‹ Étude sur une forme de cirrhose hypertrophique du foieChapitre 8 sur 10 · le matin, 38,5 le soir · texte numérisé non relu

le matin, 38,5 le soir

10. — Même état. Selles assez régulières ; 37,,2. le matin, 37,7 le soir. L’ascite augmente tous les jours.

12. — On ponctionne l’abdomen, le liquide augmentant toujours ; quatre litres de liquide séro-fibrineux sont enlevés.

13. —Un peu de sommeil; les urines n’ont pas augmenté; le; malade se sent beaucoup mieux.

14- La fièvre revient, quoique le malade soit plus à son aise et respire mieux. 38,4 le matin, 38,8 le soir.

15. Aujourd’hui la maladie progresse ; des hémorrhagies se font

tous côtés : épistaxis, crachements de sang, selles sanguinolentes.

amaigrissement est extrême. Décubitus dorsal. L’auscultation est impossible ; le malade râle depuis le matin ; les urines sont rares comme au début, et contiennent, le dernier jour, 14 gr. d’urée. Le malade laisse échapper involontairement des selles liquides.

6. Même état ; à midi, mort. Température de 40,2 au moment de la mort.

Autopsie faite le 17 décembre. Rigidité cadavérique très-prononcée ; les orifices des urines montrent du sang.

Dans le péritoine, on trouve une grande quantité de liquide rougi par du sang et des caillots fibrineux. Il existe des adhérences molles du péritoine pariétal avec le grand épiploon.

Ce dernier adhère entièrement et fortement au foie, en passant par-dessus l’estomac ; on le trouve remonté dans la région ombilicale, pelotonné et très-épaissi.

La surface inférieure du foie est lobulée, et le foie lui-même présente de gros mamelons dans toute son étendue, avec quelques plaques de granulations très-petites. Le tout est recouvert de produits inflammatoires qui lui donnent une couleur blanchâtre. Le tissu du oie est élastique : on ne peut pas l’enfoncer avec l’ongle ; de consistance fibreuse et de couleur jaune, il présente quelques îlots rouges.

Une injection de bleu de Prusse, faite par la veine porte, n’a pénétré que dans les gros vaisseaux et a filé par la surface du foie et par les adhérences nombreuses qu’il avait contractées avec le diaphragme. Le poumon droit est adhérent dans sa totalité ; le poumon gauche est libre. Dans la plèvre gauche se trouvent quelques cuillerées de liquide sanginolent.

Dans le lobe supérieur du poumon gauche existait un aplatissement, une atélectasie d’une bande transversale peu considérable ; et ans^ le lobe inférieur on a constaté la présence de noyaux ronds, jaunâtres, fermes, et ne laissant pas suinter de suc à la pression. Le poumon droit ne présente aucun de ces noyaux.

Le cœur est normal.

Dans l’estomac se trouvait une quantité assez considérable de sang noir; le gros intestin est normal, ainsi qhe la partie inférieure de intestin grêle ; à sa partie supérieure, du sang se trouvait en grande quantité.

La rate était très-volumineuse : 0 m ,25 de long.

Le rein gauche, mou, blanc dans la substance corticale ; le rein droit est moins anémié.

Rien à la vessie.

Les ganglions lymphatiques lombaires, situés à la région épigastrique, sont gros, durs'et rouges sur une surface de section.

A l’examen ultérieur du foie, on voit que sa surface présente des granulations saillantes, répondant à des lobules hépatiques situés au-dessous de la capsule de Glisson, très-épaissie. Ces granulations, visibles à la périphérie du foie, sont séparées par des bandes blanchâtres ou des sillons déprimés, et sur ces sillons ou bandes de tissu fibreux, on reconnaît à l’œil nu de petites végétations blanchâtres, sessiles, ayant de Ij5 à l\2 millimètre de longueur. En certains points, ces végétations papillaires sont très-rapprochées les unes des autres et trës-hombreuses. La matière à injection n’a pas pénétré dans leur intérieur et elle a filé dans les adhérences vasculaires très-nombreuses qui unissent le foie au diaphragme. Sur des préparations du foie faites à l’état frais, on voit que les cellules hépatiques sont, dans certains îlots, remplies de matière colorante biliaire, sur d’autres, de pigment sanguin.

Avec les pièces durcies dans l’alcool, on fait des sections minces qui montrent un épaississement considérable assez régulier du tissu conjonctif, de telle sorte que les bandes de ce tissu, qui séparent .les lobules, sont au moins aussilarges que le diamètre des lobules. Dans ce tissu composé de fibrilles séparant les cellules, les unes plates, les autres légèrement tuméfiées de tissu conjonctif, et des cellules embryonnaires ; il y a presque partout des canalicules biliaires très-nombreux, les autres affectant un trajet parallèle aux lignes de séparation des lobules, les autres disposés sous forme de réseau.

L’injection des vaisseaux sanguins est très-mal réussie. Quelques branches volumineuses du tissu conjonctif périlobulaire sont seules injectées. Cependant il y a par places, dans ce tissu, des vaisséaux à parois minces, très-rapprochés les uns des autres ettrès-dilatés, se rapprochant de ceux de l’observation.

Les îlots hépatiques sont généralement sphériques et bien limités ; quelques-uns sont dissociés à leur .périphérie par des bandes de tissu conjonctif. Presque tous présentent, le long ' des" vaisseaux capillaires extra-lobulaires et dans toute leur épaisseur, une grande quantité de petites cellules, une inflammation productive intra-lobulaire.

.0bs. VII (Corail, Archives de physiologie-, 1874). — Cirrhose hypertrophique avec ictère extrêmement prononcé; ascite; hémorrhagies intestinales et stomacales ; sécrétion exagérée de la bille ; autopsie'..

L... (Louis), âgé de 41 ans-, ferblantier, entre; à la Charité le 13 juin 1873, dans la salle Saint-Félix,, où il est couché au n° 6.

Pas de maladie antérieure. Ce malade-, qui a été; soldat en Afrique où il avait l’habitude.- de boire.de l’eau-de-vie, et de l’absinthe,, prenait depuis longtemps, tous les matins, un petit verre d’eau-de-vie. Il ne: s’enivrait, jamais,, nous dit-il.

Il a de. 1,'ictère, depuis- huit mois,, en même temps que, des troubles digestifs et, depuis ce temps-là, sou ventre; est, volumineux.

Etat, actuel.— Le malade est un peu amaigri, mais cependant il y a, encore de L’embonpoint et les. forces sont en parties conservées. L’ictère- est extrêmement prononcé; verdâtre., bistré. La. peau est chaude et le pouls; donne 100'pulsations, bien que la température axillaire soit seulement, de 37,2.

Le ventre est volumineux. Epanchement ascitique assez considérable ; la ligné de niveau du liquide, le. malade étant couché sur le dos, suit une courbe à concavité supérieure. passant, un peu au-dessous de L’ombilic.

Au-dessus, de cette, ligne,, la gros intestin et. l'estomac sont ballonnés. '

Le foie est très-gros, La matité du foie commence, en haut, immédiatement au-dessous du mamelon, au niveau, de la cinquième côte; Lorsque k malade est couché sur le dos, on. ne sent,pas le bord inférieur du foi-p, à cause de, la.distension des parois abdominales; mais, après, l’avoir fait coucher, sur le côté gauche,, on perçait trèsfacilement ce bord, qui déborde de deux à trois travers? de doigt les fausses côtes et qui se prolonge dans i'hypochondre gauche.

Rien de notable au, cœur. Râles vibrants et. sonores; dans les poumons. Pas d’épanchement pleurétique. Les pieds elles jambes sont œdématiés.

14 juin, — La température axillaire est à 38,2.

15 juin. — Le malade a rendu un peu. de sang par le rectum. Les matières fécales sont d’une, couleur vert foncé, cl. elles nagent, dans un liquide jaune verdâtre,, biliaire, ce. qui dénote;une hypersécrétion, et non une,rétention de là bile-.

Les urines sont très-chargées, et contiennent une grande quantité de matière colorante, biliaire : on y trouve beaucoup de cellules et

- Ml —

des cylindres hyalins colorés en jaune par la bile. Il n’y a pas d’albumine.

20 juin. — Le malade accuse on malaise plus grand que d’habitude. Le pouls est petit et fréquent, la température à 38. Pas d’appétit. Douleur abdominale. Il meurt le 21, à sept heures du soir, après avoir vomi des matières noires contenant du sang et en avoir rendu également par les selles.

Autopsie faite le 23,juin, à deux heures de T après-midi. Coloration ictérique très-fohcée. OEdème assez considérable des extrémités inférieures. La cavité péritonéale .contient .une grande quantité de sérosité teintée en jaune par la bile.. Dans ce liquide existent des flocons filamenteux jaunes de fibrine, cl, à la surface des; Intestins, on voit des filaments pseudo-membraneux également jaune ‘l’ocre. Ceux-ci, examinés dé suite au microscope se. montrent composés par du tissu conj onctif jaune et des'cellules, comme des faussés membranes'dé péritonite hyperplastiqua, le tout infiltré par du pigment biliaire et des cristaux de biliverdine.

Les intestins, non adhérents les uns avec les autres, flottent à la surface du liquide épanché, où ils forment un paquet saillant. Le grand épiploon, très-gras, remonté, forme une masse épaisse au-dessous du côlon transverse,.

Le foie est augmenté de volume, très-granuleux'à sa surface. Les granulations saillantes sont en général jaunes. Line; section du foie montre que les granulations jaunes constituées par les lobules hépatiques sont séparées par.des lignes blanches de tissu fibreux.

Le tissu hépatique est extrêmement dur et ne peut être enfoncé par le bout du doigt.

La vésicule biliaire contient de la bile qui a sa couleur normale.

La rate est très-grosse et diffluente. L estomac est normal sur presque toute son étendue, sauf en un point, ou existe une injection très-vive de la muqueuse. Le liquide qui y est contenu est de couleur brune, et il contient du sang. Ce même liquide se retrouve dans le duodénum et le jéjunum. Le gros intestin contient un liquide coloré en jaune par la bile.

Les reins sont infiltrés de matière colorante biliaire. Sur les coupes minces de la substance corticale, on voit du pigment biliaire et des cristaux de biliverdine dans 'les cêllules épithéliales desquamées d’un certain nombre de tubuli. Ces cellules et des cylindres hyalins obstruent alors la lumière de ces canaux. Il y a aussi des granulations

pigmentaires dans la trame fibreuse du rein. Les mêmes lésions s’observent dans les pyramides. ' -

Les deux poumons sont eongestionés. Le cœur est normal.

La veine porte a été injectée avec du bleu de Prusse, soluble, mais incomplètement. Dès le,début, la matière injectée passe dans la paroi de la vésicule biliaire,, dans les. .végétations fibreuses qui unissent le foie au diaphragme, et dans le tissu conjonctif nouveau qui séparé les îlots hépatiques. Toute la surface du foie s’injecte par conséquent très-facilement. Il ne paraît pas Uu premier abord y avoir de végétations fines et villeuses à la surface du foie. Un premier examen histologique du foie fait à l’état frais, montre les cellules grasses remplies de grosses gouttes de graisse; la plupart d’entre elles, lès "cellules grasses et celles qui ne le sont pas, sont infiltrées de granulations jaunes biliaires.

Le tissu conjonctif nouveau, très-épais, qui sépare les îlots hépatiques est embryonnaire, composé de cellules généralement rondes, situées dans un tissu conjonctif fîbrillaire.

La vésicule biliaire injectée présente le relief de ses plis très-vascularisés, séparés par des cavités cupuliformes présentant des vaisseaux capillaires plus petits.

L’examen du foie, fait après son durcissement dans l’alcool absolu, montre que la matière à injection a pénétré dans les vaisseaux de la périphérie des îlots et dans l’intérieur d’un certain nombre d’entre eux. Le tissu conjonctif qui, sépare les îlots est très-épais : les vaisseaux qui Te traversent sont nombreux, sinueux ; leur paroi régulière et rigide est formée par le tissu voisin ; le tissu conjonctif est surtout embryonnaire. Dans ce tissu, lorsqu’il a été coloré au carmin et traité par l’acide acétique, on voit un grand nombre de canaux biliaires avec leurs cellules colorées et caractéristiques. Les îlots sont généralement conservés dans leur forme. Dans presque tous, toutes les cellules hépatiques sont en dégénérescence graisseuse. Le tissu conjonctif intralobulaire n’est pas épaissi. Les capillaires sont complètement remplis jusqu’à la veine centrale, dans quelques-uns 'de ces îlots.

Obs. VIII(üornil, Archives de physiologie, 1874). —Cirrhose hypertrophique accompagnée d’ictère; autopsie; dégénérescence graisseuse et infiltration biliaire des cellules. hépatiques et des cellules épithéliales des canaux biliaires ; concrétions biliaires dans les canaux intralobulaires les plus fins.

Une femme âgée, couchée au n° b de la salle Sainte-Marthe (ser-

vice,de M. Empis) entra dans le courant du mois d’avril 1873. Celte malade venait à la Charité pour un ictère fébrile non accompagné de rétention de la bile.

L’affection procéda à .peu .près comme un ictère grave, sauf les hémorrhagies qui n’existaient pas, et la malade mourut avec du délire, de l’ascite et de l’œdème delà base des poumons. A l’autopsie; péritonite chronique .avec de nonibreuses adhérences, foie hypertrophié, granuleux |à sa •surface, dur cl cirrhose,,,cœur graisseux et hypertrophié, ■—congestion œdémateuse des poumons,— âthérome généralisé. (Note clinique communiquée par M. J. Renaut, interne du service.) L’examen du foie a donné les,,résulats suivants :

La surface du foie est rugueuse et granuleuse. Les granulations saillantes, cqlprées en yert, spnt en général, .assez grosses, comme un grains de chènevis ou de millet. Le foie est hypertrophié. Sur une surface de section de l’organe, on trouve aussi des îlots hépatiques de couleur généralement vert foncé, séparés les uns des autres par des bandes de tissu conjonctif blanc grisâtre, dans lequel onyvait assez bien les sections des canaux biliaires remplis de bile. Le foie résiste à l’ongle, qui ne peut, déchirer son tissu. .

Après que des fragments sont restés, d’abord dans le liquide de Millier, pu dans l’acide picrique, puis dans la; gomme ou l’alcool, on en fait des préparations pour l’examen microscopique; sur lés coupes non colorées artificiellement, on voit des bandes de tissu conjonctif adulte complet, avec fibres'de tissuconjonctif et cellules plates interposées, bandes épaisses qui séparent les îlots les uns des autres.

Dans le tissu conjonctif épais cheminent les petits canaux interlo-.» bulaires et des vaisseaux capillaires pourvus de parois assez épaisses. .

Lesîlots hépatiques.sqnt, les uns dissociés et divisés par des bandes de tissu conjonctif, les autres assez considérables pour qu’on puisse les croire complets. Tous ont la forme sphérique.

.Ces îlots s.ontle plus souvent formés dé cellules hépatiques complètement adipeuses. Les cellules hépatiques adipeuses sont là caractérisées par un protoplasma coloré en jaune par la bile et disposé en forme d’enveloppe sphérique mince pourvue d’un noyau en un point. Une goutelèttô de graisse non colorée par la bile se trouve aü centre de la première enveloppe protoplasmique. Ces cellules, infiltrées de bile etadipeuses, sont presque au contact les unes des autres, séparées seulement par des vaisseaux capillaires dont les.garois sont épaisses.

LTn grand nombre des flots hépatiques sont parsemés, lorsqu’on Hanot. 15

h î hle -rossissomo.nl, P ar des et dés points • - ■' î .)eit fonce, presquenoir sur certains îlots.

mèfrp«t ami ? ant ces -P arties a^ecun fort grossissement (300-400 diamonio ?! I ''’ UV,: ff 3 canaux droits anastomosés, composés de frag- " lc l acs complètement colorés en vert foncé, môme avec'ce g sassement, et qui paraïssêüf rêfrigèffts et durs. de~7 ° U V0U y®' Sectiotiâ ' de ' ceS'organe^, ét alors on y les PY»m; res hienune P ar01 que Pon pouvait également supposer en DPtll nant suivan t ;leur longueur. Ornait là une couche de ces d’nn nn dia P°^ S comble le seraient les'dellules pariétales

iZe TJZ re ' ** cenlr8 f^T“ P6ti ‘ b, “ de r 1 *

„.J“T a 8t " Ce T! Ü <<)s f Svliek ®i forteménf ebrôréës en vert, qu’oiiobtiques ? anS dôS -° afiaUX ’ 8U Centr ® aü pourtour des îlots hëpa-

1 »,i hairn TT* 6tre que les canaux biliaires rettiplis dë concrétions blttd!™ que nou s n'ayons pas vu de noyaux dans ces petit# de maH dd e f ! 0Ul P ° rtea Pénser qne cesont desnellulésinfiltrées piques .•? co!oranl ° et transformées en de petits 'calculs hûèrosco-

Irës 'noî!dîm ^ U T n r n V if r>i ' ri,,,bi, l ,jir0 ’ le " CaiMJbulos biliaires sont mentTT t à étudier - tcs uns sont dirigés paràllèle-

ZT T ' “ "T 0 '' 0 ' 303 l0bule ® ; l6S autres forment ™ réseau

s le tissu cirrhotique . - tous présentent des cellules cubiques co-

'ZSZIT V6rdâtre ? air P ar la ^tte coulbür'h^empêehe pas d > voir les noyaux et les granulations ptëtoplasmiquos. rtré-

^^ ét frr rie8 unes par :18 soiuti ° n ^ A

cTde aToZ e T C °T? Ur JaUne dUe à 13 bÜe ; l6S autres ’ pur ln-

sanl. 4 P0U d U0; qui accontuait la couleur en ta verdis-

Le protoplasma des cellules hépatiques graisseuses et les cellules des canaux biliaires extra-lobulaires étaient alors beaucoup plus et

t;rLeTaMét P Pr0l -T ati ?- + Iiée à ^cation marammatique ou cirriiosp paludéenne: penhepatite et perisplémte concomitantes fLan-' çereaux,Àtlas^d,anatomiepathologique.) '

(rtT;;;; Zî *Trr robU8te et d ’ habibid « s «>*#**, eo«-

üaeta en 1862, aux portesde Rome, où il montait la garde; une fièvre t i&rciv qui céda au sulfate de quinine après de deuxième accès.

Depuis lors, PL bien qu’il eût quitté Rome, sa santé èst chancelante. En 1864, il est prié d’une diarrhée tenace, pour laquelle il entre àTHôtêl-Dieu (salle- Sainte-Jeannè,' n" 17, le 27'juin). Cette diarrhée existe depuis quelques' mois : ïés‘ gârde-robés' ‘sbnt fréquentes, de cinq à six par jour j'îë^-màtiêres' rendues Sbht jaunâtres et laissent voir-des traces de sa nu. L’âbdô'meh est mëtêorisé; La rate, considérablement'hypertrophiée,'dépasse de quatre travers dé doigt le rebord costal Lé foie'déborde d’autant. Le faciès est amaigri, les traits sont tirés, la peau est sèche et jauhâtre. Le'sous-nitrate' de bismuth, administré pendant plusieurs joUfs, parvient à diminuer la fréquence des selles! mais la diàrrhéé pergiëte encore! lorsque, le 20 juillet, le malade demandé à sortir.Il échappe ainsi à notre examen, et’u’est- l’année suivante seulement qu’il est débarrassé dé sa diarrhée. Mais, peu après, il est atteint d’un ictèrév poür lequel il est traité à. l’hôpital Saint-Louis, à l’aide'du Sulfate dê quininê ét'dé l'hydrothérapie. Cet ictère ayant disparu,' ce malade mi rendit à Limoges, où il travailla comme méçon; mais l’ictère reparaissant, il rèvint à Paris et entra, cette fois; à la salle Sainte-Agnès, n° 20, où nous pûmes l’observer de nouveau.

A cette' époque, émaciation très-prononcée, atrophie des musclés du bras, peau sèche, jaunâtre, légèrement ictériqué! oedème des malléoles. Abdomen volumineux, surtout au niveau des hypochondres, ce qui le fait comparer à uu ventre' de polichinelle, Légère ascite. Le foie! volumineux, s’étend de la quatrième côte à la ligné ombilicale, à gauche, et recouvre la rate en partie. Ce dernier organe déborde de plusieurs travers de doigt et atteint prèsque à la région iliaque. Quelques glandes lymphatiques Sont hypertrophiées dans les aisselles ci dans lés aines. Les fonctions digestives s’exercent, malgré un certain degré de faiblesse de l'appétit. Les organes thoraciques-ne sont pas troublés. Cet état se continue sans 'changement appréciable, à part une légère aggravation de Ficlère.

Mais le 11 juin, la langue est 4èche, la peau est chaude, et des râles sont entendus à la Base des poumons. L’œdèmé' est plus' prononcé aux jambes, et celles-ci, comme d’ailleurs les bras! sont parsemés de petites taches rouges analogues ù des taches dé purpura. L’état fébrile diminué au bout dé quelques jours, > mais la santé de ce malade-continue a s’altérer. La teinte ictériqué acquiert une plus grande intensité.

Le 15 août, les forces ont notablement baissé; le 16 surviennent des vomissements et une diarrhée abondante qui donne lieu de

croire à une atteinte de choléra; le malade succomba je lendemain.

Autopsie. — Coloration jaune foncé de la peau et de tous Les organes. Un litre environ de sérosité' est épanché dans la cavité abdominale. Le foie mesure dans son grand diamètre 36 centimètres; dans son diamètre vertical, au niveau du lobe droit, 28 centimètres ; au niveau du lobe gauche, 19 centimètres ; en épaisseur il v a 12 centimètres. Sa lace convexe est semée de deux larges plaques d’un blanc jaunâtre, saillantes, constituées par l'épaississement de la capsule, et conséquemment formées de. tissu conjonctif. Il existe en outre, à la surface de cette capsule et du ligament suspenseur, de petites granulations analogues à des tubercules miliaires, mais en général plus termes,.et quelques dépôts pseudo-membraneux qui maintiennent le toie adhérent au diaphragme. La coloration générale de cet organe est d un gris rose pointillé de noir, marbré de rouge foncé et de vert. Sa consistance est ferme, et son tissu résiste au doigt qui le presse; sa surface extérieure comme sa surface de section est lisse et brillante, a 1 exception de quelques points où existent de. fines granulations qui rappellent jusqu’à un certain point l’état granulé du foie des buveurs. Le microscope laisse voir la trame conjonctive et les cellules hépatiques simultanément altérées. La première présente a la penpherie des lobules un épaississement notable et l’existence de jeunes cellules et de noyaux sphériques très-réfringents.'Les cellules hépatiques granuleuses renferment un pigment abondant et di-

VP.'PfiAVYlP'n t nr\l/-YT»rv

Conduits biliaires libres et très-larges ; leurs glandules en sont facilement reconnaissables à l’œil nu. La vésicule normale contient un liquide biliaire d’un vert rougeâtre et très-visqueux. La rate adhère au diaphragme par des membranes minces transparentes et vasculaires. Elle a 28 centimètres de large, 14 de haut, 6 d’épaisseur A sa surface, épaississements fibreux sous forme de plaques blanchâtres Rems volumineux, semés à leur surface de petits kyste* ero-gelatmeux Leur tissu est ferme, jaunâtre, pigmenté à la "base des pyramides. La membrane muqueuse de l’estomac présente des replis saillants, quelques légères ecchymoses et un pointillé noir au voisinage des orifices pylorique et cardiaque ; elle est, de plus, injectée, et sur quelques points on y trouve des plaques grisâtres qui lui donnent un aspect sale comme s’il avait été barbouillépar un vernis sieurs points"!^ 68 mte8lmal “ SOnt é P aissies et Pontées sur plu- La muqueuse duodénale présente une coloration verdâtre ou vio-

lacée, elle est partout pointillée de noir. Ganglions mésentériques,, pour la plupart augmentés de volume et parsemés de taches pigmentaires. Cerveau mou; les ventricules sont larges et l’épendyme offre une teinte jaunâtre.

Obs. X (Fiouppe, Bulletin de la Société anatomique, janvier-février 1874).

M..., (Victorine), domestique, 36 ans, salle Sainte-Geneviève, n° 19 (hôpital Lariboisière, service de M. Siredey).— Pas de fièvre intermittente. Pas d’antécédents syphilitiques ou alcooliques. Santé parfaite jusqu’à la fin de l'année 1871, époque à laquelle survint de l’ictère, une perte presque absolue de l’appétit et 1 une faiblesse générale, assez grande pour forcer cette femme à quitter son travail et à entrer à l'hôpital. Elle fut admise à Lariboisière, dans le service' de M. Duplay, où se trouvait à cette époque la religieuse de notre salle Sainte-Geneviève, qui a confirmé les renseignements suivants, fournis par la malade :

A ce moment déjà, la rate présentait une augmentation de volume considérable contre laquelle fut administré sans succès le sulfate dé quinine. Pendant le cours de ce traitement, premier vomissement de sang, extrêmement abondant, et suivi, pendant plusieurs jours, de selles noires, ressemblant à du marc de café. La perte de l’appétit fut le seul symptôme gastrique ayant précédé ■ cette hématémèse qui ne s’accompagna et ne fut suivie d’aucune sensibilité à la région épigastrique. La malade se remit assez rapidement de cette perle de sang et put quitter l’hôpital, après quelques semaines de séjour, dans un état plus satisfaisant qu'au moment de son entrée. Mais cette amélioration ne fut pas de longue durée.

L’appétit se perdit de nouveau, les forces déclinèrent, l’ictère persista, et cette femme, à bout de ressources, entra une seconde fois à l’hôpital, vers le milieu de l’année 1872.

A cette époque, M. Siredey fut surtout frappé par la généralisation et l'intensité de l’ictèré, par l'amaigrissement .et la faiblesse, de la malade. En outre, le ventre était remarquable par son volume exagéré. Néanmoins pas d’ascite, pas de développement des veines sous-cutanées abdominales. Les dimensions du foie étaient normales; seule la rate, très-facilement accessible à la palpation, grâce à la flaccidité des parois abdominales, présentait une augmentation de volume considérable, puisque, pour ne parler que de sa limite inférieure, elle s’avançait à droite jusqu’à l’ombilic et descendait jusqu(à 6 ou 7 cent, de l’arcade de Fallope. ,

Langue nette, rosée; pas de nausées ni de vomissements ; garde-i robes régulières et colorées. Urines très-foncées, ictériques, sans sucre ni .albumine. Rien du côté du cœur et des poumons. Bruit de souffle dans les vaisseaux du cou. Pas de.tuméfaction des ganglions cervicaux, axillaires et inguinaux.

L'immun hlsloUujiqua du- i'aai/ m'onlra que le nombre dés globules blancs n était pas augmente. .Ne sueluml à quelle affection rapporter cette hypertrophie. splénique, M. Siredey.pria le D 1 ’ Guyot de voiüoir bien venir lui donner son : avis. La leucocylhéinie et l’impaludisme furent tout d’abord écartés,, puisque, d’une, part, l’examen du sang avait permis de constater une proportion normale des globules blancs aux globules rouges et que, d’autre part, le traitement antérieur par le sulfate de quinine, avait été impuissant. On écarta également l’idée d’une cirrhose du foie que rendaient improbable le volume normal du foie, ^absence d’ascite ol de dilatation des veines sous- cutanées abdominales, et surtout la persistance d’une coloration ictérique très-prononcée. Etait-on en présence d’une diathèseisyphilitique ? Malgré .le peu de probabilité: de cette hypothèse (absence de tout antécédent syphilitiqueet-d’autres signes actuels de l’infection), on fut d’avis d’essayer l’iodure de potassium. Ce médicament fut prescrit et continué pendant deux mois environ, à la dose de 2 è 4 grammes, mais sans aucun résultat.

Sur ces entrefaites , la malade ayant demandé à sortir pour quelques heures, rentra le soir même à l’hôpital et eut dans la nuit une indigestion. On reconnut d’abord dans les matières vomies des fragments d’œufs, des grains de raisins; puis, à ces vomissements alimentaires, succède une effroyable hématémède de 2 litres environ, suivie pendant 24 heures de selles marc de café. Glace, eau do Babel, etc. L’hémorrhagie s’arrêta le jour même et quelque temps après, la malade, dont l’état général s’était amélioré, demanda de nouveau à quitter 1 hôpitaL.

A sa sortië, la coloration ictérique persistait; la rate était aussi grosse, le foie avait son volume normal. Pas d’ascite, pas. d’œdème des membres inférieurs. Aucune dilatation des. veines .sous-cutanées abdominales, d

Le 6 janvier 1873, la malade entre pour la troisième fois à l’hôpital dans l’état suivant : amaigrissement considérable, état -cachectique, grande faiblesse générale. La peau, les conjonctives, la muqueuse palatine et la face intérieure de la langue offrent une teinte ictérique très-prononcée. Température normale, P. 84. Embarras gastrique ;

inappétence, langue saburfalé 1 , digestions pénibles, constipation. Le foie est resté normal. Rat© très-grosse* indolore, mobile, occupant presque tout ï’hypôchondre gauche, 's'avançant ; jusqu’à 1 ombilic et descendant à 3 travers de doigt environ dëTëpirie iliaque antérieur.' et supérieure. Sa surface est unie, régulièrement convexe. u

Pas d’ascite, pas d’œdètoie dès membres inférieurs. Les’veines sôüb-cutanëeS abdominales-ne’sotit nullement dilatées. Urines ieüériquës, sans albuniine. Pas d’engorgement ganglionnaire. État normàl des globules blancs du samr. Rien au coeur et aux poumons.

Bank ta soîfié^à u 12 1 janvier, épistaxis- abondante. La malade se plaint d’dne douleur sourde au niféküi de la région épigastrique, o.t éprouvedès fourmillements et des crampes dans les membres inférieurs qui sont le siège de varices; très-accusées. A la partie inferieure des deux jambes, on' constate les cïeatriéés d’ùn ulcère variqueux. Pendant la dernière quinzaine de janvier, S à (> épistaxis Légères avee réapparition desdôulëûrS sourdes'à l'épigastre.

En février, ï’ëtat général de là malade ne subit aueune modification ni en bien ni en mal. Dans les demïérs jours âë cë mdfe^deux mélénas non précédés ni suivisé’hématémèSëè 'y 3

Mars et avril. Rfèîi de parficuliër à noter.

Mai. Les forcés‘déclinent ; trois épistaxis légères.

Le 24. FaibïèssUgénérale très-grande: Les deux articulations du genou sont le siège de dduléurs' kssëïvives, sans rougeur ni épanchement.

Juilletèt atout. Même état ; trois épistaxis.

Septembre. Démangeaisons'très-vivés aux papules dù prurigo.

Octobre. Dans lés quinze premiers jours, trois épistaxis et deux méléna , suivis d’une augmeûtatidii ;tFès-Efofabîé de la faiblesse.- Ters la fin du moisj vomissements bilieux avôfe ’seïles. couleur chocolat. Les varices des membres' inférieurs s’enflamment.

Novembre. Le ventre se ballonne. Le foie diminue notablement de volume. Apparition de l’ascite sans dilaiation des veines de l’abdomen. Rate énorme.

Décembre. L’épancliometi! péritonéal a beaucoup augnienlé. L’œdème dès membres inférieurs apparaît avec une nouvelle poussée’ de phlébite (-cataplasmes, jambes étendues sut un èoussih incliné).

Hernie ombilicale avec aminciësëment’èmisidéraMe'dé- la peau 1 faisant craindre une perforation spontanée. On essayé* Vainement de contenir la hernie avec de la ouate eollodîtonUée ëf un bandage de corps.“ -'P- P#"

Le 17. La fièvre s’allume; dyspnée intense ; toux; râles jsibilanls et ronflants dans toute la hauteur des deux poumons. On entend trèsnettement, à la base du cœur, un bruit de frottement péricardique.

Le 18. Erythème des membres inférieurs, œdème suivi quelques jours après, de taches .ecchymotiques.

Le 23. La dyspnée est telle qu’on est obligé de fabriquer la paracentèse.,, issue de cinq litres un quart d'un liquide jaune clair, trèsalbumineux. Quelques jours plus tard, le bruit de frottement péricardique disparaît, mais la cachexie s’accuse de plus en plus. L’ictère devient de plus en plus foncé. L’inappétence esté peu près absolue.

La malade ne prend plus qu’un peu de vin et de café. L’œdème des membres inférieurs persiste sans prendre toutefois des proportions considérables. La langue^e.dessèche et à plusieurs reprises se montre du muguet qui est toujours combattu avec succès par un collutoire boraté et des lotions alcalines.

Vers la fin de janvier 1874, nouvelle hématémèse, d’une cuvette environ, suivie de méléna pendant plusieurs jours. Cette abondante perte de sang jette la malade dans un état de faiblesse telle que malgré l’eau-de-vie, le vin de Bagnols et le café, il est impossible de la remonter. Les muqueuses et la peau sont d’un jaune très-pâle comme si l’ictère avait diminué d’intensité. Le foie, devient de plus en plus petit. La rate est toujours énorme. L’ascite reste dans des proportions moyennes. Pas de développement notable des veines superficielles de l’abdomen. Extrémités froides, légèrement œdématiées. Pas d’albumine dans les urines, Enfin, à l’examen histologique du sang, voici ce que nous constatons : 1° les globules rouges du sang ne forment pas de pile et présentent un état crénelé très-accentué; 2° Le rapport des globules blancs aux globules rouges nous paraît être de 1 pour 20 environ. Ces globules blancs sont de deux sortes ; les uns, volumineux, ont plusieurs noyaux ; les autres, plus petits, n’ont qu’un seul noyau.

Dans les derniers jours, la façe se grippe de plus en plus les yeux sont injectés, les cornées se ternissent, les pupilles sont considérablement dilatées. Apparition d’ecchymoses sous-conjonctivales. La malade, loin de se plaindre, .accuse plutôt une sorte de bien-être. Un subdélirium se montre d’abord la nuit, puis le jour, et devient continu. Refus de toute sorte d’aliments.

Mort le 31 janvier.

Autopsie. 36 heures après la mort. Crâne, encéphale et méninges , rien. Dans les poumons, pas de tubercules. Quelques ecchymoses

sous-pleurales ! sùrtbut à droite, semblables à celles que l’on rencontre chez les individus morts par suffocation.

Le péricarde contient 30. gr. environ d’un liquide jaunâtre. Pas d’adhérenCes des deux feuillets, mais traces manifestes de péricardite ancienne, révélée par des plaques blanchâtres au niveau de la face antérieure du cœur. La plus considérable d’entre elles siège au-dessus du sillon auriculo-ventriculaire droit, entre l’aorte et l’artère pulmonaire. Le cœur présente une coloration jaune très-prononcée. Les ganglions péri-bronchiques et péri-œsophagiens sont légèrement hypertrophiés et pigmentés. Le foie adhère aux parties voisines. Il est diminué dé volume : 26 cent, dans son diamètre transversal et 15 c. dans l'antéro-postérieur. La capsule de Glisson est épaissie et présente des plaques blanchâtres sur plusieurs points de la face convexe. La consistance de l’organe est augmentée. A la coupe, le tissu offre assez de résistance. L’aspect granité est exagéré ; mais ce qui frappe surtout c’est la coloration vert-olive que présentent les granulations. La teinture d’iode ne révèle aucune trace de matière amyloïde. La vésicule biliaire contient quelques grammes de bile d’une couleur jaune verdâtre, sans calculs; ses parois sont plus épaisses qu'à l’état normal. Le cathétérisme des canaux cystique et cholédoque nous montre ces conduits parfaitement libres. Leur calibre ne paraît point augmenté.

L’examen histologique du foie a été fait par M. Debove qui, outre une hyperplasie considérable du tissu conjonctif interstitiel, a trouvé, dans certains points, une dilatation considérable des dernières ramifications biliaires. La rate est très-hypertrophiée, 28 cent, dans sa longueur et 18 cent, dans sa largueur. Sa capsule est très-épaissie. A la coupe, nous tombons en 2 ou 3 points sur de véritables infarctus dont la coloration noirâtre tranche sur la teinte rouge du tissu voisin.,Les reins sont jaunâtres, ae volume normal, sans dégénérescence amyloïde.

L’estomac est sain. L’intestin ne paraît pas altéré, si ce n’est la première portion du rectum, qui est le siège d un petit nombre d’ulcérations des follicules clos. L’oesophage, au contraire, nous présente des ulcérations du plus haut intérêt ; car, à défaut d’une lésion de l’estomac, elles nous montrent le siège des abondantes et fréquentes hématémèses qu’à eues la malade. Dans la moitié inférieure de ce conduit, on aperçoit sous la muqueuse de nombreuses veines variqueuses, injectées d’un sang noir, et formant un réseau à mailles allongées. Ces dilatations veineuses s’arrêtent brusquement au Hanot. 16

niveau du cardia. La muqueuse œsophagienne est saine. Pas d’ulcération. Pas d’ecchymose. |Bi

Obs. XI, (personnelle).

Obs. XI (personnelle). X.;., ouvrier typographe, né à Paris, âgé dë 40 ans, entré lè 3 septembre 1873, à l’hôpital Gochin, service du D v Bùcquoy. Jusqu’en 1870, la santé de cet homme avait été bonne ; il n’avait jamais fait de maladie sérieuse, n’avait point eu la syphilis.

Pendant le siégé de Paris, il servit dans la garde nationale èt fit quelques excès alcooliques. Il nie d’ailleurs avoir jamais'été un buveur de profession.

En décembre 1870, il perdit l’appétit, les’; forcés, et commenga à éprouver une sensation de lourdeur, de plénitude, dans Thypocondre droit, à ce point qu’il tolérait difficilement la pression du ceinturon sur cette région. Bientôt il remarqua que sa face, lé blanc des yeux, comme il dit, prenaient une teinte jaune qui s’accusait de plus en plus; en meme temps, il avait souvent de la fièvre, principalement le soir et la nuit. 11 fut obligé dë rester chez lui, où il fut soigné pendant trois semaines environ. Il allait mieux, mais l’ictère, bien que moins intense, n’avait point disparu. En mars 1871, il fut repris à peu près des mêmes accidents.

Un médecin appelé, constata, à ce qu’il dit, que le foie était plus volumineux qu’il convient, et fit appliquer un cautère sur la région, dite hypocpndré droit. Le malade resta ainsi’ëh traitement.pendant six semaines environ, après quoi il fit du sérvice dans l’armée de la Commune, où il but encore outre mesure. L’ictère avait persisté ; il y avait toujours la même, sensation de poids, plus ou moins accusée dans rhypocondre cfroit.

Le ventre avait augmenté de volume et la pression du pantalon était assez pénible. Toutefois les forces, l’appétit étaient revenus et il reprit ses occupations.

Pendant la fin de 1871 et toute l’année 1872 il fut obligé de s’arrêter à plusieurs reprises, (toujours pour la mêiüe’sërie d’accidènts qui ont été décrits plus haut; il restait alors au repos une ou plusieurs semaines, puis ij. retournait à son atelier. Dans l’intervalle de'’'des accès, snulTictère et la tuméfaction.abdôminale,il aurait pu se croire en parfaite santé. ;

En mars 1873, il eut une crise plus violente et plus prolongée et entra une première fois dans le Service du D r B'ucqüov.

■On constate un ictère assez accusé; *avec lièvre, anorexie, constipation, une hypertrophie du foie qui débordait les côtés' dé cinq travers de doigt environ, du ballonnement du ventre, sans ascite ni développement anormal dés veiries ! 'sdüs-cutaiiéès abdominales. Un cautère fut placé sur la région hépatique ; purgatifs répétés ; bi-carbonate de soude.'

Deux mois après, l’état du malade s’était, considérablement amélioré ; il quitta l’hôpital; conservant l’ictère et l’hypertrophie hépatique. Il reprit ses occupations; qu’il interrompit cependant plusieurs fois pendant quelques jours, pour cause de douleurs dans l’hypocondre droit, avec fièvre et malaise général. Il alla ainsi jusqu’au milieu de septembre 1873 ; il souffrait déjà depuis quelque temps, mais alors ‘Son état était devenu tel, qu’il vint de nouveau à la consultation de l’hôpital Gochin etfut encore admis dans le service du D r Bucfiuoy.

Ictère généralisé assez intense, face amaigrie; massés musculaires des membres flasques, atrophiées ; abdomen tres-développé. Le foie déborde les faussés côtes droites de cinq travers" de doigt environ, et fait saillie en quelque sorte, non-seulement dans l’hypocondre et le flanc droits, mais encore ou creux épigastrique. La partie de l’organe appréciable au toucher, à travers la paroi abdominale, semble irrégulière.; on croirait y sentir çà et là des nodosités, ayant du volume d’un pois au volume d’une petite noisette.

La 5 jiressidn et la palpation sont, doiilourèuses ; tympanismenotable ; point d’ascite ni dé Veines sous-éutanées abdominales bien apparentes ; la matité' splénique ne semble pas beaucoup âugmehtêëf'fièvre; urine ictérique, sans sucre ni albumine. Vésicatoire sur l’hypoeondre droit ; purgatifs; quelques jours après, douleurs moindres; un peu d’appétit; le mieux s’accuse les jours suivants. •

Mais le 5 octobre la situation s’aggrave ! de nouveau ; douleurs abdominales vives; tympanisme considérable ; envies fréquentes d'aller à la selle, le plus souvent sans Résultat; fièvre.

Même état les jours suivants ; la tuméfaction hépatique -semble plus résistante, plus tendue. 1

Pendant quelques jours, le malade va un peu mieux : la fièvre diminue; l’hypocondre droit semble se détendre quelque peu. Mais dans les premiers jours de novembre, la fièvre se rallume ; l’ictère, les douleurs augmentent.

Le 8. La température, le soir, est de 39’. Dans la nuii. méféna.

Le 9. Matin, 38°2. Soir, 39°6.

Le 10. Matin, 39°6. P., 120. R., 220. Soir, T., 40».

Le 11. Matin, T., 39. P., 120. R., 20. Soir, T., 390.

Tuméfaction hépatique très-tendue; le bord inférieur du foie dépasse les fausses côtes de trois travers de doigt. Douleurs abdominales vives. ; gJg

Le 12. T., 38°. P., 80. R., 24. Soir, T., 39°. Vomissements bilieux abondants, frissons.

Le 13. T., 39». P., 96. R., 30. Soir, T., 38.

Le 14. T., 39°8. P., 88. R., 22. Soir, 6, 39, 8. Anorexie L’amaigrissement progresse. Ictère foncé.

Le 15 nov. T. 39,6, P. 100, R. 22, soir, T. 40.

Le 16, T. 40,1, P, 96,, R. 22, soir, T. 40.

Le 17, T. 39,2, P. 104, R. 32. soir, T. 39.

Le 18, T. 39,6, P. 100, R. 24; soir, T. 38,4.

Hémorrhagie intestinale assez abondante.

Les 20, 21, 22 nov. vomissements, surtout après que le malade a pris quelque nourriture.

Pendant la fin de novembre, la fièvre persiste ; le malade, considérablement affaibli, ne quitte plus le lit. Le foie est toujours aussi volumineux ; la partie de la face antérieure appréciable au toucher, toujours irrégulière, comme noueuse, point d’ascite, ni de développement anormal de veines sous-cutanées abdominales. L’ictère a un peu diminué,

L’urine ictérique ne contient ni sucre ni albumine. Depuis un moisenviron, la quantité d’urine émise en 24 heures est de 3 à 4 litres.

Pendant les premiers jours de décembre la fièvre diminue un peu ; diarrhée fréquente; plusieurs fois, selles noires.

Le 10 décembre, T. 38,6, P. 104, R. 24, soir, T. 39,4.

Le 11, T. 39,7, P. 96, R. 20, soir, T. 38,3.

Le 12, T. 39,2, P, 96, R. 20, soir, T. 39,4 Le 13, T. 39,2, P. 96, R. 28, soir, T. 39,3.

Les jours précédents, à plusieurs reprises, diarrhée et vomissement; la langue se sèche, abattement.

Le 14, T. 38.7 P. 96 R. 20, soir, T. 39.

Le 15, T . 39,4, P. 96, R. 28* soir, T. 39,3.

Le 16, T. 39,3, P. 100, R. 28. soir, T. 40,2.

La respiration s’accélère, râles sous-crépitants, disséminés dans les deux poumons, surtout au niveau du tiers inférieur.

Le 17, T. 39,4, P. 120, R. 28, soir, T. 40.1, P. 124, R. 32.

Le 18, T. 39,2, P. 124, R. 32, soir, T. 40,2

Amaigrissement et abattement extrêmes. Subdélire la nuit. Respiration bruyante et accélérée. Un peu de toux; quelques crachats muqueux. Râles sous crépitants, nombreux dans les deux poumons.

Ictère modéré ; tympanisme considérable ; Point d’ascite appréciable, point deveines sous-cutanées abdominales anormalement développées.

La gêne de la respiration augmente de plus en plus. Vers le soir l’agonie commence et le malade succombe pendant la nuit aux progrès de l’asphyxie.

Autopsie. — Rien à noter pour les organes cérébro-spinaux. Poumons congestionnés; épanchement séreux de faible intensité dans la plèvre gauche ; point de lésions appréciables des valvules cardiaques ni du myocarde qui toutefois a une teinte un peu grisâtre et est moins résistant qu’à l’ordinaire.

Rate plus volumineuse qü’à l’état normal, pèse 480 grammes ; tissu mollasse ; la capsule est épaissie et présente par place des plaques laiteuses qui ont jusqu’à deux millimètres d’épaisseur. Reins congestionnés ; aucune altération sensible de la muqueuse gastrointestinale. Légères exsudations plastiques disséminées sur le feuillet viscéral du péritoine. Au fond du petit bassin, épanchement séreux péritonéal de médiocre intensité ; à première vue.

Le foie est considérablement augmenté de volume, cette hypertrophie porte à peu près également sur les diverses parties de l’organe.

Il pèse 2740 grammes.

Diamètre vertical : 22 centimètres.

Diamètre transversal : 29 centimètres.

Le feuillet péritonéal qui recouvre l’organe est sensiblement épaissi, surtout sur la face convexe qui est intimement unie à la face intérieure du diaphragme par des néo-membranes résistantes.

La surface de F organe est granuleuse, elle est percourue dans tous les sens par des sillons, d’ailleurs à peine accusés, transformés en fràctus blanchâtres par la'séreuse hyporplasiéo et que limitent de petits mamelons qui ne dépassent guère le volume d’un grain de chènevis .

Le tissu est dur ; la coupe n’est point aussi granuleuse que dans la cirrhose atrophique confirmée. On y remarque, à l’œil nu, une infinité de petites masses sphériques ayant les unes, 0,001 de diamt., les autres, plus volumineuses, celles-ci à forme moins régulière et sem-

blant constituées par l'adjonction de quelques-unes des masses plus petites. Ces massés sont constituées par une substance d’un jaune assez clair. Encore une fois, elles font peu de saillie sur la coupe et la section les a transformées assez nettement, en petits cercles plus ou moins réguliers.

Tous ces blocs sont séparés les uns des autres par des tractus grisâtre' qui, sur certains points, ont jusqu’à trois fois le diamètre des blocs voisins ; ces tractus sont à peine en retrait par rapport aux masses jaunes. *

La coupe donne aussi l’aspect d’un tissu lardaeê infiltré de grains jaunâtres. • '

De petits morceaux sont placés pendant 24 heures dans une solution concentrée d’acide pîcrique, puis pendant 24 autres heures dans upe solution de gomme arabique, enfin pendant le même temps dans l’alcool absolu. Les coupes, pratiquées sur le tissu ainsi durci sont: colorées par le picrocarminate d’ammoniaque et montées dans la glycérine.

A un faible,grossissement, on remarque tout d’abord que Les lobules hépatiques sont séparés les uns des autres par une gangue de tissu conjonctif, sillonnée de canaux biliaires qui forment, des sortes de plexus plus ou moins riches.

Entre deux lobules voisins, cette gangue; peut avoir jusqu’à trois fois la largeur moyenne des lobules-et. n’a jamais moins, de 0,001 de large entre deux lobules. Les lobules diffèrent notablement entre eux d’étendue, les uns ont â peine 0,001 de diamètre, d’autres peuvent "atteindre 0,004.

Les coupes sont examinées à un grossissement plus, considérable : 300 à 400 diamètres.

Les lobules n’offrent pas tous la, même conformation. Sur un grand nombre, un voit que les cellules hépatiques sont très-peu altérées: leur volume, leur fonm:,; leur, noyau sont sensiblement .pomme à - l’état.normal et c’est à peine si elles .sont un peu plus riches en granulations, protéiques et graisseuses. Un certain nombre de cqs cellules contiennent des petites granulations d’un jaune clair qui sont évidemment constituées, par du pigment biliaire.

Les i Cellul||j, sont séparées par des espaces qui ont, jusqu’à leur propre diamètre.

A l’intérieur du lobule, ces espaces contiennent un nombre variable d’éléments embryonnaires et çà et là quelques granulations pigmentaires. A la périphérie, le tissu conjonctif fibroïdé périlobulaire

envoie des tractus qui séparent Les. unes des autres les cellules les plus extérieures. Quelques unes de ces cellulespont. à peine modifiées, mais la plupart sont comme aplaties, étranglées, par la zone conjonctive qui les enserre et qui par place’a entre deux cellules jusqu’à 0,0006 de large.

Dans ces points, la cellule hépatique peut n’avoir plus que 10 à 20 mill. de diam.-;.c’est une masse de protoplasma granuleux à contours plus ou moins irréguliers.

Certains lobules ne possèdent à leur intérieur que peu d’éléments embryonnaires interposés aux Cellules, et les tractus conjonctifs sont fort peu accusés à leur périphérie. Ces lobules sont à peu près normaux et il n’y a également rien de particulier autour de, la veine centrale. ,

Sur d’autres pointe, au contraire, le travail irritatif mtra-lobulairé est en quelque sorte à son maximum. Le lobule, qui n'a plus que 0,001 de diarn., est réduit à quclques i cellules atrophiées, granuleuses,pigmentées, perdues au milieu de tractus ftbrillaires qui sillonnent en tous les sens ce.’reste de lobule.

Sur la plupart des lobules, les lésions sont pour ainsi dire intermédairçs, cl, il y a une zone extérieure plus ou moins large, composée de cellules atrophiées, par les prolongements du tissu conjonctif extra-lobulaire,, et une zone in térieure où , on ne trouve que . des ^éléments embryonnaires dans les espaces interposés aux cellules. Par places, on remarque des groupes de cellules infiltrée^, de granulations pigmentaires et de quelques vésicules adipeuses,cl; qui tranchent par leur coloration jaune verdâtre ; à co.niveau, les espaces péricellulaires sont distendues par des granulations de pigment biliaire.

Il a déjà été dit que les lobules sont séparés les uns des autres par des tractus de tissu conjonctif qui ont de 0,001 à 0,015 de lar- .geur. Sur la plupart des coupes, ce tissu conjonctif est composé, de faisceaux qui, à première vue, semblent s’entrecroiser assez irrégulièrement dans, tous les sens ; mais ce qui frappe avanL tout, dans ce ce tissu conjonctif extra-lobulaire, c’est ,1e développement considérable des canaux biliaires. Ils forment là un réseau très-riche constitué par des anses.qui s'anaslomqsen t.e nIre elles et qui .circonscrivent des.,espaces plus ou .moins* étendus, comblés;par Je. tissu fibroïde. Les sortes d’arabesques que décrivent les canalicules biliaires, .offrent les apparences les plus variables ; le type le plus commun représente une série de, canaux (luxueux qui vont sç dichotomisant et qui se terminent, en dernière analyse, par des anses qui

se continuent à plein canal avec des anses voisines ou encore par des huit de chiffre, qui indiquent évidemment le reploiement des canalicules sur eux-mêmes et leur changement de plan. Ces canalicules qui serpentent ainsi entre les lobules, ont environ de 0'"’",02 à 0 mm ,04dediam. Ce diamètre est à peu près partout le même ; toutefois, en certains points, le canal est irrégulièrement dilaté et affecte une disposition légèrement monilîforme. A l’intérieur de cès canalicules se voient un nombre variable de cellules, polyédriques, tassées les unes contre les autres, pourvues de noyaux et de granulations. En certains points, les cellules sont appliquées sur la face interne du vaisseau en une ou deux couches seulement, et laissent ainsi entre elles un canal nettement appréciable. Sur d’autres points, elles comblent presque complètement la lumière du canalicdle. Çà et là le protoplasma de ces cellules est teint en jaune verdâtre et COntiént des granulations de pigment biliaire.

Souvent, autour des canalicules, le tissu conjonctif extra-lobulaire est un peu plus serré que partout ailleurs, et forme là une sorte de gaine fibroïde. Il existe donc là une véritable périangiocholite.

Quand on èxamine avec soin lès coupes, on finit par remarquer que l’irrégularité dans la disposition des faisceaux conjonctifs est plus apparente que réelle : un grand nombre se dirigent plus ou moins parailèlement au pourtour des canalicules biliaires, qui leur semblent être comme des centres de ralliement. On distingue, disséminés au milieu de ces faisceaux, des cellules plates et des éléments embryonnaires : ceux-ci, sur certaines coupes, sont très-nombreux et infiltrent tout le stroma des fibrilles conjonctives. On peut poursuivre les canalicules| anormalement développés, jusqu’à la périphérie des lobules, où ils se perdent en des capillaires très-ténus au sein de la zone fibroïde, qui empiète sur le globule.

Les vaisseaux sanguins ne présentent pas de modifications bien importantes. Sur un très-grand nombre de coupes, ils. offrent l’aspect ordinaire. Toutefois il arrive souvent que leur diamètre dépasse plus ou moins le diamètre habituel, pour les vaisseaux correspondants.

Les divisions de la veine porte sont enclavées en quelque sorte, à la manière de sinus, dans la gangue conjonctive périlobulaire.

Sur les coupes, où l’infiltration embryonnaire est très-abondante, les jeunes cellules ne sont pas plus nombreuses. Au contraire, il est facile devoir, au moins sur quelques coupes, que les jeunes cellules se sont surtout multipliées autour des parois des canalicules biliaires,

qui leur constituent comme des centres de formation. D’autre part, on n’observe point, autour des parois des radicules de la veine porte, les gaines fîbroïdes ; en quelque sorte spéciales qui ont été: indiquées pour les eanalicules biliaires,

Les .ramifications de l’artère hépatique, n’offrent rien de bien.particulier à indiquer: elles ne paraissent guère plus développées qu’à l’état normal, et ne tracent que de rares sillons à travers la trame conjonctive hyperplasiée.

Peu dè chose à noter à propos du système lymphatique, si ce n’est qu’on rencontre au sein du tissu conjonctif extfalobulaire des fentes lymphatiques fort développées.

Les ganglions du hile hépatique n’ont point subi de.modifications appréciables dans leur volume.

Aucune trace de,:calculs, ni dans la vésicule, ni dans les canaux biliaires.

Obs. XII (personnelle). ;

Boinard (Jean), 34 ans, né à Paris, journalier, entre, le 15 janvier 1874, à l’hôpital Cochin, service du D r Bucquoy.

Rien d’important à noter chez les ascendants. Il a fait un congé comme matelot, après engagement volontaire. A travers ses diverses périgrinationsy Sa santé ne s’était point altérée. Il affirme n’avoir jamais eu la syphilis et, si on l’en , croit, n’aurait pas fait d’abus alcooliques. Il aurait eu une fois des fièvres d’accès, d'ailleurs assez légères, (il qui auraient rapidement cédé au sulfate de quinine.

Ce n’est qu’en 1868, alors qu’il était revenu définiitvement en France, qu’il commença à remarquer que sa santé s’altérait. Sans cause occasionnelle appréciable, il eut de la jaunisse : cette jaunisse augmenta petit à petit et persista. Il avait» moins d’appétit, moins de forces ; il maigrissait un peu. Sensation hé lourdeur dans l’hypochondre droit. D’ailleurs point de douleurs vives, point d'accident qu’on pût regarder comme des coliques hépatiques. Assez rarement, un peu de fièvre dans la soirée, avec quelques frissons..

Il se soigna quelque tefrips, puis, se sentant mieux, reprit sôn travail. L’ictère avait persisté;. En 1869 et 1870, il fut obligé de se soigner ainsi plusieurs fois, pour le même" malaise. Son veiitrë avait augmenté insensiblement, surtout au niveau de l’hypochondre droit, où les médecins constatèrent l’existence d’une forte tumeur, qu’il sentait Hanot. 17

lui-même facilement au-dessous des fausses, côtes. L’ictère était toujours aussi accusé*

La situation était à peu près la même en 1871 et 1872. Il rentra à plusieurs reprises dans les différents hôpitaux, où il fut plusieurs fois employé comme garçon de salle. En dehors des périodes où, en même temps que Tietère augmentait, il perdait ses forces, l’appétit, et souffrait plus ou moins dans l’hypochondre droit, l’état général restait assez bon. Il était surtout gêné dans son travail par le développement de son abdomen.

En 1873, se trouvant sans ouvrage, il alla travailler à l’usine dé Clichy ; il n’y était pas depuis quinze jours, qu’il fut pris de douleurs vives dans l’abdomen, surtout dans l’hypochondre droit, avec ballonnement, vomissements verdâtres, ictère plus intense qu’à l’ordinaire. Il entra une première fois à l’hôpital Cochin, dans le service du D r Bucquoy.

L’ictère est très-intense. Coloration vert foncé de la peau, des conjonctives, des urines. Matières fécales fort peu colorées.’

L’abdomen a considérablement augmenté de volume,Te foie déborde les fausses côtes de quatre travers de doigt environ. Tympanisme intense ; pas d’ascite, pas de développement anormal des veines soùscufanées abdominales. Rate volumineuse. Anorexie, mouvement fébrile, surtout accusé le soir. Dysurie. - Vésicatoires sur l’hypochondre droit. Purgatifs.

Au bout d’un mois environ, la fièvre et les douleurs dans l’hypochondre droit ont disparu. L’état général est bon ; abdomen moins ballonné; même volume du foie et de la rate. L’ictère est un peu moins intense, mais encore très-accusé. Le malade quitte l’hôpital. Il y revient le 15 janvier 1875.

L’état général est mauvais. Amaigrissement notable de la face e des membres.

Le ventre est très-déveîoppé, douloureux à la pression sur toute son étendue, mais principalement au niveau de l’hypocondre droit. Tympanisme considérable ; légère ascite.

Quelques veines sous-cutanées abdominales un peu plus apparentes qu’à l’état normal. Le malade urine difficilement, on est obligé de le sonder.

Le foie déborde les fausses côtes de 3 à 4 travers de doigt ; ce qui est appréciable au toucher, offre une dureté notable'et ne donne point la sensation d’irrégularités bien accusées. La pression de l’organe est

très-douloureuse. A la percussion, la rate semble avoir de 2 à 3 fois le volume ordinaire.

Langue saburrale ; anorexie; envies de vomir ; quelques vomissements verdâtres.

Ictère intense, généralisé. Urines teinte aceajou, donnant avec l’acide nitrique les modifications dues à la présence du liquide biliaire. Elle ne contient ni sucre ni albumine.

Mouvement fébrile continu, s’accusant surtout le soir où la température oscille autour de 38° 5.

Vésicatoires sur l’hypocondre droit. Purgatif.

Après dix jours environ, le malade Va mieux; là fièvre a disparu, l’appétit revient, mais bientôt il est repris des mêmes accidents.

8 février. Le malade accuse d’assez vives douleurs dans l’abdomen'; le ballonnement qui avait diminué est redevenu considérable. Peu d’ascite; tympanisme très-développé. Le malade uriné difficilement; il faut le sonder. Constipation. Pas de vomissements.

Toux; expectoration muqueuse assez, épaisse et peu abondante. Quelques râlessons-crépitants dissiminés dans le& deux poumôns — plus nombreux et plus fixes au niveau de là partie moyenne du poumon gauche en arrière.

L’amaigrissement a fait de grands progrès : abattement ; yeux excavés; figure inquiète. L’ictère semble plus accusé. L’uriné assez rare depuis plusieurs jours (un demi-litre environ en 24 heures), a une teinte acajou.

Le soir, T. 38,8, P. 112, R. 32

9 février, même état. Les signes donnés par l’auscultation de la poitrine n’ont pas changé. Le malade demande à manger; il prend du bouillon et un œuf.

Le soir, T. 38.6, P. 112, K. 32.

12 février. Le ventre est encore un peu plus ballonné ; peu d’ascite. Même état des poumons. La langue se sèche ; elle est rouge sur les bords. Le malade a déliré peudant la nuit.

Matin, T. 38,8, P. 120, R. 32.

Soir, T. 39, P. 112, R. 36.

13février. Déliré; langue et lèvres fuligineuses. Ictèreintedise. Le malade fait sous lui.

Matin, T. 38,2, P. 112, R. 40,

Soir, T. 38,4, P. 128, R. 40.

14 février. Assoupissement profond, continuel. Quand on éveille le malade, il pousse des gémissements

Matin, T. 38, P. 132, R. 40.

Soir, T. 27, P. 120, R. 40.

15 février. Même état, T. 36,6, R. 44. Dans l’après-midi, hémorrhagie intestinal très abondante; la prostration est extrême; râles d’agonie. Deux heures après l’hémorrhagie, le malade succombe sans .«onvulsions.

Autopsie. — Point de lésions importantes à noter dans l’encéphale.

Poumons fortement congestionnés ; quelques fausses membranes molles et très-peu épaissies sur la périphérie du poumon droit, principalement vers la base. Petite quantité de liquide séreux verdâtre dans les cavités pleurales. Au cœur point de lésions valvulaires.

Le foie est très-volumineux, ilpèse 2,920 gram. et mesure 30 cent. dans le diam. transversal et 25 cent, dans le diam. vertical. Sur la convexité de l’organe, le péritoine est le siégé d’une inflammation chronique et des fausses membranes qui ont plusieurs millirn. d’épaisseur unissent intimement cette convexité à la face inférieure du diaphragme. Au-dessous des fausses membranes qui recouvrent la surface convexe, la périphérie d e l’organe est à peu près lisse.

Le tissu du foie est très-dur ; on le déchire avec peine. Sur la coupe il apparait constitué pour une grande partie par un tissu grisâtre, fibroïde, infiltré d’une multitude de petites masses jaunâtres, plus ou moins sphériques, enveloppées par le tissu fibroïde qui, entre deux lobules voisins, dépasse généralement le diamètre do ces lobules.Ces petites masses jaunâtres font à peine saillie sur le tissu grisâtre.

Le tissu du foie est placé par petits morceaux, et successivement pendant 24 heures dans l’âcide picrique, la solution de gomme arabique et l’alcool absolu. Les coupes .sont teintes par le picro-carminate d’ammoniaque, et montées dans la glycérine acidulée.

Sur des coupes examinées à un faible grossissement (40 diam.), on voit que les lobules sont séparés les uns des autres par des zones de tissu conjonctif fibrillaire relativement très-développées et qui, par place, ont jusqu à 4 fois le diam. des lobules qu’elles séparent.

Un grand nombre de ces lobules ont à peine la moitié du diamètre normal, et sont composés de cellules hépatiques plus ou moins atrophiées, surtout à la périphérie, par des faisceaux de tissu conjonctif qui, du stroma extra-lobulaire se prolongent plus ou moins dans l’intérieur des" lobules.

Sur certains lobules les cellules les plus extérieures seules, sont isolées par la sclérose intralobulaires et le lobule a, à peu de chose près,

jæs dimensions et sa configuration normales. Les cellules hépatiques ont aussi la forme et la constitution ordinaires. C’est à peine si quelques-unes, çà et là, sont infiltrées de granulations graisseuses et de granulations de pigment jaunâtre. Ça et là également les espaces irtercellulaires sont plus ou moins remplis de noyaux embryonnaires ou de granulations de pigment jaunâtre ou verdâtre.

Sur les lobules qui sont notablement atrophiés par les tractus fibrillaires intra-lobulaires, la plupart des cellules sont infiltrées de granulations graisseuses et de granulations pigmentaires. Les granulations pigmentaires sont également très-abondantes dans les espaces intércellulaires.

Sur quelques lobules le plus grand nombre des cellules sont séparées lès unes des autres par des tractus fibrillaires et des noyaux embryonnaires. D’autre part les cellules ont conservé à peu près leur volume et leur configuration ordinaires. Les granulations ri’ÿ Sont pas sensiblement plus nombrëuses et le noyau est apparent. Ici le lobule est en quelque sorte hypertrophié et a jusqu’à 2 et 3 fois le volume moyen.

Dans le tissu conjonctif extra-lobulaireserpentent un grand nombre de canalicules biliaires très-fluxueux qui ont jusqu’à 0 mm ,Û5 de diamètre. Ces canalicules sont vus soit dans le sens longitudinal soit dans le sens transversal. Quelques-uns sont uniquement tapissés par une seule couche de petites cellules polyédriques ; d’autres sont comme bordés de ces cellules qui les remplissent et les distendent plus ou moins régulièrement. Ça et là leS cellules en plus ou moins grandnombre sont infiltrées de granulations pigmentaires jaunâtres.

Les faisceaux du tissu conjonctif fibrillaire paraissent à première vue s’entrecroiser dans tous les sens. Toutefois il est facile de reconnaître qu’en beaucoup de points ij.s sont disposés en trousseaux qui suivent parallèlement la paroi des canalicules autour desquels ils sont comme tissés, formant là autour de ces canalicules une sorte de graine fibroïde adventice ' qui a jusqu’à la moitié de la largeur du canalicule lui-même.

Sur certaines coupes, le tissu conjonctif fibrillaire extra-lobulaire est infiltré d’un grand nombre d’éléments embryonnaires qui çà et là se disposent sous forme d’amas irréguliers

Les canalicules biliaires vont en s’amincissant de plus en plus jusque dans la zone conjonctive qui empiète sur le lobule et ou on les perd. Là ils sont complètement remplis de cellules plus ou moins aplaties et en d’autres points de granulations pigmentaires jaunâtres.

Nulle part on n’observe d’étranglement des canalieules de la veine porte par le tissu conjonctif voisin. Au contraire, un certain nombre de ces canalieules ont un diamètre un peu plus considérable qu’à l’état normal. Leur paroi ne se dessine point nettement et semble se confondre avec lé tissu conjonctif voisin. On dirait de véritables sinus creusés dans l’épaisseur du tissu conjonctif extra-lobulaire. Les capillaires de l’artère hépatique ne présentent rien de particulier à noter.

Ça et là, le tissu conjonctif extra-lobulaire est creusé de grandes fentes allongées tapissées d’endothélium et remplies, de cellules lymphatiques. Les gros canaux biliaires n’offrent aucune; lésion appréciable ; point de calculs.

Les ganglions lymphatiques du hile ne. sont point hypertrophiés.

Entre la face inférieure du foie et la face, antérieure, de l’estomac quelques fausses membranes mollasses et peu épaisses. Au niveau de la petite courbure, de l’eslomnc, amas assez épais de fausses membranes au milieu duquel on trouve environ deux cuillerées $e pus épais ët verdâtre. Sur les anses intestinales qui se dessinent [dans la région ombilicale et l’hypochondre gauche, fausses membranes très-minces et mollasses ; la majorité des anses intestinales sont parsemées de.granulations miliaires inflammatoires. Sur la plupart de ces anses arborisations capillaires assez riches.

La rate est considérablement, hypertrophiée : elle pèse 950 grammes.. Le tissu est peu résistant de coloration noirâtre. La membrane fibreuse est épaissie, recouverte de rugosités.

-Les reins sont volumineux, congestionnés ; le droit pèse 250 grammes, le gauche 2.10 grammes. La membrane, d’enveloppe est adhérente:. par places,, quelques plaques laiteuses peu épaisses sur cette membrane.

Petite quantité de sérosité verdâtre dans la cavité péritonéale.

Obs. XIII (personnelle).

Jentet (Nicolas),, 55 ans, garçon de chantier. Je ne donnerai ici que le résumé de l’observation qu’il serait trop long de rapporter tout entière. Mon excellent maître, le D r Bucquoy, à qui je la dois, à pu suivre le malade, pendant sept ans.

Le père de Jentet est mort à 77 ans ayant eu la meilleure santé ; il n’était ni rhumatisant, ni goutteux; sa mère est morte à 84 ans.

Il était d’une constitution robuste ; à 11 ans ; il partit pour les colonies en qualité de soldat d’infanterie de marine ; il revint en France sept ans après. Pendant ce laps de temps, il eut plusieurs accès de fièvre intermittente qui se. reproduisirent à plusieurs reprises après son retour en France. Toutefois sa santé était restée parfaite, bien qu’il fît d’incroyables excès de boissons. Il n’eut jamais la syphilis.

Sa vie s’écoula ainsi jusqu’en 1866, époque où sa santé commença à s’altérer, .

Il avait insensiblement perdu appétit et une partie de ses forces ; il ne pouvait plus se livrer qu’avec peine à son occupation de garçon de chantier. En même temps, il ressentait dans l’hypochondre droit des élancements douloureux. Après un violent accès de «plère, dit-il, un ictère se produisit qui alla croissant et fut bientôt très-intense. Pendant deux mois il resta à peu près dans le même, état; l’ictère ne diminuait pas, l’anorexie persistait; il y avait souvent de la fièvre dans l’après-midi. Mêmes accès douloureux dans l’hypochondre droit. Il fut soigné par un médecin de la ville, tantôt allant mieux et retournant à son chantier, tantôt obligé de garder la.chambre.

En 1868, à bout dé ressources, il entra à l’hôpital Saint-Louis, dans le service du D r lldlairot, il y. resta deux mois. Ventouses sur la région hépatique, bains, purgatifs. A sa sortie, son état, était notablement amélioré. L’ictère persistait toujours et au mên^e degré.

Un peu après il fut admis à l’Hôtel-Dieu dans le service du D r Fauvel, où il resta deux mois encore. Là comme à St-Louis, on constatait que le foie était volumineux. Onctions mercurielles sur l’hypochondre droit, purgatifs, etc.

Il reprit son travail, mais bientôt ses jambes enflèrent, et il revint à l’Hétel-Dieu où il fut placé dans le service du professeur Grisolle suppléé par le D r Bucquoy. Il resta dans le service jusqu’en décembre 1868 et en janvier 1869, il passa à l’hôpital St-Antoine, dans le service du D r Bucquoy, où il resta jusqu’au mois d’août 1869, à deux reprises différentes. Pendant. Celte période, le D° Bucquoy put, constater les mêmes symptômes qui ont été constatés plus haut: ictère d’intensité variable mais, toujours bien accusé ; foie très-volu- ■'milieux descendant jusque dans la fosse iliaque ; point d’ascite, point de développement anormal des veines sous-cutanées abdominales. A la fin de l’année 1868, pendant quelques semaines où il allait beaucoup plus mal (douleurs dans l’hypoehondre droit ; accès fébriles le soir, anorexie, amaigrissement), on avait constaté un certain œdème

des membranes inférieures et un balonnement du ventre avec un peu d ascite. Quelques médecins crurent alors qu’il s’agissait d’une affection cardiaque. Ces symptômes d’ailleurs disparurent assez vite.

Quand il quitta le service du D r Bucqùoy en août 1869, Jeantet était dans un état relativement satisfaisant. Les forces et l’embonpoint étaient revenus, mais l’ictère était toujours marqué, le foie aussi volumineux. Jean tel reprit ses occupations.

•Il alla assez bien jusqu’en 1870. Pendant le siégé, après les fatigues (?) du service de la garde nationale, il retomba malade : accès" fébriles, douleurs dans la région hépatique, anorexie, perte des forces, ictère plus foncé.

Il entra à l’hôpital Cochin, dans le service du D r Bucquoy.

La crise dura 3 semaines environ ; J. retourna chez lui. En 1871. à Bondy, nouvelle crise qui dura deux mois et pendant laquelle il âui’ait eu la dysentérie.

En juin 1871 et en octobre 1871, il revint à Cochin pour les mêmes accidents. En 1872, encore deux séjours à l’hôpital Cochin. Il y revient le 31 mars 1873. Depuis quelque temps il a de nouveau maigri et perdu ses forces ; il a peu d’appéti t ; d’ailleurs point de fièvre ; peu de douleurs dans l’hypochondre droit. L’ictère est très-foncé (conjonctives vertes, urines très-colorées ; selles grisâtres). Point d’ascite ni de développement anormal des veines sous-cutanées abdominales. Le foie remplit non-seulement l’hypocondre droit et le creux épigastrique, mais encore tout le flanc droit. On sent facilement sous la peau le bord antérieur de l’organe qui est dur et tranchant ; la partie de la face antérieure qui est appréciable donne au palper la sensation d’une surface très-dure et assez régulière ; la pression est pénible. Rate volumineuse. De même que, lors des précédentes atteintes, le repos au lit, les purgatifs, les révulsifs sur la région du foie, tendent assez rapidement à relever les forces, l’appétit, et diminuent l’ictère.

Au commencement de mai 1873 il se plaint de souffrir depuis quelque temps de l’extrémité des doigts ; on remarque que les articulations des deuxièmes avec les troisièmes phalanges sont tuméfiées ; il en est de même pour l’articulation du gros orteil droit; quelques tophus sur le bord libre des oreilles. J... d’ailleurs n’avait jamais eu aucune attaque de goutte ; ses parents n’étaient point goutteux.

Pendant le mois de juin, polyurie; l’urine ictérique est rendue à la quantité de 3 à A lit. par jour. Elles ne contiennent ni sucre ni albumine.

Le 30 juin 1873, J. quitte Gochin; T ictère est beaucoup moindre, l’état général est bon.

Jeantet revient à Coehin en septembre 1873 et en janvier 1874. Il y entre amaigri, fatigué ; après quelque temps de repos, il sort mieuxportant et reprend du mieux qu’il peut ses occupations.

En mars 1874, il se présente de nouveau à l’hôpital Gochin et est encore une fois reçu dans le service du D r Bucquoy.

Il est considérablement amaigri ; il a un aspect cachectique. L’ictère de la peau et des conjonctives est très-intense. Le foie est encore très-volumineux, mais ne déborde plus le rebord des fausses côtes que de cinq travers de doigt environ. Il offre toujours la même consistance. Toujours point d’ascite ni de développement anormal des veines sous-cutanées abdominales. La rate est plus volumineuse qu’à l’état normal. Le sang, examiné au microscope, ne parait pas contenir plus de globules blancs qu’à l’état normal. Les articulations des deuxièmes avec les troisièmes phalanges offrent encore la tuméfaction dont il a été parlé plus haut ; de même pour l’articulation du gros orteil droit.

Le malade souffre beaucoup depuis plusieurs mois d’une éruption purigineuse qui résiste à tous les traitements.

Pendant la plus grande partie du mois d’avril, accès de fièvre avec frissons qui reviennent presque tous les jours. Dans la soirée, on administre le sulfate de quinine ; les accès disparaissent insensiblement.

Le malade commence à se plaindre que sa vue s’obscurcit, qu'il ne voit plus qu’à travers un brouillard.

Vers la fin de juin, on constate l’existence d’une conjonctivite double qui va augmentant. .

Le 10 juillet, on remarque à la paroi inférieure de la cornée droite une légère ulcération en coup d’ongle. La photophobie est intense. On tient l’œil droit continuellement fermé au moyen d’un bandeau et d’un tampon de ouate.

Le 30 juillet, l’ulcération de la cornée est presque complètement cicatrisée; la conjonctive-est moins intense.! Depuis quelque temps J... tousse; l’expectoration est muco-purulente. A l’auscultation des poumons, râles sibilants et sous-crépitants disséminés.

Au commencement d’août, le foie ne déborde plus les fausses côtes que de quatre travers de doigt. Toujours ni ascite, ni développement des veines sous-cutanées abdominales. De temps à autre, douleurs assez vives dans l’hypochondre droit. Le malade maigrit insensible- Hanot. 18

ment ; il perd les forces. L’ictère est toujours bien accusé.: les selles continuent d’avoir l’aspect ordinaire.

Au mois d’octobre, je foie a encore un peu diminué de volume ; il dépasse le rebord des fausses côtes de trois travers de doigt environ l. [Point de développement anormal des veines sous-cutanées abdominales; un peu d’ascite. Même ictère. J., décline rapidement. Depuis quelque temps, taches pétéchiales aux membres inférieurs. L ulcération de la cornée-droite a augmenté depuis quelque temps. Insensibilité de la cornée et de là conjonctive. Tout le segment antérieur de l’œil est notablement atrophié. Conjonctivite double ; amblyopie.

15 octobre.-—Pendant la nuit, le malade a vomi une grande quantité de sang. Il a eu également une épistaxis abondante. Le matin on le trouve, à la visite, la face souillée de sang vomi, profondément abattu. Nombreuses taches pétéchiales sur tout le corps.

Le 16, J. a encore vomi un peu de sang pendant la nuit ; il se plaint de douleurs dans les membres et dans l’abdomen, qui est distendu par les gaz ; un peu d’ascite. L’abattement augmente. Le soir, 38°,8.

Le 17, l’ictère augmente. Diarrhée abondante de selles porraeées, d’odeur infecte. Pas de vomissements bilieux.

Soir. T. 38,6. P. 86. R. 32.

Le 18, subdélire pendant la nuit. Prostration. La diarrhée persiste. Il accuse des douleurs assez vives dans l’abdomen.

Matin. T. 38,2. P. 84. R. 28.

Soir. T. 38,4. P. 96. R. 32.

Le 19, le matin, l’intelligence est assez nette. J... me dit qu’il va mourir, qu’il peut me faire ses adieux. Il se plaint continuellement de douleurs abdominales. L’abdomen est notablement distendu ; matité jusqu’à l'ombilic ; sensation de flot peu accusé.

Soir.'T. 38. P. 112. R. 32.

Le 20, le malade succombe dans la matinée, sans convulsions.

Autopsie. — Point de lésions importantes de l’encéphale ni de: la moelle. Le liquide céphalo-rachidien a une teinte verdâtre trèsaccusée.

Les deux poumons sont fortement congestionnés et présentent sur les coupes quelques infarctus noirâtres du volume d’une noisette.

Le cœur pèse 380 grammes. Le tissu du coeur est flasque et a une coloration feuille-morte. Point de lésions valvulaires. Quelques légères plaques d’athérôme sur la face interne de l’aorte.

Ecchymoses interstitielles dans le muscle diaphragme.

La rate est très-volumineuse ; elle pèse 750 grammes ; son tissu

est profondément ramolli, teinte lie de vin. La surface est recou verte de plaques laiteuses, plus ou moins épaisses'. Le volume du foie dépasse de beaucoup son volume ordinaire. Il pèse 2,380 grammes.

Diamètre vertical, 20 centimètres. Diamètre transversal, 27 cent.

Quand on a enlevé les fausses membranes infiltrées de sang qui l’unissent à la face inférieure du diaphragme et à l’estomac, le foie apparaît avec une teinte vert foncé généralisée. La surface est chagrinée, mais les saillies ne dépassent guère le volume d’un grain de millet. Le tissu est assez dur, mais n’offre pas la résistance ligneuse du tissu d’une cirrhose atrophique.

Nulle trace de cicatrices. La coupe est légèrement granuleuse; sa coloration est vert épinard; elle, est sillonnée de taches grisâtres, d’ailleurs, assez peu apparentes au milieu delà teinte foncée du tissu.

La vésicule est remplie de bile; pas plus que les gros conduits biliaires, elle ne contient de calculs. Dans le canal cholédoque, la muqueuse est recouverte d’une légère couche de mucus jaunâtre ; l’orifice ou conduit dans le duodénum ne présente # rien de particulier à noter.

Les ganglions du hile hépatique, infiltrés de bile, ne sont pas sensiblement hypertrophiés ; ils n’exercent aucune compression sur les gros troncs des canaux biliaires qui sont complètement perméables.

Des morceaux du tissu du foie sont placés successivement pendant vingt-quatre heures dans l’acide picrique, la gomme, puis l’alcool absolu. Les coupes sont teintes par la teinture de picrocarminate et montées dans la glycérine. ■ Quand on examine les coupes au microscope, on voit que tous les lobules Sont complètement infiltrés de bile et de pigment biliaire. La plupart des cellules ne sont plus qu’un amas de granulations pigmentaires infiltrant le protoplasma où le noyau a disparu, et mélangées de gouttelettes graisseuses. Les mêmes granulations, presque toutes d’un vert foncé, remplissent également les espaces intercellulaires. Par places, les cellules présentent une dégénérescence graisseuses beaucoup plus accusée, quelques-unes sont réduites à une ou deux gouttelettes de graisse autour desquelles le protoplasma, coloré en jaune verdâtre, forme une couche plus ou moins mince.

Ces lobules sont séparés les uns des autres par des tractus de tissu conjonctif fibrillaire qui ont jusqu’à 0 m ,03 d’épaisseur et par places dépassent notablement le diamètre des lobules. Ces faisceaux fibrillaires s’engagent entre les cellules périphériques des

lobules qu’ils atrophient plus ou moins et se perdent dans les amas de granulations pigmentaires interposées entre les cellules.

Ces faisceaux de tissu conjonctif fibrillaire qui s’entrecroisent dans tous les sens sont sillonnés de nombreux canalicules biliaires; ils forment comme des réseaux capillaires et sont complètement remplis de granulations pigmentaires jaunes ou verdâtres ; on distingue, au milieu de ces granulations, des petites cellules polyédriques se rapprochant plus ou moins de la forme cubique et contenant elles-mêmes des granulations pigmentaires-

Il n y a rien de bien particulier à noter pour les radicules de lai veine porte qui par places semblent un peu plus larges qu’à l’état normal.

Le rem droit pèse 200 gr., le gauche 175 gr. Congestion intense de la substance médullaire. Aspect jaunâtre de la substance corticale.

La cavité péritonéale tout entière est remplie d’une grande quantité de sang, converti en caillots noirâtres qui surnagent dans un liquide séreux fortement coloré en jaune verdâtre.

Ces mêmes caillots se retrouvent dans le sac d’une hernie inguinale droite ; sa face interne est tapissée de fausses membranes infiltrées de sang.

Le feuillet viscéral du péritoine est transformé aussi en fausses membranes épaisses et infiltrées de sang.

Ecchymoses'disséminées dans l’épaisseur de la paroi de l’estomac et de l’intestin.

La muqueuse gastro-intestinale est teinte en noire par la matière colorante du sang. Point de lésions appréciables de cette muqueuse.

Obs. XIV (personnelle).

D... (Simon-Paul), 39 ans, forgeron, né à Paris. Entré le 16 juillet 1874 à l’hôpital Cochin, service du D r Bucquoy. Son père a succombé à un traumatisme, n’ayant jamais fait aucune maladie ; sa mère vit encore et se porte bien ; il en est de même de plusieurs frères et sœurs.

Lui-même avait toujours joui d’une excellente santé jusqu’en 1871.

Il a été soldat pendant 6 ans. En cette qualité il a été en Afrique, en Crimée et en Italie, sans jamaisy avoir fait aucune maladie.

Il avoue avoir abusé de l’absinthe, étant au service, et de vin blanc depuis qu’il est revenu. Il n’a pas eu la syphilis.

Il était à Paris pendant le siège, mais sa maladie aurait commencé un peu après la Commune, à la fin de la lutte. Sur la dénonciation d’un voisin, des soldats vinrent pour l’arrêter ; il était à table, il eut une grande frayeur et fut pris presque immédiatement d’une jaunisse intense. Cette jaunisse disparut bientôt ; mais à partir de ce moment. D... remarqua que sa face prenait souvent une légère teinte jaunâtre en même temps qu’il ressentait quelques douleurs dans l’hypochondre droit et qu’il perdait insensiblement les forces k t l’embonpoint. Mais c’est surtout à partir du milieu de 1873 que sa santé s’altéra sérieusement. L’ictère était devenu permanent ; il était généralisé et s’était accusé de plus en plus ; de temps à autre, quelques douleurs, d’ailleurs toujours peu vives dans l’hypochondre droit. L’abdomen avait enflé. Les forces avaient notablement diminué, bien que l’appétit fût resté assez bon.

Il alla ainsi jusqu’au commencement de 1874, continuant son travail avec peine et irrégulièrement.

En mars 1874, il reçut les soins d’un médecin éminent ;qui fit dans l’hypochondre droit une ponction avec l’appareil Potain ; il ne sortitque quelques gouttes de sang. Après un peu derepos, il se son lit mieux et reprit ses occupations, mais dès le mois de mai ses forces l’abandonnèrent de]nouveau, etilfutobligé de garder la chambre. A bout de ressources, il se décida à entrer à l’hôpital Cochin.

On est d’abord frappé par la coloration de tout le tégument externe qui est d’un jaune brun, comme les sclérotiques. La face et les membres sont amaigris, surtout si on tient compte d’un renseignement donné par le malade, qui dit avoir été autrefois fortement musclé. Par contre, l’abdomen est considérablement développé. La percussion démontre que le foie est très-hypertrophié; la matité commence à deux travers de dotgt au-dessous du mamelon et descend à dix travers de doigt au-dessous des faussés .côtes ; elle s'étend à tout le creux épigastrique, une partie de l’hypochondre gauche et de la région ombilicale. La tumeur que la palpation fait reconnaître au niveau de cettte matité est lisse, dure, douloureuse à la pression.

Point de veines sous-cutanées abdominales, anormalement développées. Point d’ascite appréciable. Point d’œdème des jambes; le malade dit que lorsqu’il a fait une marche assez longue, ses jambes enflent. Rien à noter au cœur et aux poumons. L’appétit est assez bon.

Le malade dit qu’il vomit quelquefois, très-rarement; constipation

Page 1