‹ Étude sur une forme myélopathique du blenno-rhumatismeChapitre 16 sur 39 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

(Recueillie dans le service du docteur Launois, hôpital Tenon.

(Personnelle)

Le nommé G. V..., âgé de 25 ans, cuisinier, entre à l'hôpital Tenon, le G février 1900, salle Parrot, pour des douleurs diffuses occupant tous les membres et particulièrement les membres inférieurs,

Les antécédents héréditaires sont entachés d’arthritisme : son grandpère était goutteux, sa grand’mère maternelle et son père rhumatisants. Sa mère est bien portante mais très nerveuse. Ses frères et sœur sont morts en bas àge.

Dans ses antécédents personnels on trouve une rougeole à six ans, et une fluxion de poitrine à 7 ans, à la suite de laquelle, il est resté longtemps anémié. Il n’a jamais eu la syphilis, jamais de crises nerveuses, jamais de douleurs.

Au commencement du mois de novembre dernier, bien que surmené par son travail, il fait encore quelques excès génitaux. Il contracte une blennorrhagie accompagnée d'un écoulement abondant, de douleurs vives en urinant. Il se soigne par des tisanes et continue à exercer son métier. À partir de ce moment, il supprime toute boisson alcoolique et ne prend que du lait. Un mois après environ l'écoulement était insignifiant.

Le 25 décembre, apparurent en même temps des douleurs spontanées dans les deux cuisses occupant les masses musculaires innervées par le crural. Elles ne furent pas assez vives pour l’empêcher de continuer son travail. À

Le 1er janvier, les douleurs s'étendent à tous les membres inférieurs le long du trajet des sciatiques. Elles sont plus vives. Les muscles postérieurs de la caisse et ceux du mollet sont surtout douloureux. Les pieds ne sont pas atteints. Le malade est obligé de garder le lit.

Le 3 janvier, les douleurs se généralisent aux masses lombaires et aux membres supérieurs, sans atteindre toutefois le degré d'acuité qu'elles ont aux membres inférieurs. Le bras droit est atteint le premier et plus fortement que le gauche qui est pris le lendemain.

Le malade soulève difficilement son bras droit et élève avec peine la main à la hauteur de la bouche; la force musculaire des muscles du bras et de la main est bien diminuée.

Les articulations sont intactes.

Toutes ces douleurs sont intermittentes, surviennent par accès et siègent tantôt à droite, tantôt à gauche. Elles sont plus fréquentes dans les jambes. Elles deviennent bientôt si violentes que le malade se dé. cide à entrer à hôpital Beaujon, le 4 janvier.

Il est pâle, d’une faiblesse excessive et a beaucoup maigri.

Sous l'influence du repos absolu, du salol, du copahu et du salicylate de soude, les douleurs diminuent. Il sort de l'hôpital le 12, incomplétement rétabli, se repose huit jours chez lui et reprend son travail.

Le malade pratique le coït, sans qu’il y ait recrudescence de l’écoulement. Quatre jours après, cependant, les douleurs réapparaissent plus intenses que la première fois. Les membres inférieurs sont pris d'emblée et en totalité, à l'exception du pied. L’amaigrissement augmente et, le 2 février, il rentre à Beaujon, où par suite de l'encombrement des salles on ne le garde que deux jours,

Pendant son séjour à l'hôpital, et malgré ses vives souffrances, on ne constate aucune rougeur de la peau, aucune tuméfaction au niveau des articulations qui étaient intactes, Il n’y avait d’ailleurs aucune gêne des fonctions articulaires,

Pas la moindre fièvre,

Le 6 février, le malade entre dans le service de M, Launois, salle * Parrot. La journée de son entrée dans la salle, ses douleurs furent plus vives, plus aiguës et plus fréquentes, surtout la nuit.

Le 9 février, les douleurs sont un peu calmées et sous l'influence du sirop de morphine qu’on lui a donné, le patient a eu un peu de sommeil,

Le malade a le teint blafard, I est anémié, amaigri. Les masses musculaires des jambes et des bras sont fondues en masse et les parties molles de la région sont flasques. L’atrophie ne porte pas sur un groupe musculaire plus que sur un autre,

La peau est d’une päleur extrême, mais ne présente aucun trouble trophique ou vaso-moteur, aucune éruption.

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