Turgot. sa vie, ctc , p
autres, plus unies pour la résistance, et rendues plus fortes par le long usaige, par l'habitude des uns, par le préjugé des autres, par l'ignoratiee de presque tous.
L'honneur de la France abaissé au dehors, l'autorité royale avilie au dedans, la noblesse appauvrie et delfenue servile ; un clergé dont la moralité, l'esprit de tolérance et de désintéreHement surtout laisiaient beaucoup à désirer; des parlemente ou mutins, ou exilés, qui voulaient usurper les droits da la souveraineté sans savoir en user ; des querelles rellgieus eg dont l'autorité Judiciaire se mêlait beaucoup trop et trop mal ; la vénalité des ohai^s civiles et militeiree; la tyrannie des oorporatione industrielles ; la justice mal rendue ; la liberté et l'égalité civiles encore méconnues ; une bar* barie révoltante dans les lois pénales; l'arbitraire des juges et du gouvernement mis à. la place de la loi ; les différents services de l'ad-
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ralnistniiion sans règles et sans unité ; les Impâts mal assis, mal répartis et mal perçus ; le Trésor épuisé par les folles et oriminelleg dépenses de la cour, des courtisans, par le* ioltdétités des agents du Ose, et par les prévarications ou les faux systèmes de certains minls* très des finances ; peu d'idées saines en économie politique dans les chefs de l'administration; l'immoralité qui avait débordé de la cour dans tout le reste de la société, surtout dans les rangs les plus élevés ; les croyances religieuses puissamment ébranlées; les idées monarchiques elles-mêmes sourdement minées : telle était, en peu de mots, la situation du pays h l'avônementde Louis XVI, jeune monarque bien intentionné sans doute, mais faible et peu sagement conseillé par ceux-là mêmes qui pouvaient avoir le plus d'influence sur ses résolutions. Une forât d'abus était donc encore debout :
il filait l'abattre,
Le nouveau miaistre commença par le rétablissement de la liberté du commerce des grains. La corvée, les jurandes, la vénalité des ofGces, eurent ensuite leur tour. C'est assez ■ dire l'immense opposition que ces grandes mesures devaient rencontrer : noblesse, clergé, parlement , boui^oisie , classe ouvrière, tout devait se lever ou être suscité par la mauvaise foi et l'égarement sophistique contre des projets de réforme qui atteignaient tant de privilèges ou d'abus. Nous parlerons plus tard de cette formidable résistance, de ses organisateurs et de leurs moyens. Au conseil du roi, à la cour, c'était aussi une opposition plus ou moins ouverte. Une répartition plus équitable des impôts, un mode plus économique de les percevoir, plus de régularité et d'économie dans la manière de faire valoir les revenus propres de l'Etat, ne pouvaient manquer de toucher h des usages trop commodes pour une miiltitudo d'intéressés.
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Mais le Trésor et la choae publique ne s'en trouvaient pas plus mal. Seulement, le public s'en apercevait peu. Il n'était aussi que médiocrement instruit et touché de tout ce qui se faisait dans l'intérêt de la salubrité publique, des établissements de charité , de l'amélioration des services de toutes sortes, entre autres des messageries et de la grande voierie.
Le clergé, quoique très-épargne au point de vue Qnancier, quand tous les autres privilégiés étaient plus nu moins atteints, était si éloigné de penser comme Turgot sur la nécessité de la tolérance civile, sur la convenance de modifier la Formule du sacre & cet égard, qu'il suppliait au contraire le roi d'achever l'œuvre de Louis le Grand, par l'abolition complète du calvinisme en France.
L'avènement de Malesherbes au ministère de l'intérieur fut un appui pour Turgot; mais cet appui dut bientôt lui manquer par la retraite
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de cet autre bonndte hopime, eur lequel aussi Ifi public éclairé avait fondé de sérieuses espérancss. Ceux qui connMssaieQt les. opinions et Ibs fentiments des deux miDistrss, tout ce qui avait ds« idées un peu progressives, comprenait, «'il ns le partageait entiôramant, l'eathousiBBinB de M"* de Lespinasse lorsqu'elle s'écriait : e Ohl pour le coup, soyez assuré que le bien se fera et 80 fera bien,.. Jamais, non Jamais, deux hommes plus éclairés, plus désintéressés, plus vertueux, n'ont été réunis plus fortement pour un intérêt plus grand et plus élevé. Oh] le mauvais temps pour les fripons et les courtisans 1... Vowi auriez bien de la peine à mettre dans ces deux têtes-là deux volontés; U'n'y en a qu'une, et e'est toujours pour faire le piteux
Beaucoup de bien ftit en effet réalisé, au moins pour le moment; beaucoup plus encore eût pu l'ôtre, si ces deux ministres fussent res-
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tésplaa lon^emps aux «ffniraB. Mais qu'ent-cé qu'une dui^e de vingt mois, celle de la présanee de Ttu^t aux flnaiicM , p6u^ mettre à la raison tant d'intérêts oontmiMS à celât dd l'fi^tl fit pourtant qu'il ^'oglsM da meiureH particullôras ou générales, on !e tniuve toujours snimd du m^ne eepril, de la mâme élévation dam les idées et les sentiments! La liberté, Is justice Appliquées au bien public, c'est l'objet floAstant dé la pensée et des attea de Tut^ got. Pahni ceux-c) il tant citer l'établissement de la tibtfté du commerce de l'épicerie à Paris, — la suppression du privilège de l'HôtéMMea de vendre de la viande en oarôme , — rafn%neblBseEaent des verreries de Normandie, obligées envers les villes de Rouen et de Parts à. une sorte de setiritude , — l'abolition des privilèges de Boeaux et de Poissy comme marchés de Paris,— le libre approvisionnement des villes on général , — la création à Paris
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d'une Caisse d'escompte qui était destinée à devenir la Banque de France , — la suppression des droits de traite d'une province à une autre , — mais sui^ut l'abolition de la corvée et des corporations industrielles. C'était aflVanchir l'agriculture et le travail. Ëa mettant la confection et l'entretien des routes à la chaîne de l'E^t, en faisant contnbuer sérieusement aux impôts les privilégiés qui jusque-là n'y avaient pris qu'une part dérisoire, l'agriculture se trouvait doublement allégée. D'un autre côté, en proclamant hi liberté du travail industriel, en l'affrancbissaot des droits de mattrisie et de jurande, en lui laissant toute son initiative, tout son essor, sans lui fmre payer en aucune manière, ni au roi ni aux corporations, le droit d'être, c'était aflVancbir l'industrie manufacturière, comme l'industrie agricole avait été partiellement aiïrHnchie déjà par l'abolition de la corvée. Nous disons » partiellement, » par la raison que
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le clei^é et la noblesse ne purent être entamés dans tous leurs privilèges et que l'étendue et la profondeur de l'abus exigeaient ou plus de temps ou plus de force pour les faire disparaître. Il fallait ou l'entraînement irrésistible d'une révolution, ou la longue durée d'un ministère résolu, bomogène, fortement soutenu par le roi. Ce second moyen manqua ; le premier devint nécessaire.
Quoique les réformes libérales apportées par Turgot au régime agricole et industriel fussent parfaitement équitables, elles passèrent aux yeux des privilégiés pour un attentat à la propriété : c'était le cri du Parlement. Il ne sMnquiétait point de savoir d'où venait le privilège, quelle était sa raison d'être et de durer ; il suffisait qu'il fût, qu'il y eût possession, pour qu'il fût sacré. Singulière manière de raisonner pour des gens de justice !
Heureusement que la grande majorité Oclai-
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rée du pays y voyait ou voulait y voir plus clair. Bachaumont, témoin assez impassible de ce qui se passe, nous en est an exemple : «M. Turgot, dit-il, veut supprimer les corvées, les remplacer par un petit impôt ; mais il prévmt nombre d'obstacles de la part des setgoeurs, qui ne sont pas assi^jettis k la corvée, et sortoot de la part des magistrats, dont la mcH^e se révolte de voir supprimer une tâche annexée aux Tiiains, tandis qu'eux en retirent le profit, et dont il faudrait en conséquence qu'ils supportassent une répartition plus considérable, à mesure qu'ils seraient plus grands terriens. » Une fois Turgot renversé, cette partie de son œuvre fut abolie, en ce sens que les privilégiés, si grands terriens qu'ils fussent , ne furent en rien assujettis à l'œuvre de la corvée ; mais tout en rejetant celte lourde charge sur le peuple, on crut éco' nomique, au moins prudent, de faire exécuter le travail à prix d'argent ; seulement cet argent
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se prenait dans la poche du peuple : « On substitue aujourd'hui (1786), dit le même chroniqueur, une prestation pécuniaire répartie au marc la livre des contributions roturières, de façon qu'il n'y aura plus que les vilains d'assujettis à cette taxe. >)
Il en fut de l'abolition des corporations industrielles comme de celle de la corvée ; elle fut mise à néant après la disgrâce de Turgot. Toutefois l'élan était donné, et la Constituante de 1791 se souvint des admirables paroles du grand ministre qui n'était plus, mais dont la pensée restait vivante. Comment cet appel religieux à la justice eùt-il pu5tre oublié? "Dieu,» disait magnifiquement Turgot par lu bouche du roi, dans un de ces considérants où,il semait des ordres en terre préparée, " Dieu, en donnant à l'homme des besoins, en lui rendant nécessaire la ressource du travail, a fait du droit de travailler la propriété de tout hommCj et cette pro-
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priété est la première, la plus sacrée et la plus imprescriptible de toutes. Nous regardons comme un des premiers devoirs de notre justice, et comme un des actes les plus dignes de notre bienfaisance, d'affranchir nos sujets de toutes les atteintes portées à ce droit inaliénaj3le de l'humanité. Nous voulons, en conséquence, abroger ces institutions arbitraires qui ne permettent pas à l'indigent de vivre de son travail, qui repoussent un sexe à qui la faiblesse a donné plus de besoins et moins de ressources, et qui semblent, en le condamnant à une misère inévitable, seconder la séduction et la débauche; qui éteignent l'émulation et l'industrie, et rendent inutiles les talents de ceux que les circonstances excluent de l'entrée d'une communauté; qui privent l'Etat et les arts de toutes les lumières que les étrangers y apporteraient ; qui retardent les progrès de ces arts..; qui, enfin, par la facilité qu'elles donnent aux
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membres des communautés de se liguer entre eux, de forcer les membres les plus pauvres à subir la loi des riches, deviennent un instrument de monopole et favorisent des manœuvres dont l'effet est de hausser au-dessus de leur proportion naturelle les denrées les plus nécessaires à. la subsistance du peuple. »
A ces deux grandes mesures réparatrices, la suppression de la corvée et celle des corporations industrielles, s'en ajoutent d'autres moins importantes , indépendamment de celles que nous avons signalées d'abord. Toutes encore tendent à. la liberté du travail, de l'industrie, du commerce, à l'allégement des impôts, et en même temps à l'extinction de la dette publique et au rétablissement de l'équihbre budgétaire. Le problème administratif ainsi posé semble difficile ?i résoudre. Et pourtant il était en grande partie résolu; il allait l'être complètement, quand Turgot dut renoncer à cette grande tâche.
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u Depuis que M, Turgot est dans le ministère, disait Bachaumont, il est démontré qu'il a diminuéranticipation(accoutuméesousLouisXV de la dépense d'une année sur le budget de l'année suivante] de 37 millions, par les différentes réductions et économies sur les emprunts usuratres ; en sorte qu'en allant toujours sur les mêmes errements, l'allègemeat doit devenir de plus enplus considérable. Voilà ce qui désole les sangsues publiques et les fait crier après un contrôleur général qui leur ôte des bénéfices aussi' gras et aussi funestes pour le mO" narque. »
Avant d'aborder le chapitre des hostilités qui le firent tomber du pouvoir, disons donc encore un mot des bienfaits de son administration.
C'était un bien déjà, un très-grand bien môme, de mettre un terme aux abus de toute nature qui s'étaient établis au très-grand préjudice de l'Eltat ou des particuliers, et cela seul suffirait à la
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bénédiction de la mémoire du grand ministre.
Mais il ne s'agissait pas seulement pour lui d'^éger les charges publiques en les répartissant avec plus d'équité, de supprimer une foule de prétendus moyens d'alimenter le Trésor, tel que le droit d'aubaine, la vénalité des offices, etc., etc. ; il fallait en même temps en augmenter les revenus. Il fallait, en tarissant des sources impures, en ouvrir de plus abondantes et d'un produit plus irréprochable. II fallait établir une toute autre manière de faire valoir les biens de l'Etat, d'exploiter les régies diverses, en créer habilement de nouvelles, supprimer les pots de vin, donner soi-même l'exemple du désintéressement par l'abandon, au proGt des pauvres, de 300,000 fr. que la ferme générale était dans l'usage d'ofTrir au ministre des finances à son entrée aux affaires. Il fallait se garder en tout cela de porter atteinte aux droits des particuliers ou d'aggraver la situation des débi-
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teurs ou des fermiers du domaine. Il fallait ouvrir dé nouvelles voies à l'activité industrielle et commerciale, laisser les villes établir à leur gré des foires et des marchés. Il fallait, en un mot, la liberté par la justice. Les particuliers, en travaillant , en s'enrichissant, ne pouvaient manquer d'enrichir l'Etat. En favorisant l'agriculture, l'industrie et le commerce, en multipliant, en améliorant les routes et les canaux, l'Etat faisait une dépense qui devait, en défini' tive, lui être très-profitable. Mais il y avait d'autres biens à procurer : c'était l'unité des poids et mesures à créer, des plantes exotiques à introduire sous le ciel français, des écoles d'agriculture h créer, des commissions médicales h établir, au moins h Paris, des établissements de bienfaisance h fonder, tels que bureaux de charité, maisons d'accouchement, des ouvrages à rédiger qui devaient servir de guide au commerce et à la finance, etc. Tout cela fut entre-
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pris, en partie exécuté. Nous ne parlons pas de plus vastes projets, de ceux qui étaient destinés ii la transformation politique de la nation française, à la révolution pacifique et graduée qu'il fallait opérer, si l'on voulait en prévenir une violente et désordonnée. Mais combien étaient loin de cet esprit ceux qui, par une opposition ■ aussi insensée qu'injustement égoïste, devaient un jour payer si cher le déplorable succès de leurs intrigues contre le génie et la vertu réunis pour le plus grand avantage de la chose publique ^ !
Est-ce à dire que Tui^t eût toujours eu raison , qu'il ne commit aucune faute? Autant presque vaudrait dire qu'il fut infaillible et impeccable ou qu'il ne fut pas homme. Mais quand on lui reproche de n'avoir gardé aucune mesure, de n'avoir tenu aucun compte des difficul-
l.Voif, poiirlejil^tiilî, ro-.ivrago cité, p. 38-55. ISI-ÏÎI.
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tés qu'il devait rencontrer ou même de n'avoir pas su les entrevoir, de n'avoir pas compris la nécessité de mettre le temps de la partie, d'avoir fait trop bon marché de la question toujours pendante do l'opportunité; on manque soi-niême de mesure et de justice. Nous avons suffisamment fait voir ailleurs que si Turgot agissait avec résolution, ce n'était qu'après avoir médité sur ce qu'il y avait à faire et sur les meilleurs moyens à employer. Nous avons vu également les ménagements pour ainsi dire extrêmes dont il usa envers la noblesse et le clergé, la nécessité par lui reconnue d'ajourner des mesures plus graves encore que celles qu'il pensait devoir prendre, parce que celles-ci étaient plus urgentes et semblaient pouvoir être acceptées avec le moins de défaveur et de résistance. Où donc est sa faute? Un économiste distingué, dans un éloge justement apprécié par l'Académie française, nous semble
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l'avoir trouvé, du moins son opinion sur ce point est aussi la nôtre ; et comme nous ne pourrions mieux ni môme aussi bien l'exprimer, on nous permettra d'emprunter ses propres paroles pour rendre une pensée qui nous est commune : fl Comme ministre, Turgot a encouru un double reproche : on a prétendu qu'il avait mal compris la situation et peu connu les hommes. La première de ces imputations ne supporte pas l'épreuve des faits : ses mesures furent aussi modérées qu'elles étaient justes.
Quant au reproche d'avoir peu connu les hommes, on a vu que Tui^ot ne se trompa point sur leur compte en arrivant au pouvoir; mais peutêtre se montra-t-il moins habile à traiter avec eux ; peut-être n'eût-il pas assez de cette souplesse qui est un des moyens de la force. Il ignora l'art de faire servir au bien de l'humanité même les faiblesses humaines ; il voulut que les moyens fussent en tout aussi irréprochables
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que le but. Quand on a résolu de dire la vérité aux passions, il y faut mettre des nK^nagements inGnis. Turgot eut, je crois , le tort de ne pas leur en demander assez pardon ^ »
Ceci revient au mot du grand ministre luimême , lorsque , dans sa lettre au roi , faisant comme un examen de conscience, il dit : " Je n'ai pas l'orgueil de croire que je n'aie Jamais fait de fautes. Ce dont je suis sûr, c'est qu'elles n'ont été ni graves ni volontaires, »
1. Eloge de ï^irjol, discours couronné par l'Acudéniio frani-aiae, par M. H. BAin>Bii.i.*iiT,
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