraient, avec d’autres, fa première partie de ses ù 4 recherches; 11 n’en a été publié que trois.

Malgré Fintérêt qu'ils présentent, l'analyse de ces trois ‘4 mémoires ne donnerait done qu'un travail imparfait et tronqué.

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duos, “os k sé,

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