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habituelle, céphalalgie fréquente. Depuis quelque temps éruption prurigineuse généralisée.
Urine d’un jaune rouge foncé, tachant fortement le linge en jaune verdâtre. Dès les premiers jours, on note le soir un certain mouvement fébrile avec sueurs pendant, une partie de la nuit.
Le 18 juillet, on applique un large vésicatoire sur l’hypochondre droit.
Jusqu’à la fin de juillet, mênie état. Toutefois, la fièvre a augmenté insensiblement, et vers le 30 juillet elle atteint, le soir, 39,4, il y a des frissons et des sueurs profuses. Anorexie complète. On administre le sulfate de quinine.
Vers le 6 août, la fièvre a complètement disparu, Tictère a diminué, l’appétit revient. La tuméfaction hépatique semble un peu moins tendue. Les douleurs assez vives qui s’étaient produites dans l’hypochondre droit ont presque totalement cessé. Le malade se-sent mieux et quitte l’hôpital le 13 août.
Au commencement de 1875 il revient à l’hôpital Cochin, son état est à peu près le même. Après quelque temps il demande à sortir. En juin 1875 il est à l’hôpilal de la Charité, dans le service du D r Bourdon.
Il présente le même ictère, le même développement du foie sans , ascite.
Obs. XV (Hayem, Bulletin de la Société anatomiquejr'séance du 4 juin 1878).
B... (Louis), âgé de 39 ans, journalier, entre, le 22 décembrel874, dans le service de clinique médicale de la Charité, salle Saint-Jeande-Dieu, n° 26.
Ce malade resta en France jusqu’en 1867, époqiié à laquelle il fut envoyé en garnison à Blidah (Algérie).
Jusqu’alors il avait toujours eu une bonne santé ; cependant il eut en 1861 un chancre, dont on trouve encore les traces sur la verge, et un bubon dans l’aine, bubon qui, au dire du malade, ne suppura pas. A cette époque, le malade fut soumis pendant quelque temps à un traitement antisyphilitique.
Peu de temps après son arrivée en Afrique, il fut atteint de fièvre intermittente tierce pendant environ un mois. La fièvre céda assez rapidement au sulfate de quinine ; mais, pendant deux ans, elle eut de la tendance à reparaître. Peu de temps après les premiers accès de fièvre, il survint de Tictère., qui, depuis, n’aurait jamais complète-
ment disparu. Le début en fut brusque et s’accompagna de douleurs dans le ventre, particulièrement du côté du foie et de la rate. Le ventre augmente de volume, l’appétit diminue, et les digestions deviennent difficiles. Malgré ces accidents, le malade put continuer à faire son service, et il séjourna en Afrique environ trois ans.
Quand éclata la guerre avec la Prusse, les troupes d’Afrique furent rappelées en France, et le malade fut au nombre des soldats qui supportèrent le siège de Metz.
Pendant toute la durée du siège, malgré la persistance de l’ictère, sa santé se maintint dans un état relativement assez bon. Cependant il éprouvait de temps en temps de violentes douleurs dans la région du foie. A la capitulation de Metz, le malade, fait prisonnier, fut envoyé en Allemagne, dans ,1a Haute-Silésie, et placé dans un hôpital, où il fut, dit-il, très-mal soigné et surtout fort mal nourri. On lui fit, prendre cependant pendant quelque temps du sulfate de quinine.
Après'la guerre, il revint en France et fut envoyé en grrnison à Nantes, puis à Rouen. Là, il entra à l’hôpital, et, quand vint la bonne saison, il fut envové à Vichy, où il passa un mois et demi.
Chaque jour, il buvait de l’eau de la « Grande-Grille » et prenait des douches dirigées sur le ventre. Ce traitement provoqua des douleurs dans la région hépatique et n’amena pas d’amélioration notable.
Au mois d’août 1873, après avoir fait quatorze ans de service, il voulut encore rester militaire; mais il fut remercié pour cause de santé, et il alla passer quelque temps dans sa famille. Il a encore sa mère et une sœur qui se portent bien.
L’année dernière il vint travailler à Palaiseau à la construction du nouveau fort, et il fut souvent obligé d’interrompre son travail à cause des douleurs qu’il ressentait dans l’abdomen, toujours dans la région du foie.
De plus, il éprouvait de la dyspnée et les douleurs s’aggravaient dès qu’il se livrait à un exercice un peu violent. C’est alors , que voyant son état empirer tous les jours, il résolut d’entrer à l’hôpital.
22 décembre 1874. On constate les phénomènes suivants : teinte ictérique de moyenne intensité, amaigrissement sensible survenu récemment. Les jambes ne sont pas œdématiées, cependant, depuis plusieurs jours, elles présenteraient un peu d’enflure lorsque le malade reste debout pendant quelque temps.
Sur la peau du tronc et des membres, on trouve la trace d’une éruption qui est survenue au mois de juillet dernier et qui a guéri sans traitement.
Ce sont des taches arrondies, blanches, et à peine déprimées au centre, entourées d’une auréole brunâtre. Ces cicatrices sont au nombre d’une trentaine sur tout le corps, paraissent, d’après la description du malade, se rapporter à une éruption ecthymateuse (?). i
Le ventre est tendu, dur et un peu douloureux au niveau de l’hypochondre droit et de la région épigastrique. A la palpation on sent le foie débordant le rebord des fausses côtes ; il descend jusqu’à deux travers de doigt de l’ombilic ; sa surface paraît très-dure, lisse, non bosselée; il est un peu sensible à la pression.
La rate forme également une tumeur dure, arrondie, facile à sentir, elle présente environ 12 centimètrès de matité en hauteur.
Pas d’ascite, mais quelques veines dilatées sur la partie la térale droite de l’abdomen et à la base de la poitrine.
Les urines sont fortement colorées, couleur acajou, peu abondantes; elles laissent déposer une matière boueuse, épaisse, et ne contiennent que des traces de matière colorante de la bile. L’appétit est considérablement diminué, et le malade conserve un dégoût opiniâtre pour la viande. La langue est rouge, il en est de mêmedes lèvres et des parois buccales ; le bord des gencives présente un liséré bleuâtre, légèrement ulcéré au niveau des incisives; l’haleine est fétide, les digestions sont difficiles, depuis quelques mois. Pas de vomissements, constipation habituelle, jamais de diarrhée. Les selles ontune couleur foncée, elles n’ont jamais été décolorées. L’auscultation des poumons ne fournit que des signes négatifs. Le pouls est régulier, le cœur a un volume normal ; à l’auscultation on entend un bruit do souffle net, mais peu rude, au premier temps et à la pointe.
Prescription. — Dans l’hypothèse d’une affection syphilitique du foie, on prescrit deux cuillerées à bouche de sirop de Gibert.
2 janvier 1875. Sous l’influence du traitement anti-syphilitique, l’état du malade s’est amélioré. Le ventre est moins tendu, les parois abdominales sont plus souples, les douleurs péri-hépatiques ont presque disparu et le foie a diminué dé volume. La rate est toujours notablement hypertrophiée. Cependant l’ictère reste aussi intense.
Le 4. Le malade accuse de violentes douleurs dans la région hépatique, douleurs qui l’ont empêché de dormir. Quant aux autres symptômes, il sont toujours à peu près les mêmes.
Le 6. Le malade se trouve un peu. mieux depuis deux jours, les coliques ont disparu. Les parois du ventre sont moins tendues, plus souples, mais le foie est toujours douloureux à la palpation. Après avoir rapidement diminué de volume, il reste maintenant dans un
état stationnaire. La rate est encore très-hypertrophiée. Les urines présentent toujours les mêmes caractères. L’appétit n’augmente pas, même dégoût pour la viande.
Le 8. Le malade se plaint de coliques et de douleurs dans la région hépatique, douleurs qu’il attribue à la suppression du traitement anti-syphilitique (depuis deux jours on a suspendu le sirop de Gibert).
Le 12. On reprend le sirop de Gibert eL on prescrit des bains alcalins. La teinte ictérique est moins marquée ; l’état général reste cependant le même. Potion avec 4 grammes de chlorate de potasse.
Le 15. Le malade dit que le bain alcalin l’a soulagé et a diminué ses coliques.
Le 21. Depuis le 15 janvier, le malade n’a rien présenté qui mérite la peine d’être signalé. Il a eu ce matin une épistaxis (un tiers de crachoir environ.), •$ -
Le 22. L’épistaxis a reparu, mais cette fois moins abondante.
Le 24.' Le foie est toujours très-volumineux et fait une saillie trèsprononcée dans l’abdomen. Sur une ligne allant du mamelon à l’épine iliaque antérieure et supérieure, l’organe s’étend encore dans une étendue de 22 centimètres. Sur une autre allant du sternum à l’ombilic, on trouve de la matité sur une largeur de 9 centimètres. La rate est toujours très-volumineuse et déborde les fausses côtes en avant.® L’ictère est peut-être un peu moins marqué qu’à l’en.trée du malade. Le bruit de souffle persiste au cœur, ayant son maximum à la pointe et au premier temps. L’appétit est toujours à peu près nul, le dégoût pour la viande persiste. Les urines sont peu abondantes et d’une couleur acajou très-prononcée. On ne constate ni ascite ni œdème des membres inférieurs. On remplace le sirop de Gibert par 1 gr. 50 d’iodure de potassium, bains alcalins.
Le 26. Les parois de l’abdomen sont plus Souples^ et le foie a considérablement diminué de volume depuis que le malade prend de l’iodure de potassium.
Le foie qui, à l’arrivée du malade, descendait jusqu’à un travers de doigt au-dessous de l’ombilic, est remonté à peu près à 6 centimètres au-dessus de l’ombilic, il ne déborde plus les côtes que de deux travers de doigt.
Le 29. Le foie diminue toujours; le ventre devient de moins en moins tendu. L’appétit est toujours nul. Les urines de couleur acajou sont peu abondantes. Le bruit de souffle persiste à la pointe.
Le 1 er février. Le malade se plaint de légères coliques dans l’abdo- . Hanot. , 19
men , cependant le volume du foie diminue tous les jours, mars celui de la rate persiste.
Le 2. L’appétit ne revient pas, la muqueuse buccale a toujours sa couleur framboisée, les dents déchaussées sont recouvertes d'un enduit assez épais.
Le 10. L’état du malade est à peu près, le même, on applique un large emplâtre de Vigo sur la région hépatique. Gel emplâtre se détache au bout de cinq jours, après avoir déterminé une irritation assez vive de la peau. Le foie semble s’être encore un peu rétracté. L’appétit est loujours nul.
Le 20, le malade se plaint d’un peu de mal de; gorge, cependant l’examen du pharynx ne fait rien constater d’anormal.
Le 21, la lèvre, supérieure est légèrement tuméfiée, et sur l’aile du nez, du côté gauche, apparaît: un point rouge.
Le 22, la rougeur a gagné le nez dans toute son étendue ; elle est nettement limitée, La,peau du nez est tendue, tuméfiée, et présente nettement les caractères de l'érysipèle. Le malade éprouve une violente céphalalgie. Le mal de gorge est peu intense, la chaleur peu élevée, la fièvre modérée.
Le 23, la rougeur augmente d’une manière uniforme des deux côtés de la face; lés joues commencent à se prendre, ainsi que les paupières ; 1^ face a un aspect bouffi ; la lèvre supérieure, le nez et les parties adjacentes sont tuméfiées et très-rouges. 4 gr. extr. mou de quinquina, axonge sur la face.
Le 24, l’érysipèle suit sa marche envahissante ; le fronl commence à s’enflammer. Les douleurs frontales sont très-vives et s’exaspèrent par la toux et les vomissements. Les douleurs dans la région du foie ont disparu, ou du moins sont bien moins vives.
Le 25, l’érysipèle se limite; la rougeur diminue, cependant les douleurs de tête sont toujours très-vives.
. Le 26, l’érysipèle, gagne le cuir chevelu et y détermine une sensibilité très-vive. La fièvre est intense et redouble vers le soir en s’accompagnant de délire. La température atteint 40’ ; cependant, du côté- de la face, l’inflammation diminue.
Le 2.7, amélioration de l’état local. La face n’est plus tuméfiée; les parties qui ont été le siège de l’érysipèle sont d’un rouge violacé ou bleuâtre,, et la peau de ces partips.est le siège d’une desquamation par lambeaux,aesez : larges ;; te cuir chevelmest: encore gonflé et douloureux. L’appétit est nul ; le. malade n’accuse plus de douleurs.du côté du foie.
La 28, le malade va mieux. Tout est rentré dans l’ordre.
Le 2 mars, la face de porte plus l’empreinte de l'érysipèle ; il ne reste plus qu’une desquamation partielle. Le foie diminue toujours de volume.
Le 4, la phlegmasie cutanée récidive et reparaît au niveau des ailes du ne/, où la peau est rougie, gonflée, tendue, douloureuse. Le malade se plaint d’un léger mal de gorge.
Le 5, l’érysipèle gagne, et s’étend vers le front, qui est tuméfié et le siège de violentes douleurs, s’exagérant par la pression et les mouvements.
La tuméfaction de la face est à peu près passée, mais, en revanche, l’( rysipèle progresse toujours du côté des temporaux et des pariétaux, au niveau desquels les douleurs sont très-vives. Le malade est un peu agité. La fièvre est intense, le pouls large, plein ; la tempépérature atteint 39°.
Le 6, les douleurs se font sentir dans la région occipitale et rendent le sommeil impossible. L’état fébrile est toujours le même.
Le 8, l’érysipèle semble s’arrêter, l’inflammation diminue, les douleurs occipitales existent encore, l’oreille droite est encore tuméfiée. On reprend l’iodure de potassium à la dose de 1 gr.
Le 9. Le malade se sent mieux, la peau est moins chaude, le pouls moins fréquent.
Le 10. L’érysipèle a complètement disparu. La face ne porte plus que les dernières traces consistant en petites lamelles cutanées qui se détachent çà et là.
Le 11. L’état du malade reste le même, l’appétit semble revenir un peu.
Le 12. Le malade appelle l’attention sur un nouveau phénomène. Le ventre qui n’était resté gros que dans la région hépatique, se développe d’une manière uniforme. Pas de fluctuation.
Le 13. Le ventre augmente ; à la percussion ontrouvede la matité au niveau des parties les plus déclives. La fluctuation n’est pas trèsévidente. Iodure de potassium, 1 gr. 50.
Le 15. Météorisme plus marqué; pas diascite. L’état général est plus mauvais depuis un mois. Le malade ne mange presque pas, les digestions sont difficiles; insomnie persistante; l’amaigrissement fait des progrès, notables depuis quelque temps. Iodure de potassium, 2 grammes.
Le 27. On prescrit de nouveau un emplâtre de Yigo cum. mercurio sur la région abdominale et hypogastrique.
Le 14 avril. L’ascite est devenue manifeste. Le ventre a actuellé-ment une forme globuleuse bien accentuée. La fluctuation n’est point en rapport avec la distension des parois abdominales, qui est due surtoutau météorisme. Depuis trois jours, les urines sont moins abondantes. Elles sont toujours d’une coloration ronge foncé, d’une forte densité, laissant déposer des sels au fond du vase. La rate est toujours très-volumineuse. On ne saurait, à cause du volume du ventre, délimiter exactement les dimensions du foie ; l’appétit est toujours nul. Le malade maigrit de plus en plus. La coloration dos téguments en jaune persiste toujours.
Le diaphragme est refoulé dans le thorax et rend la respiration difficile. Cependant rien à noter à l’examen des poumons.
Le 20. Hier, vers trois heures du soir, le malade fut pris de dyspnée . intense ; il était en proie à une anxiété très-grande. Des ventouses sèches appliquées sur la base du thorax firent disparaître cette dyspnée. Le malade n’a pas reposé delà nuit. Il a été pris dans la nuit de vomissements bilieux, liquides verdâtres et d’une diarrhée abondante, caractérisée par des selles séreuses complètement liquides:
A la visite, le malade est un peu mieux, mais très-faible. La percussion révèle de la .submatité dans la fosse soüs-épineuse droite. A l’auscultation, on entend à ce niveau une respiration rude et un peu soufflante, mais rien qui soit capable d’expliquer la dyspnée. La mensuration du ventre ne permet pas de constater une augmentation manifeste. Potion de Todd, avec extrait de quinquina.
Le 23. Dyspnée persistante et insomnie. Mêmes signes à la percussion. A l’auscultation, râles sonores disséminés dans les deux poumons, plus abondants à droite. Les crachats sont blanchâtres, un peu visqueux, mêlés avec quelques stries de sang pur.
Le 23. On trouve toujours de la submatité au niveau de la partie moyenne du poumon droit. Dans l’étendue des deux poumons, râles sous-crépitants et râles sibilants et ronflants. Potion de Todd avec extrait de quiquina, vin diurétique, 50 gr.
Le 17. Mêmes crachats. Les veines des parois abdominales sont dilatées depuis quelques jours ; elles sont très-apparentes, surtout â la partie inférieure du thorax et autour de l’ombilic.
Le ventre très-distendu refoule le diaphragme et avec lui le poumon; il en résulte une dyspnée considérable. Pour soulager le malade, on pratique la paracentèse abdominale au lieu d’élection. On retire ainsi de l’abdomen 4 litres 700 c. d’un liquide jaune verdâtre conte-
liant de l’albumine et de la matière colorante de labile. Mêmes signes du côté de l’appareil respiratoire.
2 mai. Amélioration sensible, la congestion pulmonaire a presque complètement disparu ; l’expectoration est presque nulle.
Le 3. Le malade a été très-agité et a voulu quitter l’hôpital ; parsuite, il a marché beaucoup dans la journée, et son ventre a repris le volume qu’il avait le 27 avril au matin avant la ponction. La dyspnée a reparu de nouveau. La prcussion révèle toujours un peu de subnîatité vers le milieu du poumon droit.
A l’auscultation, on entend des râles disséminés dans l’étendue des deux poumons. Le malade a des crachats visqueux , mêlés avec des crachats liquides et des stries de sang.
Il n’y a pas de lésions graves, on ne rencontre que les signes d'une congestion hypostatique.
Depuis plusieurs jours, la lèvre inférieure du malade est recouverte de caillots sanguins peu abondants, adhérents à la moustache ; la présence de c j sang attire l’attention du côté du nez. On constate alors pour la première fois une perforation du cartilage de la cloison, dont le malade ne soupçonnait pas l’existence, et qui a sans doute été le point de départ des poussées érysipélateuses précédentes. Cette perforation a une forme elliptique, elle est taillée régulièrement comme à l’emporte-pièce et assez grande pour qu’on puisse y introduire l’extrémité de l’index.
Son bord paraît partout recouvert par la muqueuse, qui est dure, rouge, épaissie, mais lisse. La rougeur de la pituitaire s’étend aussi loin qu’il est possible de voir dans l’intérieur des fosses nasales sans l’emploi du spéculum.
Le 4, la congestion pulmonaire paraît moins intense et les crachats sont moins abondants. Même traitement et de plus, frictions sur l’abdomen avec du baume tranquille.
Le 6. Réapparition des signes de congestion pulmonaire. La dyspnée .est intense et les crachats abondants. Le malade éprouve quelques douleurs abdominales qui sont exagérées par la pression.
Le 12. Les crachats du malade contiennent des stries de sang pur.
Le 13. Les crachats sont plus abondants, d’un jaune verdâtre, moins visqueux, et ne contiennent aucune trace de sang. Nouvelle poussée érysipélateuse sur les parties antérieures et latérales du nez.
Le 14. L’érvsipële ne s’est point étendu ; il pâlit un peu. Une seconde ponction abdominale donne issue à une quantité de liquide un peu moindre que la première, il n’y en a pas 4 litres; ce liquide est
rouge verdâtre, plus foncé que la première fois ; il contient de l’albumine, du sang et de la matière colorante de la bile.
Le 15. Desquamation de toute la partie du nez. On constate une rougeur assez étendue au niveau du sacrum, avec eschare très-limitée au milieu de ces parties enflammées.
Le 17. L’état du malade est un peu amélioré, il me tousse plus, il se smt plus de force ét semble avoir un peu plus d’appétit. — Iodure de potassium, 1 gr.
Le 20. L’état d’amélioration semble continuer. — Iodure de potassium, 1 gr.20.
Le 22. Le malade est très-faible, les jambes et le scrotum sont œdématiés.
Le 24. Le gonflement œdémateux des. jambes et du scrotum s’accroît. Le malade est atteint de hoquet, à intervalles assez éloignés.
Le 25. Les intervalles pendant lesquels se produit le hoquet se rapprochent de plus en plus.
Le 26. Le hoquet est continu.
Le 27. Le malade meurt à 8 heures du matin.
Autopsie faite le 28 mai,- 24 heures après la mort.
Uabdomen contient environ 5 litres de liquide jaune verdâtre. Le feuillet pariétal du péritoine est recouvert dans presque toute son étendue par une néo-membrane assez épaisse et assez facile à détacher par larges lambeaux. Cette néo-membrane est rouge, rosée ou lie de vin ; elle est extrêmement vasculaire et infiltrée çà et là de suffusions sanguines. Elle contient dans son épaisseur des amas irrégulièrement disséminés de petits grains saillants, d’un blanc jaunâtre, qui ressemblent beaucoup à de petits tubercules jaunes.
Sur îeh anses intestinales, on trouve également quelques néo-membranes vasculaires,: sous forme de petites plaques ou stries, faciles à détacher et plus minces que la néo-membrane pariétale. Il n’existe pas d’adbérencéâ entre les anses intestinales ; on ne trouve entre elles qu’un peu de liquide visqueux et des flocons blanchâtres.
Le. grand épiploon 'est remarquablement rétracté; il forme audevant du côlon Irons verso une sorte de masse allongée, épaisse, brunâtre et friable. L’épiploon gastro-hépatique est également trèsépais, particulièrement au niveau du col de la vésicule; il ne contient pas de ganglions tuméfiés.
Après rouvertui’e du duodénum, qui est rempli d’un liquide jaune verdâtre, une pression assez forte exercée sur la vésicule biliaire fait.
sortir une partie de. son contenu. G’est un liquide muqueux, peu abondant, à peine un peu verdâtre. Le pancréas est d’un volume à peu près normal, mais son tissu est dur et crie sous le scalpel.
Le foie est très-volumineux, lourd ; et il pèse 2 kilo». 500. Sa surface est recouverte de quelques néo-membranes comme le reste du péritoine; mois il n’y a pas d’adhérence avec les parties voisines. La capsule de Glisson, très-épaissie, offre de grandes plaques ou bandes blanchâtres irrégulièrement distribuées. La surface du foie est par places mamelonnée et granuleuse^ et les saillies ou grains d’une couleur brunâtre ou rouge tranchent nettement sur la couleur jaune ardoisée de l’organe. Il n’y a ni sillons, ni aspect lobulé. La consistance du foie est partout considérable; elle n’est pas égale dans tous les points; en général, elle rappelle celle du fibrome ; mais Çà cl là elle est presque aussi grande que celle du flbro-cartilage. ;
Les coupes offrent un aspect particulier bien digne de remarque. Sur un fond blanc grisâtrë ou jaunâtre, uni, lisse, dur, brillant, d’aspect sclérotidien, se dessinent'des taches d’une coloration trèsvariable. Rares et petites dans les points les plus scléreux; plus volumineuses et plus confluentes dans les points relativement moins altérés/ces taches répondent, à n’en pas douter, aux lobules hépatiques plus ou moins modifiés. ■
Quelques-uns de ces lobules sont jaune-verdâtre et rappellent la couleur du foie graisseux ; d’autres sont verdâtres comme dans le foie iclérique ; d’autres encore sont ou brunâtres comme, s’ils étaient fortement congestionnés, on infiltrés de pigment sanguin. La forme et les dimensions de ces taches sont très-variables, leur groupement à lieu d’une manière inégale par petits amas ou bouquets, 630 gr, dans la capsule, plaques et îlots.scléreux, blanchâtres ; â la coupe, tissu mou rappelant celui de la rate typhoïde ; il n’y a ni tractus conjonctifs-épaissis, ni tuméfaction appréciable des corpuscules'. Les deux reins sont d’un volume normal. Ils contiennent tous les deux un assez grand nombre de petits abcès disséminés surtout dans la substance corticale. Le plus gros de Ces abcès a environ le volume d’un gros pois. Quelques-uns sont si superficiels qu'iB'â’ô déchirent pendant la cortication et laissenMehapper une gouttelette de pus. Autour des abcès, la substance rénale est un peu congestionnée; mais, dans l’intervalle, elle paraît complètement saine.
Quant aux parties scléreuses, elles représentent des plaques ou traînées- tout à fait inégales- et- irrégulières dont ta disposition et la
forme échappent à toute description. On ne trouve nulle part, ni brides rétractées, ni tumeurs, ni canaux biliaires, visibles à l’œil nu.
La rate est volumineuse, régulièrement hypertrophiée.
Le cœur est normal ; l’aorte est parsemée de quelques plaques athéromateuses peu saillantes et non ulcérées.
La plèvre est intacte.
Les poumons sont rouges et crépitants dans toute leur étendue, sauf au niveau de la partie moyenne et inférieure du poumon droit, où l’on trouve les caractères de la congestion chronique.
La surface de l’encéphale est lisse. L’arachnoïde et la pie-mère ne sont pas épaissies ; mais çà et là, le long des vaisseaux surtout, et au niveau des scissures sylviennes, du chiasma des nerfs optiques et de la protubérance, existe une infiltration de pus jaunâtre dans les mailles de la pie-mère. Le tissu cérébral est un peu mou et œdémateux en certains points de la surface, et particulièrement au niveau de la voûte à trois piliers et du corps calleux. Les artères de la base sont saines et libres; l’examen le plus attentif ne fait découvrir aucun tubercule au niveau des infiltrations purulentes.
L’estomac et l’intestin n’ont pas été examinés.
La pituitaire est rouge, épaissie, lisse' dans toute l’étendue des fosses nasales. Au niveau de la perforation du cartilage de la cloison, elle est indurée, mais ni granuleuse, ni ulcérée.
Ce trou, fait comme à l’emporte-pièce, a un bord mince un peu tranchant, recouvert par la muqueuse, sauf en un point très-circonscrit, où le cartilage est dénudé. Le cartilage et le vomer sont un peu rouges, mais, en apparence, fort peu altérés.
Examen microscopique .— Reins. — Les abcès du rein contiennent du pus phlegmoneux, bien franc ; il ne s’agit certainement pas de tubercules ou de gommes en voie de ramollissement.
Néo-membranes .— Les petits grains jaunes des néo-membranes ne s’affaissent pas quand on les pique; ils résistent même assez fortement aux aiguilles à dilacérer. A un faible grossissement, ils forment de petites masses arrondies, nettement délimitées, constituées par des leucocytes pressés les uns contre les autres. Par la dilacération, on n’y retrouve que des globules blancs, et l’on isole en même temps quelques-unes des grosses Cellules plates qui forment en grande partie la néo-membrane. Ces petits grains jaunâtres sont donc probablement de petits abcès, dans lesquels le pus n’est pas encore complètement collecté ; il serait difficile de les considérer
comme des tubercules et encore moins comme de petites productions gommeuses.
Foie. — Des coupes faites après durcissement dans l’acide picrique et l’alcool, puis colorées à l’aide du picro-earmin, et montées dans la glycérine, laissent voir des particularités fort complexes et très-intéressantes. Nous n’indiquerons ici que les principales.
En examinant les coupes à un faible grossissement, au lieu de voir comme à l’état normal des acini séparés par de mincés trac tu s conjonctifs renflés au niveau des vaisseaux, on aperçoit une sorte de tissu conjonctif plus ou moins dense qui supporte quelques amas cellulaires. Cette trame conjonctive on fibroïde comprend deux parties distinctes ; l’une appartient aux prolongements de la capsule de Glisson, l’autre est une modification de la charpente conjonctive des acini eux-mêmes.
Les prolongements de la capsule de Glisson sont considérablement hypertrophiés et forment des bandes ou tractus irréguliers, ou mêméâes plaqués qui sh confondent par leur bord avec le tissu in— tra-lol ml aire. Celui-ci est surtout bien visible à la périphérie des acini qui sont pour la plupart réduits à quelques trabécules cellulaires centraux.
Les acini se présentent aussi sous la forme d’un petit amas de cellules autour duquel règne une sorte d’anneau plus ou moins large qui se distingue en général assez nettement du tissu conjonctif extralobulaire.
Quelques acini ne possèdent plus qu’une dizaine de cellules; un petit nombre d’entre eux ne contient aucun vestige de cellules hépatiques et ne sont reconnaissables qu’à leur forme et à la présence de là veine centrale. ,
La transformation conjonctive dés acini n’a pas partout la même régularité ni la même importance; elle ne prend pas partout l’apparence d’un anneau périphérique; en quelques endroits, elle se présente sous la forme de prolongements irréguliers qui semblent partir des tractus éxtra-lobulaires et qui divisent le lobule irrégulièrement et plus ou moins complètement en petits lobules secondaires. Il résulte de celle disposition que le tissu du.foie ne contient plus qu’une quantité extrêmement petite de tissu hépatique proprement dit, :cel qui explique fort bien l’aspect fibroïde déjà si appréciable à l’œil nu.
Néanmoins la structure lobulaire est facile à reconnaître, tant à cause de la disposition trabéculaire des cellules hépatiques non Hanot. .. . . 20
encore détruites, que de l’aspect particulier du tissu conjonctif qui appartient aux acini eux-mêmes.
Toutes les parties de cette trame conjonctive sont infiltrées d’une quantité considérable de petites cellules arrondies (lymphoïdes ou embryonnaires) qui sont disposées tantôt par traînées irrégulières, tantôt par amas plus ou moins nettement arrondis. Ges amas siègent principalement dans les parties qui répondent aux prolongements de la capsule de Glisson, mais on en voit aussi un bon nombre dans la charpente qui correspond aux acini. Le tissu conjonctif hyperplasié est, en outré, parcouru par de nombreux canaux biliaires plus ou moins modifiés. Dans les tractus extra-lobulaires, ces canaux biliaires forment de riches réseaux très-élégants et très-serrés, dont les mailles extrêmement irrégulières sont èn général carrées ou rectangulaires.
On peut distinguer facilement d’après leur diamètre trois ordres de canaux : les gros, les moyens et les capillaires. Les gros canaux se voient au centre même des tractus extra-lobulaires et dans le voisinage des vaisseaux : ils sont tapissés par un épithélium cubique régulièrement diposé qui laisse une lumière plus ou moins large. Dans beaucoup d’entre eux, cette lumière est obstruée par une prolifération de cellules épithéliales et quelquefois aussi par une certaine quantité de matière granuleuse.
Les canaux moyens ont Tapparence d’une colonne épithéliale pleine
formée par deux ou trois rangées de cellules assez régulières, cubiques ou un peu rectangulaires. Enfin les canaux les plus fins sont représentés par une seule rangée de cellules plus allongées encore, d’aspect pavimenteux.
Beaucoup de ces canaux,' et particulièrement les moyens, sont monil dormes, et leur abondance, en certains points, est tout à fait remarquable, en ce sens que dans l’épaisseur d’un seul tractus on en compte souvent douze ou quinze qui sont reliés entre eux par de courtes branches anastomotiques. Quelques-uns d’entre eux sont entourés par des amas cellulaires que nous avons décrits ; mais il n’y a pas de rapport évident entre les deux lésions.
Les réseaux de canaux biliaires ^appartiennent pas exclusivement au tissu conjonctif extra-lobulaire : il en existe de semblables dans la charpente conjonctive des acini.
A ce niveau, dans la zone périphérique, rendue claire et d’une étude plus facile par la disparition des cellules hépatiques, ces réseaux comprennent dés canaux capillaires; mais dans le centre des acini,
on n’aperçoit qu’un réseau très-fin de capillaires qui se perdent au milieu des autres éléments du tissu hépatique.
Dans les points où les cellules hépatiques sont conservées, elles sont pour la plupart infiltrées de graissé et dé pigment biliaire jaune-verdâtre; quelques-unes contiennent un ou deux blocs verdâtres, foncés, comme on en trouve dans le foie ictérique.
Notons encore que les vaisseaux capillaires intra-acineux présentent dans quelques points des dilatations plus ou moins prononcées.
On retrouve, dans ce cas de cirrhose hypertrophique, des lésions des canaux biliaires tout à fait analogues à celles dont M. Corail a donné récemment la description. {Arch. de Physio., 1874. p. 265.)
PLANCHE. Fig. A (400 D.).
1. Canalicules biliaires anormalement développés, plus ou moins remplis de cellules épithéliales.— Periangiocholite.