‹ Étude sur une famille canadienne [microforme]Chapitre 3 sur 4 · L'ABBÉ CO, TANGUAY · texte numérisé non relu

L'ABBÉ CO, TANGUAY

sous le nom de De Catalogne. Il ne peut être question de M. De Léry, dans ces années, puisqu’en 1695 il n'avait encore que treize ans d'âge, et que les instructions de partir pour le Canada ne lui furent données que le 28 juin 1716.

Où trouve encore à la page 54 de la quatrième série du même recueil publié par la Société historique, année 1695 : “ On envoya à M. de Louvigny, au lac Saint-François, deux détachements, l’un commandé par M. de Repentigny, et je commandais le second.”

“ Le 24 février, l'hôpital de Montréal brüla. Le 28, M. de Callières fit assembler tous les principaux habitants dans la paroisse, où chacun fit des offres pour le réparer. On me chargea de la conduite des travaux.”

Rapprochons maintenant cet article de celui que nous lisons dans la vie de Mlle Mance, où il est dit :

“ Après l'incendie de l'Hôtel-Dieu de Montréal, M. Gédéon de Catalogne vint au secours de cette communauté si éprouvée. Architecte habile, il prépare les plans du nouvel édifice, dirige les hommes pour la préparation des bois nécessaires au rétablissement de l'Hôtel- Dieu, et, conjointement avec M. Pothier, marchand de Montréal, est chargé de la direction des travaux, par une délibération prise dans une assemblée générale des citoyens présidée par M. de Callières.

“ Ces deux messieurs s'acquittèrent de cette commission honorable avec toute l’activité qu'on pouvait attendre de leur parfait dévouement.” (Vie de Mile Mance, t. I, p. 180.)

M. Gépfon DE CATALOGNE, INGÉNIEUR MILITAIRE.

A la page 61ème du recueil, on lit encore : “ Je fus envoyé pour faire faire l'enceinte de la ville des Trois-Rivières.

“ Le 2 novembre suivant, nous parlimes de Québec au nombre de quarante Français et quarante Abénaquis, et arrivämes à Plaisance (Terre-Neuve) le 15 novembre.

“ On envisagea les conséquences qu’il y avait de fortifier Chambly, étant le passage de l'ennemi... Les intendants ordonnèrent des fonds pour cette dépense et obligèrent tous les habitants du gouvernement de Montréal d'y donner chacun huit jours de corvée, et que pour commencer ces ouvrages et les mettre en état de défense, on m'ordonna de m'y transporter, l'automne, pour y faire amasser des matériaux.”

Une page, pour les années 1711-1712, se lit encore comme suit :

“ L'on avait commencé à jeter les fondements de deux redoutes à Québec pour être continués l’année suivante, quoique les fonds fussent épuisés.

“ L'une des redoutes fut achevée, à la menuiserie près, et la maçonnerie de l’autre montée au carré, et en outre on fit un mur le long de la côte du Palais, jusque vis-à-vis l'Hôtel-Dieu, et on commença deux bastions et la courtine, entre la redoute du Cup-au- Diamant et le cavalier de M. Dupont ‘ et ces ouvrages en sont demeurés là.

“ M, de Beaucour ayant été envoyé à l’île Royale, Je fus chargé de la conduite des ouvrages et des toises.”

En 1714, l'actif et intelligent Gédéon dirigeait encore à Québec les travaux de la redoute du Cap-au-Diamant et du château Saint-Louis.

‘ La butte du moulin qui servait de cavalier était à l'extrémité de la rue Mont-Carmel, sur l'espèce de jetée qui existe encore en arrière des bâtisses servant aujourd’hui de palais de justice. (LeMoyne, Fortifications de Québec, p. 2).

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Six ans plus tard, il était envoyé en garnison à Louisbourg, Cap-Breton, où il présidait à l'exécution des travaux de fortification de cette ville,

C'est dans cette dernière ville que Gédéon de Catalogne terminait une carrière des plus honorables et des plus chrétiennes, rendant son âme à Dieu, le 5 janvier 1729.

I] laissait pour héritiers de son étounante activité et de ses qualités suciales, un fils, Joseph, et cinq filles, Mmes Damours, Gamelin, Pothier, Dubuisson, De Gannes-Falaise, et De Landriève.°

II — Joserx

Joseph, fils de Gédéon, naquit à Montréal le 5 mai 16947 Son père après l'avoir fait étudier à Paris, lui fit prendre le parti des armes, et, dès l'année 1722, il recevait sa commission d’enseigne. Il servit en cette qualité à l’île Royale en 1727, et trois ans plus tard il était élevé au grade de lieutenant de marine.

En 1788, le 3 février, il épousait à Montréal Charlotte Dubuisson.

Ses mérites lui obtinrent bientôt l'honneur d’être décoré de la croix de chevalier de l'ordre royal de Saint-Louis.

Bien que militaire expérimenté, Joseph s'était adonné à la littérature et aux sciences. Il composa un Traité sur l'aiguille aimantée, qui lui valut un fauteuil à l’Académie des sciences de Paris.

Malheureusement pour la science et la colonie, il décédait à Louisbourg en 1785, six ans seulement après son père, ne laissant qu'un fils, Louis-Charles-François-Gédéon.

III — Louis-CHARLES-FRANÇOIS-GÉDÉON

Louis-Charles-François-Gédéon, fils unique de Joseph, naissait à Louisbourg le 14 février 1734. Il voulut, comme ses ancêtres, embrasser la carrière militaire, et comme eux fut décoré de la croix de chevalier de Saint-Louis.

Il fat un des braves de 1759 qui combattirent si vaillamment pour conserver à la France cette belle et vaste contrée du Canada. Le succès n'ayant pas couronné leurs efforts, le Canada fut cédé à la couronne d'Angleterre.

En 1765, une ordonnance portait que tous les propriétaires canadiens qui voulaient demeurer au Canada et prêter serment de fidélité à l'Angleterre, resteraient en possession de leurs biens.

Mais le caractère de l'officier français ne lui permit pas de se plier sous la domination d'un souverain étranger, et dès lors il renonça à ses propriétés, pour rester fidèle à la foi jurée au roi et à la France, aimant mieux perdre ses titres et ses droits à la seigneurie des Prairies-Marsolet, qui était passée dans sa famille, que de consentir au sacrifice de sa nationalité. En 1766, il partit pour Saint-Domingue, où bientôt il eut le commandement de la place des Cayes, qu'il conserva jusqu’à sa mort, arrivée en 1781. Son corps repose das l’église de Saint-Pierre de Saint-Domingue.

5 Les ruines de ces fortifications subsistent encore (1884),

5 Ces familles comptent de nombreux et honorables descendants.

T Il est à remarquer que la famille Gédéon de Catalogne s’est toujours dirigée vers le continent de l'Amérique depuis deux siècles. Tous les descendants du premier Gédéon ne passèrent en France que le temps de leur éducation, Aucun n’y reçut le jour, et tous sont demeurés français, fidèles au roi et à leur France bien-aimée,

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