‹ Étude Sur Une Affection De La Peau Mycosis FongoïdeChapitre 9 sur 22 · SAT · texte numérisé non relu

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per des propriétés de ce dernier, et comme lui être le siége de phénomènes actifs de nutrition et d’absorplion. Cette vue nous paraît expliquer la marche intermittente et les rétrocessions fréquentes du mycosis. La formation du nouveau tissu adénoïde n’a lieu que progressivement, d’une façon probablement plus lente au début de la maladie; il s'accompagne alors d'hyperémie prononcée, d'où les premières éruptions congestives, suivies de desquamation par troubles de la sécrétion épidermique; puis, quand l'organisme est plus profondément affecté, le tissu néoplasique tend à proliférer de plus en plus et produit les exeroissances caractéristiques du mycosis. Mais,pendant le cours de cette évolution, qu’interviennent des modifications favorables, hygiéniques ou médicamenteuses ; ou bien, que survienne une cause perturbairice, une diarrhée intense par exemple : on verra rapidement, en vertu même de sa structure, le tissu lymphoïde se résorber et disparaître. Si, au contraire, et c’est ce qui arrive constamment à mesure que progresse l'affection, si la prolifération du tissu et des cellules lymphatiques augmente, il arrive un moment où elles s’altèrent, se détruisent et amènent ainsi l’ulcération, ulcération qui débutera toujours par la par tie centrale de la tumeur où existent les éléments pathologiques les plus nombreux et les plus anciens, et qui s’étendra régulièrement par un travail de destruction progressive, sans dépasser les limites occupées par le Uissu adénoïde. Enfin survient la cachexie, liée aux troubles profonds de l'économie, à une altération probable du sang, et dont la marche est accé-

lérée par les déperditions abondantes, auxquelles donne lieu la suppuration des nombreux ulcères. Ces réflexions sont applicables aux lésions ganglionnaires. | |

L'examen micrographique des éxeroissances mycositiques, en nous fixant sur leur composition, nous a permis d'en déterminer la nature, et doit nous conduire à leur assigner leur véritable place. Ce sont des lymphadénômes de la peau; il est donc impossible de les confondre ni avec le molluscum vrai, qui est une variété de fibrôme (1); ni avec le Zchen hypertrophique, qui est une hyperirophie papillaire fibroïde ; ni avec les tubercules de la lèpre ou éléphantiasis des Grecs, dont nous donnerons plus loin la structure comparative, d’après un examen récent de M. Ranvier (voir page 33). Mais ces lymphadénômes sont-ils le symptôme d’une maladie spéciale, ou bien doit-on les rattacher à un groupe pathologique plus vaste? C'est ce que nous discuterons à la fin de ce travail, dans un chapitre particulier, à cause de l'importance dela question. |

Nous nous sommes, pour l’étude anatomique du mycosis, uniquement appuyé sur les résultats fournis par le cas qui nous appartient. C’est le seul dans lequel l'examen microscopique ait pu, grâce aux progrès de l’'histologie moderne, conduire à des données positives. Cependant, M. Guérard a déjà publié une analyse histologique, faite par M. Damaschino, de tumeurs provenant d'un individu atteint de mycosis,

(1) Virchow, Pathologie des tumeurs, €, 1, p. 322, — Ranvier, Communication orale.

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et dont il a publié l'observation (1). Dans la note de M. Damaschino, on peut reconnaître, malgré les différences de langage, les caractères essentiels que nous avons indiqués, l’infiltration du tissu nouveau à travers les mailles du derme écarté, mais non détruit, l'abondance des éléments cellulaires, ete. Enfin, Virchow(2), a rangé le mycosis fongoïde dans sa classe si vaste des granulômes, et en donne d’après Kæbner, une analyse trop incomplète, pour que nous osions déterminer quelle affection ii a réellement voulu désigner sous ce titre.

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