‹ Étude sur VauvenarguesChapitre 6 sur 6 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Essayons à présent de résumer, en quelques traits rapides , les données dispersées dans cette étude , et terminons par une Tue d'ensemble sur notre écrivain.

Les rares figures comme celle de Vauvenargues sont faciles à saisir, parce que, en même temps qu'elles frappent par la grandeur, elles brillent d'une radieuse simplicité. Les traits de la beauté intellectuelle et morale s'y dessinent avec netteté, avec harmonie.

Son âme était haute et à la fois modeste, comme il convenait à un homme qui, ayant placé fort audessus des vues et des désirs ordinaires, le type de l'existence humaine, comprenait mieux , malgré l'énergie des facultés dont le ciel l'avait doué, ou plutôt à cause de cette énergie même , les degrés marqués , sur l'échelle mystérieuse , entre le but et le point de départ.

Esprit élevé, ardente imagination, volonté droite et ferme, il tendait, par toutes les forces coalisées du cœur et de l'intelligence > vers le terme idéal, a Ce qui constitue ordinairement une âme » forte, » — a-t-il dit lui-même en dévoilant naturellement, comme toujours, un côté caché de son intérieur, — • c'est qu'elle soit dominée par quel- » que passion allière et courageuse à laquelle toutes » les autres, quoique vives, soient subordonnées^; » il n'appartient qu'aux âmes fortes et pénétrantes » de faire de la vérité le principal objet de leurs » passions '. »

C'est là lui, bien lui, tel qu'en toute rencontre, spontanément ou involontairement, il se révèle. Ce qu'il avait souhaité avant tout, par dessus tout, — l'action , — lui fit défout. Et alors il se concentra dans le monde interne , et le grand tourment de sa vie inquiète devint le principe d'une activité nouvelle et supérieure , qui ne devait s'épuiser qu'avec son dernier souffle.

On composerait aisément, de ses admirables écrits maintenant rassemblés, sinon une complète

* Maxime 588, t. !•', p. 457.

* Maxime 467, ibidem , p. 444.

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