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effet, il adopte une vitalité extrême, lorsqu'il pénètre dans un local très peuplé comparativement à l’espace occupé, dont l’air n’est pas très renouvelé et dont la température ambiante est assez élevée. Cela est si vrai que lorsqu'un vent de rougeole ou de scarlatine souffle, quelque part, si un enfant s'expose par hasard à ce souffle, il rapporte le contage dans le centre qu’il habite, mais l'affection demeure restreinte et l'explosion épidémique n’a lieu qu'autant que le poison a pénétré dans un milieu approprié à sa multiplication, à sa vitalité, à son développement, comme l’est celui de l’école. C’est là une assertion que corrobore pleinement un fait d'observation recueilli par notre ami, M. le docteur François, d’Einville, lors de l'épidémie de varicelle qui a sévi, à Einville même, à P’automne dernier ; cette épidémie, venue deSaint-Nicolasdu-Port, est, en effet, restée réduite à quelques cas isolés pendant toute la durée des vacances de l’école primaire ; mais sitôt les classes reprises par les enfants sains, le flot épidémique a fait irruption, de telle sorte que l’affection a pris, en peu de jours, une grande extension marquée par quelques cas d’une gravité exceptionnelle.
3 La virulence du virus morbilleux est en raison inverse de la durée de son séjour dans une place. — Plus longtemps le virus morbilleux règne dans une place, moins est accentuée sa virulence. En effet, l’épidémie de rougeole que nous relatons, après avoir sévi rigoureusement contre les garcons, diminua d'intensité sur les filles, lesquelles accusèrent, en somme, des symptômes moins graves. C’est peut-être même cet affaiblissement de la virulence du contage qui contribua à ce que les frères, parvenus au stade d’invasion, purent seulement contaminer les sœurs, comme nous en avons admis l'hypothèse : car, il n’est point vraisemblable que l’incu-
bation ait duré d’une part 8 à 10 jours et d’autre part 19 à 20.
4 Le virus morbilleux exige des sujets préparés à sa contagion. — Parmi les enfants, en effet, soumis à son contage, non-seulement tous ne sont pas atteints, mais,
parmi ceux contaminés, il ya des degrés d’intensité faciles
à reconnaitre.
L’explication de ce fait réside dans les conditions d’âge, de tempérament, de certaines habitudes physiques ou morales, lesquelles créent la prédisposition à la maladie ou l’immunité. Le tempérament à sa part d'importance dans la question de réceptivité du germe morbide; un enfant qui présente des formes sanguines ou Iymphatiques est plus susceptible que celui qui est doué d’un tempérament simplement nerveux ; de même celui qui use habituellement d’unealimentation saine et réparatrice, triomphera plus aisément que celui qui est nourri ou vêtu pauvrement. L'enfant déjà adolescent pourra traverser le contage en restant sain et sauf, tandis que l’enfant en bas âge, de dix mois à cinq ans, par exemple, subira son action en n’échappant à aucun accident du cadre nosologique ; cela se concoit pour peu que l’on se rappelle que le système nerveux est plus sensible aux excitations internes et aux provocations extérieures chez l’enfant que chez l’adulte. Plus l’enfant est jeune, plus l'incitation nerveuse est puissante, quoique desordonnée, tandis que chez ladulte, les impressions sont moins vivement sentes et la sensibililé des organes sensoriels est moins orande.
Il est aisé de concevoir que ces quatre conditions de diffusion du virus morbilleux, inhérentes à son importation, au véhicule à l’aide duquel il se transmet, à sa
sh et
en are 4 CNRS
U— virulence qui s’atténue avec la durée de l’épidémie, etenfin
à la réceptivité des sujets, se trouvent parfaitement réunies à Drouville,
Il -- SYMPTOMATOLOGIE
En traitant de la symptomatologie, notre but n’est point d’énumérer les symptômes classiques qu’on peut lire dans tous les livres, mais seulement de fixer le relevé de ceux que nous avons observés individuellement à chaque période de la maladie.
D'abord, en ce qui concerne le diagnostic qui n’est point toujours facile à poser quandü le praticien exerce son art dans un grand centre où les pyrexies exanthémateuses sont le plus souvent endémiques, celui-ci s’éclaircit rapidement quand on est prévenu, comme nous l’avons été nous-même, du séjour, pendant quelque temps, de notre premier malade, dans une localité contaminée comme Pétait Flaviguy. De ce côté-là, il n’y avait donc guère d’hésitation possible.
La rougeole, comme on sait, se divise en quatre périodes distinctes : 1° Incubation, 2° Invasion, 3° Eruption, 4 Desquamation. Chacune de ces périodes a ses symptômes particuliers. Le résultat de nos observations dans l'épidémie que nous relatons, nous autorise à répartir la durée de chacune de ces périodes, comme il suit :
DR L'incubation a duré, en moyenne de 6 à 7 jours, de 8 à 10 et de 19 à 20 jours ; l'invasion de 3 à 4 jours ; l’éruption de 3 à 5 jours ; la desquamation de 5 à 8 jours et plus.
Le mouvement fébrile commence dès le premier jour des prodromes avec une intensité modérée ; il ne dépasse suère 39%; puis il diminue le second jour de la période d’invasion pour monter ensuite à son summum d’élévation au moment ou l’éruption atteint son maximum de développement ; il oscille, en moyenne, entre 39 et 40 degrès ; la rémission se produit loujours avant la période de desquamation, s’il n’y a point de complication bronchopulmonaire grave.
Cette épidémie, qui a sévi sur 22 enfants males et sur 18 filles, a été singulièrement favorisée, à notre sens, par la température froide et humide qui a-régné pendant les deux mois de mai et de juin, d'autant que le mois d’avril précédent avait été exceptionnellement chaud et sec. Si le germe morbide eût été importé en mars, la maladie eût certainement pris très peu d'extension, en raison de la douceur du climat d'avril. « Temperie cæli corpusque animusque juvatur » (Ovide).
Par une température persistante de +6 le matin et de +17 le soir, semblable à celle dont nous fûmes oratifiés durant tout avril, une épidémie ne pouvait guère sévir. Mais, quand vient ensuite un mois de mai avec une température matinale, le 12, de — 2, et vespérale, le 20, de +10, avec pluies continuelles et prédominance des vents du Sud et du Sud-Ouest, une épidémie ne peut qu'éclater avec violence. Aussi, si nous schéma- tisons par une droite, la marche de notre épidémie,
cette droite partant du 14 mai, époque où le virus fut introduit dans lorganisme de notre premier malade, verrons-nous cette ligne subir de fortes inflexions les 26
at et 27 mai, 10 et 11 juin, car, à ces jours extrêmement pluvieux et froids, dix garcons et huit filles s’alitaient. Somme toute, plus la température est basse et humide, plus l’épidémie prend d’empire.
Répartition des malades d’après le premier jour de l'atteinte
. 21 mai, 1.
22 mai, 4.
23 mai, 1 enfant de quatorze mois.
25 mai, 10.
26 mai, 1 enfant de dix-huit mois.
27 mai, 8.
28 mai, 2.
5 juin, 1 fille.
8 juin, 3.