PREMIERS EMPLOIS
force, au bras séculier contre les dissidents, et h. l'Etat le droit de s'immiscer dans les affaires de l'Elglise, ou simplement de se prêter à ses exigences lorsqu'elle sollicite l'emploi de la force publique à l'appui de ses mesures de discipline intérieure. Ces écrits ne furent pas, dit-on, sans influence sur la conduite à la un plus modérée du roi et du ministère.
. Nommé maître des requêtes en 1753, il apporta dans ses nouvelles fonctions un tel esprit d'équité, que son opinion isolée fut une fois suivie par les intéressés de préférence à l'avis unanime de tous les autres conseillers. Une autre fois, il dédommagea de ses propres deniers un employé des fermes qu'il avait d'abord cru coupable de prévarication, et dont il reconnut ensuite l'innocence, mais qui avait, dans l'intervalle, subi des retenues sur ses appointements. Il se punissent ainsi de la lenteur qu'il avait mise à rapporter une affaire qui, à son premier
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jugement, devait aboutir toujours assez tôt h une condamnation .
Ses fonctions de conseiller d'Etat, qui durèrent huit ans, de 1753 à 1761, ne l'occupèrent pas au point de le laisser sans quelques loisirs. C'est pendant cette époque qu'il composa ses écrits sur la tolérance, ses articles sur l'Encyclopédie et son éloge de Goumay, l'un de ses meilleurs amis. Ses liaisons avec les autres économistes et avec les philosophes sont aussi de cette époque. Le salon de M°"Geofrrin, — si connue et si bien louée par Moretlet, Thomas et D'Alembert, — formait comme un centre de réunion auquel aboutissait tout ce qu'il y avait alors à Paris de plus marquant dans les sciences et les lettres, Français et étrangers.
La mopt de M. de Goumay fut si sensible à Turgot, que sa santé en éprouva une bien rude secousse. Après un premier deuil passé à Montigny, chez M. Trudaine, autre ami de Turgot
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