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ER fessait la plus sincère admiration, et revint en Italie par le mont Saint-Gothard.
En 1981, il fit un nouveau voyage sur les bords de la Méditerranée, de Livourne à Marseille; en 1982 et l’année suivante il parcourut les côtes de l’Adriatique.
De ces voyages, il rapporta à la fois une ample moisson de richesses zoologiques et minéralogiques, et d'observations scientifiques qu'il consigna dans les ouvrages dont nous analyserons plus loin une partie.
Après avoir repris, de 1783 à 1785 le cours de son enseignement, il se remet en route pour un nouveau voyage d'études qui devait durer vingt et un mois. Il s'embarque en août 1785, à Venise, à destination de Constantinople, accompagné du chevalier Zugliani, baile (”) de la République de Venise près la cour de Turquie. Une trombe dont Spallanzani a donné la description dans la Bibliothèque Physique d'Europe de Brugnatelli en 1786, oblige le navire à faire relàche à Corfou. L’actif savant met cette circonstance à profit pour visiter l'ile et y faire des recherches archéologiques, peu fructueuses d’ailleurs, le temps ayant détruit jusqu'aux derniers vestiges du palais d’Alcinoüs et des jardins chantés par Homère.
Une seconde tempête arrête les voyageurs à Cérigo, l’antique Cythère, où pas plus qu'à Corfou, Spallanzani ne retrouve la trace d’un séjour olympien. D’après les ossements, les débris embrasés qui s’y sont accumulés, il suppose que les éruptions volcaniques ont dû changer la nature même du sol (*). C’est, en effet, une terre morne et désolée. Il décrit une petite montagne formée presque tout entière
(!} On nommait Baile l'ambassadeur de la République de Venise près la Porte ottomane. | (*) Lettre datée de Pera au chevalier Lorgna et intitulée : « Osser-
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d’ossements humains, qu’il croit être un ancien cimetière.
Spallanzani arriva à Constantinople le 31 octobre, il y demeura dix mois, employant ce long séjour de la façon la plus active à réunir une riche collection de minéraux de toutes sortes destinés au musée de Pavie et quitte Constantinople en août 1786 pour se rendre en Allemagne par la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie et l'Autriche.
Cette traversée d’une grande partie de l’Europe fut pour Spallanzani un véritable voyage triomphal. Partout sur son passage, il fut accueilli, non seulement par le monde savant, mais par les autorités de la façon la plus flatteuse. A Bucarest, où il séjourna plusieurs jours, le gouverneur le loge dans son palais et à son départ, le fait escorter par trente soldats jusqu’à Hermanstadt. Il faut dire qu’à cette époque, les chemins étaient peu sûrs et infestés de brigands.
Son séjour en Hongrie fut plus long. Il fit l'étude approfondie des riches mines que recèle ce pays et ajouta à sa collection des échantillons nombreux et précieux de minéraux de toutes sortes.
A Vienne, l’empereur Joseph IT le recut avec toute la considération que lui valait sa renommée et, d’ailleurs, ses mérites. Il s’entretint avec lui pendant plusieurs heures et, en le quittant, lui remit une médaille ornée de son portrait.
lei se place un ineident de la vie du grand savant qui montre que, de tout temps, l'envie et la calomnie se sont dressées en face du génie : Durant son séjour à Vienne, Spallanzani apprend que, sur la dénonciation du chanoine Jean Séraphin Volta(), il était accusé d’avoir soustrait
vazioni fisiche instituite nell’ Isola de Citera, oggidi Cerigo. Societa ital. de Veroné, Tome IT, an 1786.
(‘) I ne faut pas confondre Jean Séraphin Volta avec l’immortel physicien Alexandre Volta.
quelques pièces du Cabinet d'histoire naturelle et de se les être appropriées.
Le fait matériel était vrai; le professeur avait, en effet, emporté ces pièces, mais avee l'autorisation du conservateur et contre un reçu dans lequel lesdites pièces étaient minutieusement décrites. Son innocence fut facilement établie et proclamée par un édit impérial, et son dénonciateur privé de tout emploi dans l'Université.
Il rentra dans sa patrie en triomphateur; ses élèves lui firent à son arrivée une ovation enthousiaste et lui donnérent toutes les preuves imaginables d’estime, de respect, el ce à quoi son grand cœur fut peut-être encore plus sensible, de filiale affection.
Spallanzani a laissé manuscrite une relation intéressante de son voyage à Constantinople; mais cet ouvrage n’a pas été publié au moins de son vivant et nous n’en trouvons pas trace dans ses œuvres.
Pendant plus de deux ans, depuis son retour de l'Orient jusqu’à la fin de 1788, la vie de Spallanzani n'offre aucun trait saillant. 11 continue ses lecons à Pavie, mais ne publie ni même ne prépare aucun travail digne d’être rapporté.
C’est vers la fin de 1788 qu’il entreprend un nouveau voyage; cette fois son but est de visiter les deux Siciles afin d'y étudier la minéralogie des montagnes, et en particulier des volcans, mais son esprit observateur, comme le dit son traducteur, G. Toscan, bibliothécaire du Muséum d'histoire naturelle de Paris, « ne devait pas se contenter de parler au « lithologiste, au physicien, au chimiste, 1l s’est adressé à « tous les hommes en leur racontant les mœurs des peuples « qui habitent les lieux où il a voyagé. L'agriculture, le « commerce, les arts, tiennent une place dans ses relations; « il étend ses recherches aux quadrupèdes, aux oiseaux,
« aux poissons, aux insectes, aux plantes; enfin il observe « et décrit toutes les choses ignorées ou mal connues qui « s'offrent sous ses pas, ou qu’il va découvrir lui-même dans « les lieux où elles se cachent. »
Mais comme nous nous sommes proposé de ne suivre Spallanzani que dans la partie de ses œuvres qui à trait à la médecine et à la biologie, nous passerons rapidement sur son voyage dans les deux Siciles, non toutefois sans en recommander la méditation à nos lecteurs, car il donne la mesure des facultés multiples de ce grand savant : écrivain éloquent et érudit, fin lettré, courageux jusqu’à la témérité, prêt à risquer sa vie pour la science comme le soldat pour sa patrie, il refait, heureusement sans y laisser la vie, l’ascension qui coùta la $ienne à Pline l'Ancien, dans des conditions presque identiques lors de la première éruption connue du Vésuve en l’an 79 de notre ère. Puis il visite les solfatares, la grotte du Chien, le lac d’Agnano, Mysène, les îles d’Ischia et Procida, celles de Lipari.
Sans souci du danger, il parcourt le volcan de Vuleano, et en rapporte des observations intéressantes et une collection minéralogique précieuse.
Puis il passe en Sicile où il gravit l'Etna, y fait de nouvelles observations qui complètent ses études du Vésuve ; mais là ne se bornent pas ses travaux : il étudie la faune maritime de la Sicile, visite les deux écueils fameux de Charybde et de Scylla pour y étudier les causes de la perpétuelle agitation de leurs eaux. Il établit que Seylla n’est à redouter que lorsque le courant se dirige du Sud au Nord et que le vent souffle en sens contraire; le navire, pressé alors entre deux forces opposées, est fatalement poussé contre l’'écueil. Le passage, à l’époque du voyage de Spallanzani, nécessitait une grande habileté de la part