‹ Étude sur une forme myélopathique du blenno-rhumatismeChapitre 15 sur 39 · D RE · texte numérisé non relu

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« papilles dermiques pour venir se loger dans les interstices épithé- « liaux.

« Autour des noyaux, peu ou pas d'état vacuolaire, et encore n'est-il « pas sûr, là où il existe, qu'il ne soit pas dù à l’action un peu trop forte € d’un réactif aussi énergique que la liqueur de Flemming.

« Rien, en somme, de caractéristique ni de profond dans ces lésions « de la peau ; une dermite papillaire superficielle, résolutive, accom- « pagnée d'hyperactivité formatrice et kératénisante de l’épithélium « malpighien ».

Parmiles troubles trophiques cutanés, nous devons signaler encore l’épaississement de la plante des pieds qui peut atteindre jusqu'à un centimètre el plus ; les déformations subies par les ongles qui augmentent de volume, se marquent de stries longitudinales ou transversales, deviennent à l’état de masse cornée morte, brunâtre qui ne tarde pas à tomber (Obs. de MM. Jacquet et Launois), laugmentation du nombre des poils et la chuté progressive, symétrique et indolore des dents, relatée dans une observation de MM. Félix Allard et Henry Meige.

Troubles osseux. De toutes les déformations osseuses, les plus fréquentes sont celles du pied. Il est, en effet, le siège des difformités spéciales qui lui ont fait donner le nom de Pied blennorrhagique par le professeur Fournier et dont les deux caractères principaux sont l'aplatissement de la voûte plantaire et l'hypertrophie de la région calcanéenne.

Les pieds forment des masses volumineuses presque informes, dues aux lésions osseuses et articulaires ; ils sont comme {assés, épaissis et raccourcis dans leur diamètre antéro-postérieur. Leur point d'appui sur le sol est plus étendu que normalement (Obs. IX).

Les orteils sont également augmentés de volume et prennent les formes les plus variées. Ils peuvent être reje-

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tés en dehors,-en coup de vent, former une espèce de Z et chevaucher les uns sur les autres (Obs. V). Le gros orteil, en hallux valgus, peut s’insinuer sous le deuxième, le soulever fortement afin de se mettre en contact avec le troi-

sième, de façon à ce que le second orteil soit sur un plan

supérieur à tous les autres et fasse une forte saillie à la face dorsale, comme dans le cas signalé par M. Jacquet. L'hypertrophie du calcanéum, qui contribue à la déformation du pied se retrouve même dans les formes légères du blenno-rhumatisme. Nous avons déjà parlé de la douleur qui siège au talon, dans quelques cas, elle existe seule mais

fort souvent elle est accompagnée de cette déformation ca-

ractérislique.

Comme toutes les lésions signalées jusqu'ici, celle-ci est ordinairement symétrique.

Il y a, comme l’a montré Jacquet, calcanéite ossifiante et Ayperostose évidente au niveau de l’attache du tendon d'Achille et de la facette lisse et cartilagineuse qui lui fait suite. « On conçoit ainsi que l'extrémité inférieure du ten- « don soit à la fois renflée et refoulée en arrière, de manière « à constituer la saillie calcanéenne postéro-supérieure et « le sillon qui ia sépare de la partie postéro-inférieure de « los, ou encoche achillo-calcanéenne. De plus il est non « moins évident que les faces latérales, surtout l’externe, sont « hyperostosées, ce qui explique l’accroissement du talon « dans le sens transversal ; enfin la tubérosité inféro-externe « est anormalement développée, et la douleur sous-calca- « néenne des tatalgiques trouve là, elle aussi, un substratum « anatomique positif ». Il ÿ a en somme tuméfaction en « masse du calcanéum qui en double littéralement le volume « et constitue un énorme massif talonnier ».

Les déformations articulaires se remarquent surtout dans la forme que le professeur Fournier désignait sous le

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nom de Polyarthrite déformante pseudo-noueuse, qui a été décrite avec soin par son élève Do Amaral, Cette forme, est rarement primitive el apparaît souvent à la suite de plusieurs attaques de rhumatisme. Les grosses articulations, entre autres celles du genou et du coude, sont les premières atteintes, mais les petites jointures, pour être prises les dernières, ne sont pas épargnées, comme l'ont prouvé les travaux de l'éminent syphiligraphe, et si l'hypertrophie des extrémités éphiphysaires du tibia et du fémur est très commune, celle des extrémités épiphysaires des phalanges et des phalangettes est loin d’être rare.

Les doigts, si la maladie porte sur l’articulation de la première phalange avec la deuxième, deviennent fusiformes (doigts en radis de Fournier).

La face dorsale des mains peut être également le siège de grosses saillies hémisphériques dues à l’hypertrophie des têtes métacarpiennes ; finalement, après plusieurs attaques, la main peut en arriver à offrir la déformation en griffe.

Les extrémités osseuses des articulations subissent une augmentation de volume, parfois considérable, et peuvent même être le siège de végétations ostéophytiques qui s'attachent à elles par un pédicule plus ou moins volumineux, ainsi que l’ont démontré les recherches radiographiques de M. Achard (Société médicale des Hôpitaux 1896)

À côté de ces Aypérostoses, il peut y avoir au contraire raréfaction des os, comme le prouvent les mouvements anormaux antéro-postérieurs et de latéralité, que l’on peut faire subir aux surfaces articulaires.

Ces arthropathies sont en général peu douloureuses, à moins qu'on exerce sur elle une forte pression. Elles sont remarquables, comme le disait M. Launois, par leur évolu- | tion torpide, par leur généralisation et leur symétrie.

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Amyotrophie. — L'amyotrophie accompagne toujours les arthropathies ; mais elle peut exister sans elles. Elle peut rester localisée ou au contraire être généralisée. Dans le premier cas, elle s’observe de préférence dans les muscles des membres inférieurs, ceux des mollets et des cuisses, en, particulier. Cette fonte des masses musculaires peut atteindre un tel degré que les mouvements volontaires deviennent complètement impossibles, et que le malade, condamné à l'immobilité absolue, arrive vite à un état voisin de la cachexie.

Le malade de M. Launois nous offre un saisissant exemple de cet état émacié, consécutif à une amyotrophie généralisée. « Il est pâle et décharné, endolori de partout, incapable de faire un mouvement, Les membres atrophiés ne présentent aucun relief musculaire ; à peine au moment des contractures volontaires, quelques cordes viennent elle faire saillie sous les téguments recouverts de longs poils et témoigner de la présence des muscles pour la plupart disparus ». A chaque blennorrhagie, cet amaigrissement devient rapidement considérable, si bien que lés mouvements volontaires sont complètement impossibles. Quand, après un effort très grand, le malade cherche à détacher les talons du lit, il est obligé de reconnaître son impuissance fonctionnelle, On voit quelques faisceaux intacts se contracter ; au niveau de la cuisse, le couturier, par exemple, former un étroit ruban qu’on peut suivre jusqu'à ses insertions supérieure et inférieure.

La généralisation de lamyotrophie, comme d’ailleurs la rapidité de son évolution, ne peuvent être attribuées à l’immobilisation à laquelle est condamné le malade: on la retrouvée dans des masses musculaires qui n’avaient aucun ; rapport analomique ni physiologique avec les articulations

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-alteintes ; quelquefois même l’amyotrophie n’a jamais été accompagnée d’arthropathies.

Il en est ainsi dans l'observation suivante que nous avons recueillie à l'hôpital Tenon.

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