‹ Étude sur une famille canadienne [microforme]Chapitre 4 sur 4 · L'ABBÉ ©. TANGUAY · texte numérisé non relu

L'ABBÉ ©. TANGUAY

De son mariage avec Mile Louise Guyon-Desprès, célébré le 19 février 1759 à Montréal, naquit Charles-Gédéon.

IV — CHarLes-GHÉDÉON

Né à Montréal le 11 septembre 1764, Charles-Géäéon n'eut pas l'avantage de connaître , sa mère patrie, puisqu'en 1766 ses parents passaient à la Martinique ; mais il avait devant pe | lui l'exemple de ses ancêtres dont il retraçait la lignée jusqu'aux croisades et dont il lisait ies armoiries :

D'or au chevron de gueules accompagné au chef d'un croissant et d'une étoile du méme, en pointe d'un pin au naturel sur une terrase sablée. L'écu timbré d'un casque de baron, orné de tous ses lambrequins.

Il entra et fit ses #tudes à l'école militaire de Paris et obtint la décoration de Saint- Lazare décernée aux six premiers de l'école. En 1782, il partit pour l'Espagne, avec son régiment et assista aux batailles de Cadix et de Gibraltar. Il entrait, l'année suivante (1783), au régiment de la Martinique, et dès lors servit avec grande distinction. De brillants faits d'armes signalèrent sa présence à Sainte-Lucie.

En 1790, il obtenait le grade de capitaine, et quelque temps après, bien jeune encore, il était décoré de la croix de Saint-Louis.

C'est à cette époque (1791) qu'il! épousa Mlle Gallet de Saint-Aurin, appartenant à une des familles les plus honorables de la Martinique. Elle décéda en 1840, à Saint-Pierre de la Martinique.

“En 1798, écrit Sydney Daney, à la tête de quelques royalistes, il s'empara de la batterie Carnicas, au Gros-Morne, afin de combattre Rochambeau, lieutenant-général des armées de la République, et gouverneur de la Martinique, qui se trouvait à la tête des

patriotes.

Dan. l'attaque du morne Vert-Pré par Rochambeau, les colons arr”. né" gé de suivre les conseils de Charles-Gédéon, furent battus. (Celui-ci put nés. unir quelques compagnons pour prévenir les suites d’une défaite qui porvaient T1 protégea ainsi les femmes et les enfants qui fuyaient un vainqueur dor: %, d’avoir entendu vanter la clémence. Il voulut même les conduire jusqu’à 1. *’embarquèrent.”—(Histoire de la Martinique, par Sidney Daney, imprimée à à + 1846.)

L'Angleterre s'étant rendue maîtresse de l’île de la Martinique, en 1794, . s-Gédéon crut, dans son patriotisme héréditaire, devoir renrncer à la carrière des armes plutôt que d'accepter les offres brillantes que lui faisait le nouveau gouverneur de la colonie alors devenue un des joyaux de la couronne d'Angleterre. A cette époque déjà bien éloignée, il ne pouvait en aucune manière témoigner que des sentiments de froideur pour ia nation maîtresse de l’île. Il conçut même, en 1809, le projet d'un coup d'Etat, pour en reprendre possession ; mais trahi dans ses plans, il eut à subir une longue détention au fort Saint-Louis. - Vaincu mais non abattu, Charles-Gédéon répondit au gouverneur anglais qui, prési- + dant au conseil réuni pour le juger, lui reprochait d’être hostile au gouvernement de Sa Majesté britannique : “ Qu’entendez-vous, Monsieur le gouverneur, par celle expression “ Lostile ” ? “ Est-ce que vous voudriez faire couler du sang anglais dans mes veines ? Ce serait aussi difficile que “ de faire couler du sang français dans les vôtres. Ce qui est un mérile pour vous serait donc un “€ crime pour moi!”

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Ses juges, qui étaient d'ailleurs des gens d'honneur, n'osèrent pas condamner un citoyen aussi dévoué et aussi forme. 11 fut remis en liberté,

Les représentants du gouvernement français qui, en 1814, avait repris possession de l'île, n'oublièrent pas, dans sa retraite, le rillant officier du régiment de la Martinique, et mettant à profit son zèle, son courage, ses lumières et son expérience, ils ls nommèrent d’abord commandant, puis colonel du bataillon des milices, 11 fut successivement membre du conseil général et membre du conseil privé, et, en 1828, il était décoré de la croix de la Légion d'honneur.

Le brave, loyal et généreux Charles-Gédéon s'éteignit le 9 août 1854 à la Martinique, à l’âge de quatre-vingt-dix ans.

V — AuGusrEe-FRANÇois-M; .:1#-GÉDÉON

Né en 1796 à Saint-Domingue, Auguste-François-Marie-Gédéon épousait en 1828, Mlle Marie-Louise-Joséphine de Caroonel, originaire de Provence, et petite nièce de l'abbé de l'Epée. Il était lieutenant des bataillons coloniaux, et membre du conseil colonial. 11 mourut le 81 janvier 1850 à Madison, Etat de New-Jersey, laissant deux fils Gédéon- Auguste et Jules-Charles.

VI — GÉDpfÉon-AUGUSTE

Gédéon-Auguste, fils aîné du précéCent, reçnt le jour le 8 juillet 1824, à Saint-Pierre de la Martinique. Il y étudia le droit et y exerça les professions de notaire et d'avocat. Dans l'Etat présent de la noblesse fr »,:ise on trouve mentionné le baron Gédéon de Catalogne, uotaire à Saint-Pierre de la ::rtinique.*

Le 16 novembre 1852, il épousait Mlle Louise-Hylaris Tiberge, fille de Noble- Hypolite Tiberge * et de demoiselle Hoüebourg DesBrosses. Ceite dernière était parente avec les Dauray de Maupertuis, les Tascher de la Pagerie et les Dubuc de Rivery, dont un des membres, Mile Aimée, fut enlevée par des pirates sur les côtes d'Algérie, et envoyée par le Bey comme présent au Grand Turc Sélim III.

Elle devint sultane favorite, et à l'avènement de son fils Mahmoud II au trône, en 1808, elle fut déclarée sultane validée.

Grédéon-Auguste est décédé à Saint-Pierre le 10 septembre 1861, ne laissant qu'un fils Paul-Louis-Gédéon, et une fille, Marie-Gabrielle-Laurence.

VII — Paur-Louis-GHÉDÉON

Paul-Louis-Gédéon, septième descendant de la branche cadette, est aujourd'hui l’héritier des titres de cette famille si remarquable. Il occupe la propriété de ses pères, et possède toute l’estime de ses concitoyens.

8 Voir Bachelin de Florence, p. 421, éd. 1873-74, ® Petit neveu du célèbre abbé Tiberge, baron d’Ardré, bien connu sous le règne de Louis XIV, et dont il est fait mention dans les lettres de Mine de Maintenon.

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14 L'ABBÉ OC, TANGUAY — ETUDE ETC, 4 Quelque temps après la publication du premier volume du Métionnaire généulogique, l'auteur recevait de M. Paul-Louis-Gédéon de Catalogne la lettre suivante : “ Monsieur l'abbé, Ë 12 (]

“ J'ai appris, par une revue littéraire, que vous aviez publié un premier volume du dictionnaire des familles ca radiennes. J'ai songé immédiatement à vous écrire poux vous expédier quelques documents concernant ma famille qui a habité le Canada pendant près d’un siècle. Je regrette vivement qu'ils ne soient pas plus détailiés ; mais tnutes mes tentatives pour les compléter sont venues échouer contre le mauvais vouloir de l’archiviste du ministère de la marine, à Paris.

* Plus heureux que moi, vous avez sans doute pris connaissance, aux archives de la marine, d'une somme de documents ‘sut l'accès est refusée à beaucoup d’historiens archéologues. Nul doute aussi que vos archives du Canada ne soient 1"ès riches et très précieuses.

“ De nombreuses familles françaises, Monsieur l'abbé, doivent s'intéresser vivement à votre ouviage; depuis longtemps en effet, les noms de nos exilés du Canada attendaient uue plumc yénéreuse qui les réveillat de l'oubli et des ténèbres dans lesquels ils étaient plongés ; c'est assez vous dire, Monsieur l'abbé. le succès qui attend votre dictionnaire.

“ Permetiez, Monsieur l'abbé, que je vous exprime les vœux les plus sincères pour que le deuxièrae volume de votre intéressant et si précieux ouvrage rencontre le s'«ves mérité de son aîné. Plusieurs de mes amis, dont les familles ont eu des allianc: : au Canada, s'intéressent vivement à votre publication, et se sont adressés à un libraire de Paris pour le faire venir du Canada.

“ Veuillez agréer, Monsieur l'abbé, l'assurance de ma considération la plus distinguée.

“# P. DE CaTALoGaNK.”

gen 7 = mars arret

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