‹ Étude sur une forme d'adéno-lymphite péri-utérineChapitre 6 sur 7 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

L'adéno-lymphite péri-utérine commune comporte avant tout le traitement par les révulsifs.

Les vésicatoires arrêtent et font rétrogarder l'inflam.mation lymphatique. Dans les cas les moins heureux, ils circonscrivent au moins le foyer morbide et le concentrent en quelque sorte autour des ganglions. Bien plus, si quand on s'y décide la résolution pure et simple n'est plus possible ils offrent l'avantage d'activer, d'accélérer la suppuration.' Mary.

Ainsi, ils jouent le rôle de résolutif puissant, quand il n'y a pas encore de suppuration établie ; dans le cas contraire, ils hâtent l'accumulation du pus dans un espace moins large.

Il arrive fréquemment qu'un seul vésicatoire ne suffit pas, il faut en réitérer l'application. Les laxatifs ne doivent pas être négligés. C'est également dans le but de diminuer la congestion pelvienne que l'on prescrira la position horizontale, et le lit devra être gardé pendant toute la période d'acuité de'la maladie.

En ville, l'application de cataplasmes intra-vaginaux ne souffre pas de diffiultés.

Obs. V. — Déchirure du col à gauche. iidéQO-lymphite après l'accouchement. (Observation communiquée par mon ami M. Lebec, interne de service.)

Emilie, âgée de 22 ans, giletière, d'un tempérament strumeux, née à Paris, entrée le 19 novembre 1875 à l'Hotel-Dieu, salle Saint-Maurice, lit n° 34.

Elle était habituellement constipée.

Elle accoucha à terme le 31 octobre 1875, d'un enfant bien constitué, au bout de quinze heures de travail. Elle eut une déchirure du périnée qui a en juger par l'état actuel fut assez étendue. Après son accouchement, on la fit se lever le quatrième jour et sortir le neuvième, sous prétexte de lui donner des forces. Le neuvième jour en rentrant chez elle à pied, elle pouvait à peine marcher. Elle recommença son travail.

Au bout de quatre jours (treizième après l'acouchement), elle commença à sentir des douleurs et des tiraillements dans le dos et dans le ventre, surtout au-dessus du pubis. Pendant trois semaines les douleurs ont été en augmentant jusqu'au moment de son entrée.

A son entrée, on constate une déchirure du périnée mal cicatrisée. La femme est en même temps hystérique.

Ce n'est que le 7 janvier 1876, que fut sentie la tumeur qui va nous occuper.

Par le louclier vaginal, col déchiré à gauche, à lèvre antérieure un peu volumineuse, sans granulations. L'utérus est volumineux, douloureux et en antévergion.

En portant le doigt prolondément du côté gauche, on sent une tumeur très-dure, grosse coname un œuf environ et qui paraît venir des parties profon Jes.

Par le toucher recfal on sent cette tumeur se dirigeant vers la symphyse aacro-iliaque, elle est dure; il n'y a rien dans le cul-de sac droit.

21 janvier. Un gonflement ganglionnaire considérable se manifeste au cou de la malade.

11 y a lieu de se demander si la tumeur du bassin ne serait pas quelque chose d'analogue à un gonflement strumeux des ganglions lymphatiques du bassm. Après avoir éliminé une ovarite, une pelvipéritonite, un abcès ossifluent, M. Guérin se rattache à une adénite.

26 janvier. La malade désire sortir de l'hôpital. Même état.

Obs. VI. (Hôtel-Dieu, salle Saint-Maurice, lit no 16.) - Abcès du sein

gauche. Adénite péri-utérine.

Bellemaia, 21 ans, lingère, accouchée il y a vingt et un jours, entrée le 15 janvier, ciuq jours après son accouchement; douleurs dans l'aine et dans le ventre.

Dans le cul-de-sac latéral droit, le doigt isole très-bien un corps ayant le volume d'une amande très-mobile. Application d'un vésicatoire. Le 16 mars. La malade sort de l'hôpital, guérie.

Obs. Vn.-Adéno-]ymphitepéri-u(érine. Tumeur appliquée contre le pubis Suppuration. Ouvenure dans la vessie et à la paroi abdominale. Symptômes d'infection purulente. Guérison.

Prévost (Louise), âgée de 33 ans, ménagère, entrée à l'Hôtel-Dieu, le 3 février 1875, salle Saint-Maurice, lit n° 29.

Vers le mois d'octobre 1875, elle observa que ses rapports sexuels deunaient douloureux, et de plus les règles dans ce mois ne parurent pas. Pendant ce même mois, la malade alla travailler au lavoir et se fatigua beaucoup. Au mois de novembre, ses règles reparurent, mais avec un retard de SIX semaines, sans coliques, et plus abondantes. Il sortit quelques caillots de petit volume, ce qui ne lui arrivait jamais. Dès ce moment, la malade fut obligée de garder le lit. On peut se demander si on n'avait pas eu affaire alors à une fausse couche. Le lendemain est survenu un frisson qui s'est reproduit pendant quelques jours de suite. Dès cette époque, elle souffrit de douleurs dans le ventre, qui allèrent en augmentant, pour atteindre , leur maximum au mois de décembre.

Un médecin lui fli appliquer sur le veutre deux vésicatoires, au mois de

décembre. Jusqu'au mois de janvier, il ne se produisit aucune amélioration.

Vers le 8 janvier, en urinant, elle rendit du pua qui avait pénétré dans le vessie. Elle précise bitn qu'elle avait des envies d'uriner, et qu'en allant sur le bassin à qnatre reprises, elle urinait du pus. Jamais il ne s'est écoulé du pus par le vagin. Le jour suivant, les urines furent pures. A partir de ce moment, la malade peut faire quelques pas, et elle allait mieux.

A la fin du mois de Janvier, la tumeur de l'abdomen qui s'était aplatie, reparut un peu et la peau de la paroi abdominale antérieure commença à devenir douloureuse et rouge.

Le février. Examen à son entrée à l'hôpital. Une fistule existe à la paroi abdominale. Un stylet est introduit dans cette fistule et entre profondément. Un doigt introduit dans le vagin', perçoit bien la tumeur antérieure à r>itiîrus. La tnalade rapporte qu'en urinant, elle a rendu ISO grammes de pus par la vessie. La tumeur n'est piis dans la paroi abdominale, elle est très-rapprochée du pubis. M. Alph. Guérin en fait une adéno-lymphite, point do départ du phlegmon du ti su cellulaire.

Le l'i. Un suintement de nature «éreuse se produit par l'orifice fistuleux de la paroi abdominale. Cet orifice s'ouvre à la paroi abdominale, près de la ligne médiane, à environ i centimètre du côté droit, et à égale distance du pubis et de l'ombilic.

L'abcès qui s'était ouvert et évacué par la vessie, s'était vidé un mois avant que l'ouverture de la paroi abdominale ait eu lieu.

A la palpation, on reconnaît que la tumeur vient auprès du pubis, mais n'y est pas collée, la suppuration du tissu cellulaire s'étant faite autour du ganglion et l'ayant isolé. Un stylet introduit dans la fistule abdominale pénètre à six ou sept centimètres. On sent parfaitement qu'il traverse des tissus situés en dedans de la paroi abdominale.

Le 13. On introduira ce soir dans la fistule une lige de laminaria.

Le 16. La tige de laminaria a aïgrandi la fistule. On peut inf.-oduire un doigt jusqu'à deux centimètres, mais plus loin l'orifice n'est point suffisamment large pour le laisser pénétrer. On sent une tumeur se prolongeant vers la fosse iliaque gauche.

Le 17. On ne trouve plus par le toucher vaginal, la tumeur sur le côté droit vers le ligament de Fallope, et qui se plongeait vers le canal crural; mais par le palper abdominal, on sent encore la trace de cette tumeur. Elle n'est plus située qu'en avant de l'utérus. La nuit dernière, il s'est^coulé une quantité considérable de pus, par l'orifice de la paroi abdominale. Il ne reste plus que la suppuration du tissu cellulaire et l'adénite a disparu.

Le 18. On conseille à la malade de se coucher sur le ventre, afin de favoiser l'écoulement du pus.

Le "ïi. La tumeur située en avant de Tulérus, se vide bien. Au voisinage

de l'anneau crural gauche, on sent bien, il est vrai, encore quelque chose, inîjis ce n'est plus net.

Le 26 au soir. La malade a un grand frisson, avec accê"» de fièvre dans la soirée. T. 40», p. 124.

Le frisson a élé très-intense avec claquements de dents.

Le 27 au matin. T. 38,5, p. 82, Le pus de la fistule se tarit, el devicn séreux, Prescription : sulfate de quinine, 0,75 centigrammes.

Le "11, soir. T. 38,2, pas de frisson, pouls 38.

Le 28, matin. T. 37,5, p. 80.

Le 28, soir. T. 37,3, p. 84.

Le 29, matin. T. 37,8, p. 116. Le pus est encore très-séreux, la malade a eu quelques coliques cette nuit. On continue le sulfate de quinine, 2 grammes.

Le 29, soir. T. 40, p. 114.

Le l" mars. T. 39,8, p. 118. La malade a un peu dormi la nuit ; sulfate dé quinine, 1 gramme ; elle a quelques tiniemenls d'oreille. Le soir, T. 39,6 p. 118.

Le 2. T. 38,9, abaissement notable, p. 106. Lesoir, la malade éprouve de la chaleur, de la céphalalgie, elle n'a pas eu de frissons. Eau de Sedliiz. T. 38, p. 100.

Les jours suivants, la température a suivi une courbe descendante. Le 3. T. 37,6 le malin, p. 92. Le soir, i. 37,9. p, 84. Le 4. T, 37,9, p. 80. Le pouls a continué nettement sa ligue de descente vers la normale.

Le 5, matin. T. 37,2, p. 80,

Lcl3. Il n'y a plus de fièvre. M. Alph. Guérin voit dans ce fait un cas d infection purulente, guérie par le sulfate de quinine, mais la malade a consi lérablement maigri.

Le 14. Cette femme sort de l'hôpital, malgré les conseils contraires, pour aller achever sa guérison dans le département du Pas-de-Calais.

A la sortie de la malade, l'ouverture de la paroi abdominale n'est pas fermée ; il coule un peu de pus, mais la quantité est faible. On seul une induration profonde, allant de l'ouverture de la fistule au pubis. Il n'y a [dus de diarrhée et l'appétit est grand.

Dans le mois de décembre de cette même année, la malade est revenue à la consultation de l'Hôtel-Dieu, elle était complètement guérie.

Ous. VIII.— Déchirure du col après l'accouchement. Adcoo-lymphile.

M... (Laurence), âgée de 24 ans., ménagère, est entrée le 18 février 1876, salle St-Maurice, lit n* 24.

Pendant son enfance jusqu'à l'Age de 15 ans, elle fut d'une très-bonne santé.

Les règles parurent à l'âge de 15 ans. A 24 ans, elle eut son troisième enfant, au mois de décembre 1875. Jusqu'au milieu du dernier mois, tout était bien ; mais quinze jours avant d'accoucher, elle eut une grande frayeur. Le lendemain, elle perdait du sang en petite quantité avec mucosités.

L'accouchement arrivé à terme fut difficile. Il y avait enroulement du cordon autour du cou de l'enfant ; l'enfant a survécu.

Dès le lendemain, la malade se leva pour faire quelques pas dans sa chambre ; les jours suivants, elle continua à se lever, et le sixième jour resta longtemps debout.

Bientôt elle sentit des douleurs gravatives daus le bas-ventre d'abord à droite, puis bientôt du côté gauche. Jusqu'au 20 janvier elle resta dans cet état ; elle sevra son enfant à un mois.

Depuis le commencement de février, les douleurs sont devenues beaucoup plus vives dans le bas-ventre ; elle appliqua des cataplasmes laudanisés sur le ventre. Entrée, le 18 à l'Hôlel-Dieu. Elle n'a pas eu son retour de couches ; il y a un mois que l'enfant est sevré.

Toucher vaginal, et examen au spéculum. A gauche du col est une déchirure profonde, allant jusqu'à l'insertion du vagin. Le col est rouge, granuleux, il secrète des mucosités. 11 y a de la douleur et de l'empâtement dans le cul-de-sac gauche. Par le toucher rectal, empâtement plus prononcé à gauche, et un peu au-dessous du ligament large, bride grosse comme le doigt qui va de la ligne médiane vers le côté gauche. Il y a un état de métrite du col qui suffirait à lui seul à expliquer les douleurs de la malade, mais les annexes de l'utérus sont aussi affectés, et M. Alph. Guérin pense à une inflammation des lymphatiques allant derrière le ligament large.

Prescription : Un bain tous les jours. 10 grammes d'huile de ricin. 27 février. La malade a des élancements la nuit; même état par le toucher vaginal.

l*' mars. Douleur vers l'anneau crural, tuméfaction allant de la corne droite de l'utérus vers l'orifice supérieur du canal crural gauche. La malade va difficilement à la garderobe.

Prescription. Vésicatoire sur l'abdomen.

8. Au toucher vaginal, granulations du col qui est encore gros, mais non uniformément. La tuméfaction décrit un demi-cercle embrassant les lèvres du col du côté gauche.

15. La malade sort, pour aller au Vésinet ; au bout d'un mois, elle revient, il n'y avait plus aucune douleur au niveau du canal crural, et Tempâtemenl du cul-de-sac gauche avait disparu.

Obs. IX. (Hôtel-Dieu, salle St-Maurice, lit n» 6.) — Déchirure du col ^ droite. Tumeur que l'on rapporte à un kyste de l'ovaire commençant.

Landemaine, âgée de de 20 ans, domestique, entre à l'hôpital, le IS mars 1876. Elle est accouchée le 19 février de la môme année, Elle se plaint de douleurs à l'hypogastre et dans les reins.

Le 20 février. Toucher vaginal. Le col a été déchiré sur la commissure droite, et sur la lèvre postérieure de celte commissure, il existe une ou deux granulations du volume d'un grain de chènevjs. Par la palpation abdominale, on rencontre une tumeur dans la fosse iliaque droite, se prolongeant vers le canal crural. Elle n'est pas dans la direction du ligament large ; eJle vient aussi le long de l'arcado crurale. Traitement : vésicatoire.

5 mai. Il reste un peu de prolapsus vaginal, l'adéno-lymphite a disparu. Douches froides.

8. Tumeur du volume d'un œuf que la palpation révèle au-dessus de la région de l 'ovaire. La malade n'a pas de signes de pelvipéritonite.

29. Cette tumeur persiste. On pourrait penser à un kyste de l'ovaire commençant. La malade sort de l'hôpital.

Obs. X. (Hôtel-Dieu, lit n" 16, salle St-Maurice.) ^ Accouchement, il y a 7 mois. Adéno-lymphite à droite. Lymphangite tronculaire à ga^uche. Résolution,

Le 5 mal 1876, est entrée la nommée Galv..., etc., 19 ans, domestique.

Elle est accouchée, il y a sept mois. C'est son premier accouchement. Il s'est fait sans l'emploi de forceps; mais les douleurs ont duré Irès-longt, temps, de 18 à 20 heures. Elle est restée trois semaines au lit après ses couches, et ne s'est jamais complètement rétablie. Elle se plaint d'une dou,. leur vive dans le ventre, et cette douleur a son maximum à la pression au pli de l'aine gauche. Elle ne peut marcher, ni vaquer à ses occupations.

Le 6. Au toucher vaginal, on trouve l'utérus abaissé. H est en rétroflexion, et sur sa face normalement postérieure se trouve une arête transversale.

Cette saillie s'étend en augmentant, latéralement jusque vers le h'gamen large gauche. Seraient-ce des vaisseaux lymphatiques qui formeraient celle traînée dure, sur la face postérieure de l'utérus. Celte tumeur vient au voisinage de l'anneau crural derrière l'arcade de Fallope. A ce point, il existe une légère tuméfaction et une douleur très -vive à la pression. 30 gramm d'huile de ricin.

10. Dans le cul-de-sac latéral droit, il existe une tumeur mal limitée,

qui donne la sensation d'une pelvipéritonite. A gauche, l'adéno-lymphile n'est plus douteuse. Prescription : vésicatoire sur la partie iaférieure de l'abdoraeri.

20. La douleur au niveau du pli de l'aine a sensiblement diminué.

•Au loucher, la corde que l'on trouvait a disparu. Il a suffi, pour cela, de l'application d'un unique vésicatoire. L'inflam nation a également diminué du côté droit, et au lieu de la tumeur diffuse que l'on y rencontrait, il existe un ganglion du volume d'une petit noix, déprimant le cul-de-sac latéral droit, et se dirigeant vers le trou obturateur droit. Le toucher y détermine une sensibilité douloureuse vive.

Cinq ou six jours après cette exploration, la malade qui est très-soulagée demande à sortir de l'hôpital.

Obs. XI. (Salle St-Maurice, lit n» 6, Hôtel-Dieu.) — Tentative d'avortement au deuxième mois de la grossesse. Adéno-lymphite péri-utérine gauche, ayant pu simuler au phlegmon du ligament large. Utérus en rétroflexion. Il n'est pas sûr que l'avortement ait eu lieu.

Le 13 mai 1876, est entrée la femme Bocq..., 31 ans, liogère, mariée à 21 ans; a eu deux grossesses. Il y a quelques jours se croyant enceinte, elle s'est appliquée des sangsues aux cuisses.

Le 10 mai, la malade a rendu de petits caillots comme si une fausse couche l'était produite.

Le 14 mars, à son entrée, le ventre est très-douloureux, en palpant, on augmentait les douleurs.

Toucher vaginal. Le cul-de-sac postérieur est occupé par une tuméfaction qui va du côté gauche. La partie libre du cul-de-sac gauche est toute occupée par cette tumeur qui a le volume d'un gros œuf de poule.

La tumeur se dirige aussi vers l'anneau crural, mais elle semble moins y tenir que dans les cas d'adéno-lymphite ordinaire. Par le toucher rectal, tumeur énorme, on a pu songer un moment à un phlegmon du ligament large, mais on reconnaît que la tumeur glisse facilement, il n'y a pas apparence qu'elle s'ouvre de ce côté.

La température est de 38,6, le pouls de 92. Prescription : large vésicatoire appliqué surtout sur le côté gauche du ventre.

Jusqu'au 17 mars, la température varie de 37°9 à 38°6, avec une légère rémission le matin. Le pouls ne dépasse pas 92 pulsations.

Le 20 mars. Il y a un point fluctuant sur le cul-de-sac postérieur un peu à gauche.

La malade a été hier deux fois à la garde-robe. Le col est à peine à 2 centimètres de la vulve. Le premier vésicatoire est sec. Cataplasmes sur le ventre.

Le 21. Malin, t. 37,8, p. 84. Le soir, 38,8 ; p. 100.

Le 22. T. 37,8, p. 80. Application d'un deuxième vésicatoire.

Le 23. T. 37,6, p. 88.

Le 24. Le toucher vaginal dénote que la tumeur s'étend plus à droite, l'œdème vaginal qui masquait ayant disparu. A la partie postérieure on sent bien qu'il existe un intervalle entre cette tumeur et le plan de l'utérus, t. 37,7, p. 88.

26. La tumeur qui était dans le cul-de-sac gauche et qui était fluctuante ne l'est plus. M. Alph. Gaérin fait remarquer la prompte disparition de la tumeur.

Le 3 avril. La tume ir que l'on avait senti en arrière, c'est l'utérus en rétroflexion; on s'en rend compte aujourd'hui que l'inflammation périphérique a disparu.

La malade sortie 10 avril ; il n'est pas bien sûr que la fausse couche, se soit produite.

QBS. XIL — Métrite aiguë. Adéno-lympliite péri-utérine ayant simulé au début un phlegmon du ligament large. Suppuration. Guérison.

M... Suzanne, 33 ans, couturière, entre à l'Hôtel-Dieu, le 19 mai 1876, salle Saint-Maurice, lit n° 1.

Elle a eu il y a onze ans, un enfant qui est mort, et à la suite des phénomènes de péritonite qui l'ont tenue au lit plusieurs mois.

Depuis quinze jours elle perd du sang en quantité, se plaint de douleurs dans le bas-ventre.

Examen le 'li mai. Au toucher vaginal, le col est porté à gauche, il a un volume considérable et ses deuxlèvressont épaissies. Il est déchiré à droite. Le toucher vaginal est douloureux. En portant le doigt dans le cul-de-sac postérieur, on trouve le corps de l'utérus qui est en rétrotlexion ; on croit avoir aflaire à une métrite.

Le 2'2. Tumeur considérable occupant la région du ligament large du côté droit, et qu'on sent par le palper de l'abdomen. La direction de cette tumeur està peu près transversale; mais elle vient aussi du côté de l'anneau cruraL Par le toucher vaginal, on trouve le cu!-de-sac latéral droit un peu effacé,Ml s'y trouve un plastron qu'on pourrait prendre pour un phlegmon du ligament large; mais le cul de sac est élargi.

On sent encore mieux la tumeur quand on touche par le vagin, en môme temps que l'on palpe l'abdomen. Serait-ce un phlegmon péri-ganglionnaire ? Or, la tumeur est appliquée contre le pubis, comme dans les antres cas d'adénite.

Prescriptions : vésicatoire sur la région iléo-inguinale droite.

Le 24 mai, La perte de sang a cessé ; le résicatoire n'a pas amené ane grande amélioration.

Le 29. La tumeur située en arrière de l'utérus, avait fait croire à un utérus en rétroflexion ; or, on s'aperçoit aujourd'hui que ce n'est que l'extension de l'inflammation lymphatique.

Prescription : nouveau vésicatoire ;

Le 4 juin. On sent dans le cul-de-sac latéral droit, une tumeur nettement fluctuante. Au reste, le matin même, la malade a perdu du pus par le vagin et ses linges sont tachés.

Le 29. Gul-de-sac libre, col gros. La malade sort de l'hôpital. La palpation abdominale ne faisait plus reconnaître d'empâlenaent,

Obs. XIII. — Exulcération du col. Adéno-lymphite péri-utérine gauche. Résolution. (Hôtel-Dieu, service de M. Alph. Guérin, salle Saint-Maurice, lit n° 9).

Le 30 octobre 1876, est entrée la nommée Gharpignon, âgée de 29 ans, passementière. Elle a eu quatre enfants qui sont vivants. Sou dernier accouchement a eu lieu il y a quatre mois; depuis son accouchenaenl, elle éprouve dans le ventre des douleurs sourdes. Ce sont ces douleurs qui l'ont déterminée à entrer à l'hôpital. Elle se plaint de douleurs de rein ; pas de constipation.

Au toucher vaginal : Dans le cul-de-sac latéral gauche, à sa jonction avec le cul-de-sac antérieur, on sent une petite tumeur de la grosseur d'une noisette, mobile, distante du pubis de deux centimètres environ et se prolongeant par un cordon vers le tiers supérieur du détroit supérieur..

Au spéculum: Col volumineux, exulcéré, il y a un peu de mucus qui sort du col de l'utérus. Le vagin est rcuge.

■ Prescription. — Un bain tous les jours ; cataplasme sur le côté gauche.

Le 12 novembre. Dans le cul-de-sac latéral gauche, il reste encore quelque chose, mais le tissu cellulaire n'est pas pris. La forme de la tumeur est tout à fait irrégulière. Le diagnostic serait plus difS'cile, si on examinait .la, malade pour la première fois.

Aujourd'hui on trouve la tumeur diminuée, elle est à trois centimètres du pubis et est plus fixe.

Le 20. A gauche, on trouve toujours un petit corps à un centimètre de l'utérus.

Le 27. Le noyau qui reste aujourd'hui est encore plus petit. Quelques jours après, la malade sort de l'hôpitel.

Obs. XIV (Hôtel-Dieu, salle Saint-Maurice, lit n» 34). — Métrite. Adéao-

lymphile double.

Le 2 novembre 1876, est entrée la nommée Richel, âgée de 22 ans, lingère. Elle a été réglée à 14 ans, et ses époques ont toujours eu lieu régulièrement. Elle a été soignée l'année dernière dans le service de M. Béhier. Elle a accouché le 24 juin 1876 d'un enfant qui est bien portant. Depuis son accouchement, elle est restée maladive. Elle souffrait de douleurs dans le venire et à l'Hôpital Temporaire, oû elle a séjourné, on lui a appliqué des cataplasmes et des vésicatoires sur l'hypogastre.

Le 6 septembre. Elle est sortie guérie de l'Hôpital Temporaire. Elle a repris son travail depuis quinze jours, lorsque les douleurs à l'hypogastre ont recommencé.

Elle entre le 2 novembre, salle Saint-Maurice. Gomme antécédents, ses règles viennent très-abondantes tous les mois. Dans l'intervalle, il y a des pertes blanches.

Toucher vaginal: On trouve dans le eul-de-sac latéral droit, une petite tumeur du volume d'une noix, se prolongeant^en arrière du col, et du côté gauche une tumeur sensiblement identique, mais en avant.

Prescription. — Vésicatoire.

Le 7 novembre. La douleur a diminué.

Le 13. Il n'y a plus rien du côté droit. Du côté gauche, l'inflammation persiste, et on croirait à l'inflammation du ligament rond.

Le 23. L'examen au spéculum est possible, il y a des granulations sur la lèvre antérieure. L'utérus est fixé. Persistance de l'adéno-lymphite à gauche. Anémie de la malade.

^ Le 4 décembre. Au toucher, col gros. Au spéculum, on trouve deux reliefs sur le col, l'un sur la lèvre antérieure est plus marqué à droite, l'autre sur la lèvre postérieure, comme dans une métrite membraneuse.

Il reste encore un peu d'inflammation lymphatique à gauche.

La malade sort à peu près guérie, le 18 décembre 1876,

Obs. XV. (Hôtel-Dieu, salle St-Maurice). — Adéno-lymphile gauche.

Le 26 janvier 1877, est entrée une nommée Sarault, âgée de 24 ans, blanchisseuse, d'un tempérament lymphatique. Elle a été réglée à 17 ans' elle a des pertes blanches.

Elle est accouchée le 22 décembre dernier d'une petite fille. C'était son premier accouchement. Trois semaines après son accouchement, elle a commencé à souffrir dans l'aine gauche et celte douleur s'irradiait à la partie

antérieure de la cuisse du même côté. C'est uniquement la douleur qui la détermine à entrer à l'hôpital.

Le 27 janvier. Dans les deux fosses iliaques, à la pression, pas de sensibilité vive ; mais au niveau de l'aine gauche, dans un point correspondant au canal crural, là où la douleur spontanée se fait le plus sentir, la pression détermine une sensibilité exagérée. La main reconnaît un empâtement, en comparant avec l'aine du côté opposé.

Par le toucher vaginal, on trouve le col de l'utérus en antéversion. Le cul-de-sac latéral gauche est effacé, rempli par une tumeur du volume d'un œuf de pigeon, mais dans le grand axe, au lieu d'être transversal, est dirigé longitudinalement un peu dans la direction du ligament rond. Cette tumeur est comprise entre deux doigts, lorsque l'on combine le palper aldominal avec le toucher vaginal. On a affaire à une adénite.

L'exploration dans le cul-de-sac gauche est très-pénible pour la malade. Traitement, purgatif, vésicaloire au-dessus du pli de l'aine.

Le 28. Toucher vaginal pratiqué malgré le vésicatoire. Diminution de la douleur locale et modification de la consistance qui est plus molle.

Les jours suivants, la température est de 38o6 à 38°9 le malin, et le soir la température monte jusqu'à 39°6. Le pouls donne 104 pulsations.

Le 2 février. Constipation opiniâtre, une bouteille d'eau de Sedlilz. La malade est tombée dans une anémie profonde. La face et pâle, décolorée et amaigrie. La malade a perdu ses forces et son appétit. Les sommets du poumon auscultés ne présentent rien d'anormal. Il existe un bruit de souffle anémique à la pointe du cœur.

Le 6. On pratique le toucher vaginal ; la tumeur persiste du côté gauche, mais est à peu près indolore; sa consistance à un peu diminué, elle est plus molle.

Le 7. La fièvre est tombée, mais les forces ne reviennent pas. Prescriptions, V. qq, vin de Bagnols.

Le 9. Au toucher vaginal. Diminution notable du volume de l'adénoymphite. Par la palpation aldominale, la main ne retrouve plus l'empàtemenl que l'on sentait dans la région inguinale.

Le 13. Conjonctivite de l'œil gauche.

Le 22. La malade est encore dans le service, mais en voie de guérison.

Obs. XVL -- (Hôpital temporaire, service de M. Grancher, lit n° 11, salle Saint-Julien). — Métrite du col avec granulation. Cautérisation au nitrate d'argent. Adéno-lymphile du côté gauche. Résolution (observation prise grâce à l'obligeance de mon collègue M. Faisans).

Le 29 octobre 1876, est entrée une nommée Lémenl, âgée de 26 ans, cuisinière, d'un tempérament assez robuste.

Réglée à 13 ans, elle a toujours eu ses époques avec régularité. Depuis un an, elle se plaint de leucorrhée, de pertes blanches abondantes. Elle a eu, il y a trois ans, un enfant qui est vivant et n'a jamais eu de fausse couche. Elle entre à l'hôpital pour quelques douleurs du ventre, et parce quelle a des règles plus abondantes que d'habitude. Ces pertes de sang abondantes ont déjà duré dix jours. La perte est séro-sanguinolente, absolument liquide, pas de caillots.

Ce qui l'a déterminée encore à entrer à l'hôpital, c'est la présence dans les selles de progloltis de tœnia.

A son entrée, on lui administre 20 grammes de kousso. Le tœnia a été rendu ;

Le 2 janvier, la malade souffre en urinant ; douleurs vives dans les reins, et surtout au niveau de l'aine gauche et du canal crural. Cette douleur augmente lorsque la malade fait des mouvements. Empâtements au niveau du canal crural perceptible par la palpalion.

Au toucher, col gros, exulcéré avec quelques granulations sur la lèvre aniérieure et du côté gauche. Les pertes de sang ont cessé.

Dans le cul-de-sac gauche, douleur très-vive lorsqu'on appuie dans ce point. Empâtement dans ce cul-de-sac qui est plus bas que celui du côté opposé. Le doigt y sent une tumeur du volume d'une petite noix, très-isolée et mobile.

Au spéculum, col exulcéré, pas de blennorrhagie. Cautérisation au nitrate d'argent.

Le 12. La douleur hypogastrique est moindre, au lieu d'un ganglion isolé et mobile, il n'existe aujourd'hui qu'un empâtement aplati à gauche La malade éprouve une forte douleur au pli de l'aine gauche, lorsqu'on appuie avec une main et qu'on resserre l'engorgement ganglionnaire, entre la main appliquée sur le doigt, et l'index de l'autre main pratiquant le toucher dans le cul-de-sac vaginal.

L'empâtement .< e continue directement avec le canal crural; constipation • bols fécaux dans le rectum ; un bain. '

Le 22. Le toucher ne révèle plus rien dans les culs-de-sac, un peu plus de résistance à gauche. 11 ne reste plus de saillie appréciable dans la région ho -inguinale. La malade n'accuse qu'un peu de sensibilité, lorsqu'elle se ève.

Obs. XVIL - (Adéno-lymphite péri-utérine double; utérus en rétroflexionretraction et effacement des culs-de-sac, salle Saint- Maurice, lit n" U ' ^^Graland, âgée de 28 ans, domestique, est entrée à l'hôpital le 19 avril

Elle a eu ses règles le 23 mars. Elle souffre dans le ventre depuis cinu semâmes. Un médecin lui a déjà fait appliquer trois vésicatoires suî l'abT

men. La veille, elle a eu envie de vomir, les douleurs s'irradient dans l'aine et elle est obligée de garder le lit,

A son entrée, en combinant le toucher vaginal et la palpation, on trouve dans le cul-de-sac droit, une tumeur remontant à 2 centimètres et demi environ au-dessus du pubis. Elle paraît en partant de l'utérus décrire une courbe à convexité inférieure et externe, pour venir au bord interne du psoas vers le détroit supérieur. Les parois du ventre sont excessivement souples, en sorte qu'on trouve par la palpation, au-dessus du ligament de Fallope, la saillie que forme cette tumeur, comme si on l'avait sur une table.

Dans le cul-de-sac latéral gauche, il existe une autre tumeur qui se dirige vers le trou sous-pubien, et semble formé par un soulèvement du pétoine au moyen d'un pli sous-séreux. C'est une lame épaisse, plane lorsqu'on la touche de champ et offrant à son milieu une saillie, M. Alph. Guérin se demande si dans le cas ci-dessus on n'a pas affaire à des lymphatiques dont les uns se dirigent en haut et en avant, et les autres en arrière et qui sont modifiés par l'inflammation.

11 n'y a en effet aucun des signes de la pelvi-péritonite. On ne saurait hésiter qu'entre un phlegmon du ligament large et une adéno-lymphite. Or, ces deux tumeurs ne peuvent être dérangées ; si elles étaient dans le ligament large, leur bord supérieur devrait être mobile. Prescriptions, 30 grammes d'huile de ricin. Vésicatoire sur l'hypogaslre.

Le 21. La tumeur du côté droit a presque disparu, et du côté gauche son volume a diminué, elle n'est pas fluctuante. La tumeur qui est fusiforme est encore grosse au milieu, comme une petite noix. Un seul vésicatoire a été appliqué. La malade a eu ces derniers jours des selles diarrhéiques que l'on n'a pas examinées, si bien que l'on ne peut pas dire si la tumeur du côté droit ne s'est pas évacué par le rectum avec les garde-robes.

Le 5 mai, à droite, il n'y a plus rien à gauche, la tumeur qui persiste est presque de champ, très-éloignée du crural et le plan de l'utérus se continue un peu du côté gauche. Le col de l'utérus est porté à droite et en avant. L'utérus est en rétroflexion.

Le 10. La tumeur correspond du côté gauche à l'échancrure sciatique. Elle est située au-dessous du corps de l'utérus, lorsque la malade est couchée. Constipation. La malade souffre quand elle va à la selle. Prescriptions, 30 grammes d'huile de ricin.

Le 15. M. Alph. Guérin en pratiquant le toucher vaginal constate une diminution dans la tumeur située du côté gauche. C'est bien un ganglion enflammé que l'on sent sous le doigt. Le corps de l'utérus est petit, le co^ assez gros. *

Le 17. La constipation n'a pas cessé, et la palpation de la fosse iliaque du du côté gauche dessine l'S iliaque rempli de matières fécales.

Le 13. Le cul-de-sac vaginal droit est effacé. Il existe des adhérences qu fixent l'utérus de ce côté, probablement à cause de la rétraction. Du côté gauche, le cul-de-sac est large, il n'y a plus de ganglion.

Le 26. La nialade va sortir de l'hôpitaL M. Alphonse Guérin, fait remarquer qu'à gauche, en combinant le palper abdominal avec le toucher vaginal, on sent l'ovaire qui forme une pntito saillie mobile.

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