‹ Étude Sur Une Affection De La Peau Mycosis FongoïdeChapitre 10 sur 22 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Si nous considérons les symptômes et la marchedu mycosis fongoïde dans son ensemble, il n'est pas d'affection cutanée qui nous offre un semblable tableau pathologique. Mais, en prenant la maladie dans ses différentes phases, la multiplicité des lésions cutanées qu’elle présente à certaines époques fait pressentir la difficulté du diagnostic. En effet, si les tumeurs fongoïdes ont des caractères assez tranchés pour être facilement reconnues, il n’en est pas de même des éruptions eutanées de la première période; celles-ci, revêlant l'aspect de plusieurs affections

(2) Guérard, loc, cit., p. 16, en note.

(3) Virchow, Pathologie des tumeurs, t. Il, p. 228.

œénériques de la peau, sont la source de grandes difficultés, quand il s’agit de reconnaître leur nature, et de remonter à leur véritable cause. Nous avons entendu un des représentants les plus autorisés de la dermatologie française, M Bazin, insister lui-même sur l'incertitude de cette diagnose; toutefois son immense expérience élinique lui a permis d'émettre un jugement précis dans plusieurs cas, restés insolubles pour d’autres médecins, et regardés par eux comme des dartres rebelles. Nous croyons donc, avec l'importante autorité de M. Bazin, que les diverses manifestations eutanées du mycosis ont des traits particuliers, dif- Bciles à saisir, il est vrai, mais appréciables à un œil exercé. Nous allons indiquer les quelques caractères que nous avons cru apercevoir, et qui peuvent guider l'observateur. Mais ce n’est en réalité que par l’ensemble des accidents, par leur succession, par leurs alternatives de développement et de rétrocession ou de disparition complète, par leur mélange, enfin par l’évolution de la maladie tout entière, que l’on acquerrera une certitude suffisante pour asseoir son opinion d’une manière définitive.

Lorsqu’au début l’on n’aperçoit encore que des plaques rouges, persistantes, peu ou point saillantes audessus de la surface tégœumentaire, plus ou moins squameuses, on peut les confondre avec de l’eczéma, du pityriasis ou du lichen. On pourrait même, en acceptant certaines doctrines aujourd'hui régnantes en dermatologie, les regarder comme un eczéma, un pityriasis d’une nature spéciale; nous croyons cependant que l’on doit éviter cette confusion, et les diffé-

sa Te rehcier deg affections dartreusés ordinaires dont elles se rapprochent par quelques signes objectifs.

Les plaques congestives ont un caractère de sécheresse remarquable : si parfois elles suintent et se recouvrent de croûtes, ce n’est, comme nous avons cherché à l’établir, qu’un phénomène artificiel et passager, produit par le grattage. On ne peut y constater la vésicule caractéristique de l’eczéma véritable. La coloration des taches mycositiques est d'un rouge sombre violacé sui generis (1), Ce signe important a suffi dans un cas à M. Bazin pour affirmer qu'il s'agissait d’un myvosis au début. Le prurit est moins vif, moins franc que dans la dartre : il est accompagné de picotements, de cuissons, Enfin, la ténacité de l’'éruption, ses intermittences, ses poussées suocessives, l'absence d’antécédents herpétiques, l'apparition de plaques plus saillantes au bout de quelque temps, établiront suffisamment le diagnostic,

La même coloration rouge sombre, l'irrégularité des squames, la forme et l’étendue des surfaces malades, la longue durée de l'affection et ses transformations la différencient du pifyriasis.—Quant au psorinsis et à ses formes, nous ne trouvons nulle part l'aspect de cette affection, si reconnaissable à l'abondance de ses squames superposées, blanches, nacrées, assez adhérentes: nous n'y insisterons pas davantage.

fl est plus important d'établir la distinction des plaques lichénoïdes et de certaines formes de lichen (eczéma lichénoïde, lichen agrius). Les caractères diffé-

(1) CF, Guérard, loc. cit., p. 12.

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