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Le travail est estimé au prix de revient, les matières au cours du moment de l’emploi.
Toutes les comptabilités générales qui ont servi à faire cette étude sont tenues selon ces principes.
Pour l'étude directe du prix de revient nous appliquerons les principes suivants :
19 Toute spéculation (récolte ou pièce de terre, spéculation animale) absorbe des matières achetées dans le commerce ou produites par l’exploitation. Ces dernières sont comptées de la façon suivante : chaque spéculation qui consomme les produits d’une autre les lui achète au cours du jour.
29 Répartition des fumures. — C’est là une convention importante et discutée. Les différentes fumures doivent être réparties sur les cultures qui en profitent et par conséquent suivant des conditions différentes et variant avec leur nature, fixées non pas purement arbitrairement, mais d’après des observations faites depuis longtemps :
Fumier : il profite sur 3 ans pour 2/5 à la première récolte, 2 /5 à la deuxième récolte, 1 /5 à la troisième récolte t. Engrais chimiques : ils sont absorbés dans l’année.
Engrais verts :
EVZernerSNAdEUX ANS En CL. = OC00PIrancs:
Pour 2/3, la première année . . . . 400 — Pour 1/3, la deuxième année. . . . 200 —
Légumineuses annuelles : sur 1 an.
RCA PU RAT ie DU er ere > - AUD PANCS.
SA Rime els on tas AU — Les collets de betteraves profitent à la culture suivante : le prix fixé en 1934 et 1935 est de 150 francs par hectare.
1. Certains cultivateurs nous ont indiqué, comme répartition du fumier, sur 2 ans : 2/3 et 1/3, mais presque partout nous avons rencontré sur 3 ans : 2/5, 2/5 et 1 /5.
Mages TUE
Les marnes sont réparties sur dix ans.
La chaux sur cinq ans en principe.
3° Le travail. — Nous avons vu que d’après la méthode de comptabilité l'enregistrement était fait par quart de journée.
Pour donner une valeur à ces journées de travail, il faut en calculer le prix de revient.
a) Main-d’œuvre par catégorie (charretier, hommes, femmes). — Le montant total des frais est égal au montant des salaires — le salaire comportant, non seulement la somme payée aux ouvriers, mais aussi ce qui est payé pour leur compte : assurances sociales, accidents du travail, et le montant des avantages en nature : nourriture et logement.
b) Traction animale. — Le montant des frais est égal à la nourriture plus les frais d’entretien et d'amortissement, plus les frais d'entretien des locaux et des harnachements.
c) Traction mécanique. — Le montant des frais est égal au prix de l’essence consommée, plus les frais d’entretien et d'amortissement.
d) Matériel. — L'entretien et l’amortissement de chaque catégorie sont connus, de même que l’utilisation de ce matériel par chaque compte.
49 Répartition des frais.
Le terme « Frais généraux » doit au préalable être défini.
Dès que l’on met de l’ordre dans la classification des dépenses, on constate que la plupart d’entre elles, loin d’être générales, sont spéciales à un compte déterminé. L'imputation directe de ces frais est relativement facile et en conséquence il n’en est resté à répartir qu’une faible partie. Ce bloc de frais irréductibles comprend des frais
RAT rss fixes qui se réduisent à peu près au loyer (y compris l’impôt foncier payé par le locataire).
Au lieu de répartir, comme on le fait toujours, les frais généraux proportionnellement à la surface’, nous les avons répartis à chaque compte au prorata du montant des frais de main-d'œuvre et traction : ce qui conduit à un résultat très logique. Il est en effet normal qu’une terre qui a reçu beaucoup de soins prenne une part des frais généraux plus grande qu’une terre dont on à pas eu à s'occuper ? ou à peine. Afin de pouvoir dresser un tableau général du prix de revient de notre pièce de 7 ha. 5, cultivée en betteraves, il est nécessaire que nous ayons un certain nombre de renseignements préliminaires.
a) Au point de vue « Travail » :
Les prix de journées de travail effectif, calculés comme il a été dit plus haut, sont les suivants :
spécialiste : 28 franes.
charretier : 23 francs.
journalier : 21 francs.
Pour les travaux à tâche, il n’y a pas de calcul à faire puisque les ouvriers qui travaillent à la tâche sont payés à tant de l’hectare ; par conséquent nous avons immédiatement ce que nous cherchons.
Le chargement et l’épandage du fumier reviennent à 800 francs à l’hectare se décomposant ainsi : 450 francs pour le chargement et 350 francs pour l’épandage.
Le démariage et le binage qui sont également exécutés à la tâche sont payés 260 franes par hectare *.
1. Pour avoir la part afférente à chaque hectare, on divise le montant des frais par la surface totale (en hectares).
2. La part des frais généraux afférente à la betterave sera assez considérable, à cet égard.
3. Il faut à peu près 9 journées de travail d'homme pour faire un
ÉUUR Se
L’arrachage qui est aussi exécuté dans les mêmes conditions est payé plus cher au moins en apparence 300 francs l’hectare 1.
b) La traction. — Il s’agit ici de déterminer la valeur de la journée de travail d’un cheval. Nous l’avons calculée en confrontant les chiffres inscrits sur les 32e feuilles des 20 exploitations, comme nous l’avons d’ailleurs fait pour la main-d'œuvre. - Ë
Le prix de la journée de travail d’un cheval ressort à 19 fr. 50
c) Dépenses de matériel. — Nous les avons bloquées à part. C’est en somme la répartition de l’amortissement des divers instruments employés pour les différents travaux. — Nous n’en parlerons pas davantage ici, nous réservant de faire figurer tout le détail au tableau général que nous trouverons plus loin.
Mais il faut dès à présent indiquer que la journée de travail d’un tracteur ressort à 140 francs.
$ 2. — Au point de vue matières incorporées au sol.
Nous ne pouvons ici qu'indiquer les prix moyens des diverses marchandises. Le tableau général fera apparaître le résultat calculé suivant les principes posés.
hectare, le gain journalier moyen d’un bineur à la tâche ressort à 29 francs environ. C’est donc un système cher, puisqu’un journalier n’est payé que 21 francs. Mais un journalier, assuré d’un gain quotidien de 21 francs ne fournirait pas du tout la même quantité de travail. De plus, le système du travail à la tâche favorise la rapidité d'exécution qui est ici très nécessaire et l’est encore davantage lors de l’arrachage.
1. Comme il faut 10 à 11 journées de travail pour arracher 1 hectare, le gain de l’arracheur n’est pas essentiellement difiérent de celui du bineur.
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a) Il suffit d'indiquer que le fumier vaut 40 francs la tonne.
b) Pour les engrais chimiques nous avons vu, lorsque nous examinions la culture, qu'il était assez difficile de déterminer la moyenne des quantités des engrais utilisés parce que toutes les fermes n’employaient pas les mêmes engrais. Les prix eux-mêmes sont sujets à variations.
Des chiffres normaux nous ont été communiqués qui représentent assez bien une moyenne, nous les retrouverons au résultat général.
Rappelons que la marne, qui est estimée revenir à 1.000 francs à l’hectare, profite dix ans à la terre à laquelle elle est incorporée ; par conséquent la somme de 1.000 francs est à amortir sur dix ans, soit 100 francs par an et par hectare. |
$ 3. — Frais fixes.
a) Loyer et impôt foncier. — Actuellement le loyer de la terre dans la région parisienne est en général de deux quintaux (de blé) à l’hectare ; parfois même inférieur à deux quintaux ; ce qui représente pour le propriétaire une rémunération de sa terre bien au-dessous de sa véritable valeur, lorsque le blé est, comme en 1935, à 82 francs le quintal en moyenne. A cela, il faut ajouter l'impôt foncier et les travaux d’entretien des bâtiments de la ferme exécutés soit par les ouvriers de la ferme, soit par des entrepreneurs.
Pour notre ferme de 200 hectares nous arrivons au chiffre de 57.500 francs, soit par hectare : 287 fr. 75.
1. Données de M. N..., fermier de la région de Changis (S.-et-M.).
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b) Frais spéciaux. — Ce sont là des frais qui sont tout à fait particuliers à la culture de la betterave, tels l’arpentage des betteraves1, la pesée géométrique *, les primes accordées aux travailleurs à la tâche, l’entretien des chemins *. Pour notre pièce de 7 ha. 5, ils ressortent à 832 fr. 05.
c) Frais généraux. — Nous avons dit que n'entraient sous ce titre que les frais que nous ne pouvions porter à aucun autre poste.
Ce sont les frais d’administration, les prestations, les assurances #, les dépenses sur matériel, le total des comptes annexes imputables directement aux frais généraux, l’achat d’une automobile. |
Nous savons que les frais généraux seront répartis sur chaque spéculation au prorata des dépenses de maïnd'œuvre et traction engagées pour celle-ci.
Il faut donc un coefficient de répartition; il est obtenu de la façon suivante : on divise le montant total des frais généraux par le montant total des dépenses de maind'œuvre et traction (concernant toutes les spéculations); lorsqu'on veut avoir la somme de frais généraux afférente à une spéculation particulière, on multiplie le coeffi-
1. C’est le procédé par lequel on contrôle le nombre de betteraves laissées par les bineurs pour le calcul de leur prime de régularité.
2. La pesée géométrique consiste à extraire au hasard dans un champ un certain nombre de racines et connaissant la place qu’elles occupaient, on en déduit le poids à l’hectare.
3. Peu de transports abîment autant les chemins que les charrois de betteraves. Il faut, en outre, enlever la grande quantité de terre qui tombe sur les routes et risque de causer des accidents.
4. En vertu de l’idée générale qui préside ici, les assurancesmortalité du bétail sont imputées sur le compte chevaux et sont donc comprises dans le prix de journée de travail du cheval ; de même les assurances-grêle sont directement portées au prix de revient de la récolte assurée. Il s’agit surtout ici de l’assuranceincendie des bâtiments et de la responsabilité civile-accidents.
cient ainsi trouvé par le prix des dépenses de main-d'œuvre et traction pour la spéculation envisagée, C’est au fond une simple règle proportionnelle.
Le coefficient moyen de répartition que nous avons trouvé est Le suivant : 0,3013 1.
Il nous suffira donc de multiplier ce chiffre par le total des dépenses de main-d'œuvre et traction afférentes à notre pièce de 7 ha. 5 pour avoir la somme moyenne des frais généraux avec laquelle nous devrons compter, étant données les conditions dans lesquelles nous nous sommes placé. Nous trouvons par ce procédé 550 franes à l’hectare. C’est là, certainement, un chiffre plus élevé que les estimations présentées par les méthodes empiriques et approximatives habituelles, mais il a pour lui l'avantage de s'expliquer d’une façon logique et apparemment rigoureuse.
Nous avons maintenant en main tous les éléments qui doivent nous mener au résultat final *.
Une première partie donne le détail des chiffres ; une deuxième partie donne le pourcentage des différents postes du prix de revient *.
1. I n’est pas rare de trouver pour une ferme de 200 hectares des chiffres assez analogues aux suivants : frais généraux (en les entendant ainsi que nous l’avons précisé) : 90.000 franes, total de dépenses de main-d'œuvre et traction : 275.000 francs; pour une ferme de 300 hectares, frais généraux : 105.000 francs, dépenses de main-d'œuvre et traction : 330.000 francs, ce qui donne approximativement le même coefficient que ci-dessus.
2. Les chiffres qui vont suivre sont basés sur la récolte de 1935. On peut estimer que depuis il n’y a eu que peu de changements.
3. Nous tenons à préciser que les résultats moyens ci-dessus ont été obtenus sur la base des résultats donnés par 20 exploitations de la Région parisienne. ,
Ce travail absolument original résulte de notre collaboration personnelle et directe avec M. Pierre Giard, chef du Service du prix de revient à la S.A.C.E.R.
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Prix de revient d'une pièce de 7 ha. 5 de betteraves sucrières en tête d’assolement, d’après la comptabilité de prix de revient de 20 exploitations de la région parisienne.