‹ Étude sur une épidémie de rougeoleChapitre 16 sur 20 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

[ — GENÈSE ET ÉTIOLOGIE

Lorsqu’une épidémie trouble subitement la santé publique d’une localité jusque-là indemne, on se demande

. d’où vient cette épidémie et comment le virus s’est

répandu. On étudie la nature des circonstances de lieu, de température, de saison qui ont pu favoriser la diffusion du poison. On recherche dans les usages locaux ou dans le genre d’alimentation de la population atteinte, toutes les particularités susceptibles d’aider à remonter à l’origine du mal.

Nous n’en sommes certainement plus au temps où lon rapportait toute affection épidémique et infectieuse à une cause aveugle et spontanée. Les miasmes, les effluves, les gaz délétères, les matières putrides, les émanations plus ou moins appréciables par les procédés de la physique et de la chimie, ces poussières animales ou végétales ayant subi diverses séries de modification sous l'influence de la chaleur solaire, et emportées par les courants atmosphériques, toutes ces choses ont perdu : aujourd’hui le rôle qui leur était imputé en temps d’épi-

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démie. Depuis les mémorables travaux de M. Pasteur, la théorie des générations spontanées a vécu, et il n’y a désormais plus de place que pour les microbes. Un fait aujourd’hui hors de conteste, c’est que toute affection contagieuse a son facteur spécifique, microbe ou bacille, lequel a le pouvoir, l’un d’engendrer la scarlatine, Pautre la variole, celui-ci la fièvre typhoïde, celui-là la rougeole, etc.

Maintenant qu’il est établi que chaque maladie épidémique a son agent spécifique, constitué par un virus particulier, à l’action duquel elle doit sa propagation, d’après les données qui nous restent des allures de certaines épidémies auxquelles nous avons assisié, nous allons tenter de définir les règles constantes selon lesquelles une épidémie, en général, et, pour le cas qui nous occupe, une épidémie de rougeole se développe invariablement.

1° Il faut que le virus mobhilleux soil importe dans une localité pour que la rougeole y éclate — Jamais, en effet, une épidémie de rougeole n’envahit une localité, sans qu’un sujet yait apporté le germe del’affection. Ce rapport de cause à eflet est toujours facile à déterminer, pour peu que le praticien s’étudie à rechercher l’origine du mal. Dans les grandes villes, sans doute, la filiation est difficile à tracer, parce que cette maladie y est presque toujours endémique ; mais, il n’en est plus de même à la campagne, où ce virus voyage à des périodes plus ou moins lointaines, toujours marquées par une importation accidentelle.

2 Le virus morbilleux à son mécanisme spécial, à l’aide duquel ul se propage et se transmet. — L'air atmosphérique, devenu impur par les échanges gazeux, estle meilleur agent de diffusion et de transmission de ce virus. En

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