‹ Étude sur Spallanzani BiologisteChapitre 9 sur 20 · LEE NS · texte numérisé non relu

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du pilote ou le secours des matelots messinois, d’ailleurs toujours prêts à venir en aide aux navigateurs en péril.

Charybde est beaucoup moins dangereux, beaucoup plus souvent calme que Scylla; les plus fortes tempêtes, dans ces parages, poussent les navires, non vers la côte, mais vers la pleine mer.

Les autres remarques que fit le grand naturaliste sur la volcanologie de la Sicile, sur la pêche du corail dans le détroit de Messine, éte., sont fort intéressantes; mais leur description sortirait du cadre que nous nous sommes assigné. |

Nous nous contenterons done d'indiquer à nos lecteurs que cela pourrait intéresser, le beau travail intitulé Voyage dans les deux Siciles, élégamment traduit par G. Tosean, en l’an VIII.

Spallanzani fut de retour à Pavie à la fin de la même année.

En l’an II de la République, il termina la série de ses publications les plus importantes par un opuscule assez original intitulé : Lettere sopra il sospetto d'un nuovo senso neï pipistrelli, dans lequel il admet que les chauves-souris aveuglées agissent à tous égards de la même facon que celles qui ont conservé la vue; elles évitent tous les obstacles, se dirigent et saisissent leur proie au passage d’une manière aussi précise que ces dernières. D’après Spallanzani la vue chez cet animal serait suppléée par l'oreille. Les conclusions du grand naturaliste auraient été corroborées par Jurine, professeur de l’Université de Genève, à la suite d'expériences nombreuses et de déductions très sagaces.

Lazare Spallanzani mourut à l’âge de soixante-dix ans, le 23 pluviôse an VIT (13 février 1799), d’une affection vésicale qui n’a pas été bien déterminée, bien que son élève,

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ami et biographe, E. Tourdes, nous ait laissé une description très détaillée de ses derniers jours, de son agonie, de sa mort et même de son autopsie qui fut faite par Brera et Scarpa et à laquelle il assista.

Un autre de ses biographes, Senebier, parle d’ischémie, mais il ne peut s'agir que d’un symptôme surajouté à une maladie primitive de la vessie.

En ce qui concerne la vie privée du grand naturaliste on manque d’éléments biographiques. On ne connaît rien sur son enfance, si ce n’est que ses jeunes camarades l'avaient surnommé l’astrologue, ce qui ferait supposer déjà chez lui un esprit précoce d'observation que ces enfants auraient remarqué.

Voici le portrait que trace de Spallanzani un de ses amis, traducteur de plusieurs de ses ouvrages, Jean Senebier, bibliothécaire de la République de Genève :

« La taille de Spallanzani était plutôt grande que petite, sa démarche était noble et fière, sa physionomie sombre et pensive. Il avait un grand front, des yeux vifs et noirs, un teint brun, un tempérament robuste; il ne ressentit, pendant toute sa vie, qu'un accès de fièvre très forte, qu’il prit en sortant des mines de Shemnitz pendant un froid très vif; l'an IT de la République, il fut attaqué d’une légère rétention d'urine et de quelques accès de goutte qui ne suspendirent jamais ses études.

« Spallanzani travaillait habituellement tous les jours en suivant un ordre méthodique qu’il s'était imposé; il préférait alors les lieux solitaires; mais il aimait la chasse et la pêche, où il était fort adroit; il jouait bien au ballon et aux échecs; sa conversation était remplie d’expressions énergiques, d'idées originales et d'applications heureuses.

« Une mémoire forte et riche lui faisait embrasser d’abord

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tout ce qu'on savait sur les sujets qu'il pouvait traiter; un Jugement sûr en éloignait la confusion ; son ardeur pour acquérir des connaissances égalait sa patience pour les approfondir; ses idées, grandes et hardies, dominaient les matières qui l'occupaient; mais il était circonspeet jusques à la timidité pour former son opinion; il saisissait sur-lechamp l’ensemble d’une question, il en distinguait d’abord toutes les parties et tous les rapports; il signalait à l'instant celle qui devait lier les autres; passionné pour la vérité, il la cherchait toujours et la disait sans cesse. Il semble que la nature inspire à ceux qui la connaissent son caractère de de naïveté et de grandeur, qui est toujours le trait le plus frappant de la perfection morale.

« Spallanzani fut généralement estimé; ses vertus sans austérité se déployèrent dans toutes les circonstances; il sut faire des sacrifices à l'amitié ; il se rendit surtout aimable à sa famille; c’est pourtant là que l’homme est le plus en déshabillé et où les défauts posent le masque qui les couvre dans le monde. Il fut aussi chéri de ses parents, dont il fit les délices ; il ne les quittait qu’à regret et revenait toujours auprès d’eux avec empressement; il leur avait inspiré ses goûts ; son frère Nicolas, docteur en droit, l’aidait dans ses expériences, et il les suivait quand le professeur retournait à Pavie. Sa sœur Marianne fut un naturaliste distingué; elle connaissait parfaitement le cabinet d'histoire naturelle de son frère; elle appréciait les détails les plus recherchés des morceaux les plus importants, et elle en tirait toutes les inductions qu’ils pouvaient lui offrir; son âme était modelée sur celle de ce grand homme qu’elle se plaisait à étudier et à imiter. Spallanzani dirigea avec soin l’éducation de ses neveux, et il a eu le plaisir de voir l’ainé professeur hono-

rare de médecine à Padoue. »

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Malgré le défaut de documentation sur le caractère du

grand naturaliste il semble, d’après le nombre d'amis dévoués

qu’il sut se créer, d’après l’estime et le respect qu'il sut leur

inspirer, la vénération dont sont empreintes les appréciations de ses contemporains sur ses œuvres, aussi bien que sur certains actes isolés de sa vie de famille, que Spallanzani fut non seulement une intelligence géniale mais aussi une belle âme et un grand cœur, et que l'admiration que la postérité doit au savant ne sera pas moins grande pour le fils, le frère, le parent, l’ami et le citoyen dévoué dont la carrière tout entière nous semble pouvoir servir de modèle à la postérité.

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