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reprises par mes internes MM. Lacapère et Mahar, n’a jamais permis de constater la présence du gonocoque, par contre, le coli-bacille existe en grande abondance dans l'urine.
En dehors des prescriptions symptomatiques, le malade est soumis à l’action des bains de vapeur qu’il prend dans son lit.
Malgré l'intégrité du cœur et des vaisseaux, le pronostic n’est pas sans présenter une certaine gravité.
Dès le premier avril cependant, une légère amélioration peut être constatée ; le malade parvient presque à croiser les deux jambes, il peut même manger seul, en se servant de la main droite, à la condition que le coude soit appuyé sur un coussin légèrement soulevé.
Le 10 avril, on note de l'iritis qu'un traitement approprié fait rapidement disparaître.
Peu de temps après, l’eschare s’est cicatrisée ; quelques mouvement de va-et-vient des jambes peuvent être exécutés assez facilement.
Dans les premiers jours de juin, les cornes cutanées des gros orteils ont été détachées ; formées par des lamelles épidermiques superposées, elles ont laissé à la place une exulcération dermique villeuse, superfcielle. Quelques semaines après, survient la chute de l’ongle de l’orteil gauche. '
L'amélioration constatée au bout d’un mois, a été sans cesse en augmentant. Les mouvements, de moins en moins douloureux, augmentent progressivement d’étendue. Les déformations articulaires encore très appréciables, ont singulièrement rétrocédé. La pression provoque encore de la douleur, soit au niveau des articalations qui ont été les plus atteintes, soit au niveau de celles qui, comme à la colonne vertébrale, n'étaient le siège d'aucun gonflement.
Dans ces derniers temps, se sont développées sur la face dorsale du pied droit, de petites saillies coniques disséminées irrégulièrement les unes à côté des. autres. Formées au dépens de la couche cornée de l'épiderme, elles constituent de petits amas kératosiques et, par leurs. caractères, se rapprochent des croùles cornées développées au niveau des deux gros orteils.
Nous avons assisté au retour progressif des fonctions des membres, qui sont loin encore, d'être parfaites ; notre malade à pu hier se tenir debout, en s'appuyant, auprès de son lit ; il a pu aujourd'hui être transporté jusqu'ici, afin que vous puissiez contrôler l'exactitude de la description qué nous avons donnée de sa maladie et faire les réflexions
ECSTORES
que vous suggérera l'observation que nous venons d’avoir honneur de rapporter devant vous.
Par suite des transformations faites à l'hopital Hérold, ce malade fut envoyé à Saint-Louis, dans le service du professeur Fournier où après un séjour de six semaines, il reprit assez de force pour pouvoir se tenir debout, sans aide, et marcher un peu dans la salle.
Nous avons revu ce blennorrhagien le 16 février 1900. En six mois, son état général s’est si amélioré que le malade n'est plus reconnaissable. La figure a repris de l'embonpoint et des couleurs, et tous les muscles, du volume. Les masses musculaires des cuisses ont repris peu à peu de la fermeté, puis peu à peu les mollets se sont fortifiés et les membres supérieurs. La peau est normale
Les mouvements de la plupart des articulations sont revenus et ne sont plus doulourenx; les déformations des jointures ne sont plus apparentes, sauf cependant pour les articulations des orteils. La tête a toute sa mobilité; le coude gauche a retrouvé tous ses mouvements. Au palper, on constate encore une légère déformation du coude droit, et les extrémités osseuses sont encore un peu hypertrophiées ; l’extension d’ailleurs n’est pas complète. Les poignets sont intacts. Le genou droit est revenu à son état normal et l'extension complète est facile. Les articulations tibio-tarsiennes n’offrent rien de particulier,
Quant aux pieds, tout en ayant subi une notable amélioration, ils restent encore déformés. L’aplatissement est moins grand mais subsiste encore et l’axe médian du pied est encore un peu dévié en dehors. Les orteils toutefois sont moins déjetés sur le côté externe, ils chevauchent moins les uns sur les autres et tendent à revenir sur le même plan et à reprendre leur position normale.
Un nouvel ongle apparaït au gros orteil presque ankylosé.
Les phénomènes nerveux sont bien diminués, mais il existe encore un peu d’exagération du réflexe rotulien.
Le malade qui, depuis quatre mois, marche très souvent dans sa chambre, peut, depuis six semaines, faire quelques courtes sorlies, appuyé sur deux cannes. Il monte facilement les escaliers, mais pour les descendre, est obligé d’aller à reculon (ses fléchisseurs étant plus forts que ses extenseurs). Toutefois la marche et la station debout le fatiguent vite et les douleurs du talon apparaissent bientôt. Les autres douleurs sont disparues. Les appareils respiratoire et circulatoire sont bons, l'appétit est revenu, mais le malade dont le caractère est porté à la tristesse a toujours peu de sommeil.