INTRODUCTION
Si on étudie d'une manière générale les manifestations articulaires da la blennorrhagie, on voit, comme l’a montré le professeur Fournier, qu’elles se présentent avec des caractères cliniques différents et on se rend compte qu'elles n'ont pas toutes la même pathogénie.
Les unes, évoluant comme des arthrites aiguës, sont. dues, ainsi que l’ont prouvé les examens bactériologiques, à l'apport direct dans les jointures des germes pathogènes, le gonocoque ou les microbes pyogènes qui lui sont associés. Les autres ont une marche chronique et constituent de véritables arthropathies, comparables à celles que l’on observe dans nombre d’affections organiques ou dynamiques du système nerveux.
Parmi ces dernières, il en est qui semblent imputables à des lésions médullaires réelles car elles paraissent s’accompagnaer de phénomènes myélopathiques non douteux. Il en est d’autres, par contre, qui coexistant avec des manifestations nerveuses passagères, ne semblent pas être symptomatiques de troubles bien profonds du névraxe, et paraissent plutôt trahir une lésion dynamique de la moelle ou des nerfs périphériques.
C'est cette forme névropathique des arthropathies observée dans le b/enno-rhumatisme que nons nous proposons d'étudier dans cette thèse ; elle a été entrevue, dès 1892, par Jacquet et étudiée depuis par lui et par plusieurs
auteurs.
MAG Rte
Le plan de notre travail se trouve tout entier contenu dans les conclusions du premier mémoire de M. Jacquet (1).
« En résumé, écrivaitl, il me paraît fort possible que les arthropathies blennorrhagiques n'aient pas une origine univoque. L'influence évidente des dépressions du système nerveux, l'association fréquente, plus fréquente qu’on ne le dit et ne le croit, avec des troubles névropathiques (névralgies diverses, troubles de la sensibilité, etc.), l’aspect clinique de certaines formes (forme arthralgique) — la persistance de ces douleurs, leur retour chez des blennorrhagiens guéris, sous la seule influence d’une fatigue nerveuse, enfin, l’absence de microbes dans les épanchements séromuqueux, font songer assez légitimement à l’origine névropathique de ces arthropathies, peut-ètre par action sur les centres nerveux d’un poison, d’une toxine fabriquée par les organismes uréthraux ».
Nous nous proposons donc d’étudier certaines arthropathies observées dans le blenno-rhumatisme et de montrer que, par leurs caractères cliniques et leur évolution, elles semblent être en rapport avec les altérations dynamiques de la moelle ou des nerfs périphériques. Nous indiquerons aussi les différents troubles trophiques qui les accompagnent, et en particulier l’atrophie musculaire généralisée, contemporaine des lésions articulaires et les altérations cutanées qui évoluent parallèlement avec elles.
(1) JACQUET. Annales de dermatologie et de syphiligraphie, juin 1892. CIN