INTRODUCTION
« C'est un des grands avantages d^ notre siècle, dit l'auteur du Dictionhaire philosophique, que ee nombre . d'homme^s instruits qui passent de^ épines des mathématiques aux fleurs de la poésie, et qui jugent également bien ^i'^n livre de.métaphysique et d'une pi^ce de théâtre. C'est ce qu^n appelle les gens de Jettres...... ^Ge mot; jijoule-
t-il, répond^ précisément à celui tic gramlhairien. Ghezlets ' Grecs et les Ilomains, on entendait, par-là, non seuremejit un iiomme versé (kns la grammaire proprement dite, mais un hoTT^me qui n'était pas étranger dans la géométrie' dans la; philosophie, "dan§ l'histoire .générale ^^f'particulière,,qui surtout fesait son étude de la poésie ^ncte ''^''Pquence » h); Si . l'on prenait ce.mbl dans lèC^^l^tfqne, Voltaire seraU peut-être le plus illustre |^ram mai rien qui>ait^jamais paru^sur la terre. San^ doute ses contemporaine, éblbuis par le succès de ses ouvrages, n'ajoutèrent point la palme grammaticale à toutes celles qu'on lui avait décernées. Il n'est guère question de ses îoeWnt^ dans le Journal des S^amnta;, et quand, après sa mort, un de '
(i^Dictionfiaire philosophique, sivi. Gens de lettres, éd. Beuchof. '^ \. XXX, p. 43-45. ° ^
ses ennemis le fait voyager dans les enfers (^), otljHb grand non^re de personnages illustres lui disant fes
^ *\ r vérités, on ne voit pas qu'il rencontre aucun philologae.
Cependant, si on a pti recueillir dans ses ouvrages de quoi *former une Rhétorique et une Poéti(jue\2)^ on pourrait tout aussi bien en tirer une grammaire. Il aboràe, dans son Dictionnaire philosophique, les questions générales de lin- ^ guistique et d*étymologie ; il cherche à profiV^ de son
influence pour réformer l'orthographe; il donne parfois des consultations grammaticales aux grandes dames C^ et aux gens du monde ; il se fait scoliaste dans soîi Commentaire sur Corneille ; ii écrit pour V Encyclopédie des articles sur nqtrè versiûcation qu'il cherche à comparer à celles de nos voisins. Animé dé la préoccupation constante d'ap-, prendre notre lanjg;Ue aux jeunes geros et aux étrangers, il ; , travaillé a,u-tHclidnnaire de V Académie : sa dernière pensée est de faire composer par ses confrères, sous sa direction, un ouvragé ,qui 6ût été une sdiptè d^ Encyclopédie, grammaticale. '"
Comment le prince des philosophes devint^il ^un grammairien ? « L'infatigable mobilité de son âme de feu », cominedit Rivarol, devait îenlrainer à tout voir et à tovit savoir. Rien de ce qui touchait aux kittres ou aux ptaisirs de c l'esprit ne pouvait 4ui Hre étranger : aussi ne peut-on parler du xvin? siècle sans parler de Voltaire, et quand 6n parle de Voltairé'on parle de tout. Au premier abord^ cet esprit fodle . et brillant j)arait pei^ fait, pour s'arrêter aux difficultés d*une Yscience épineuse, et semble plus propre à' 1^ railler qu'à les
^ surmonter. M^is le bon sens qui abandonne rarement ce
génie éminemment fîrançaià ne lui permet point de dédai*
I ' I I I II lin I I 1 I I i 'm Il I ' ' ■ • ».
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* (i) Voltaire parmi lèêombrèê, par Tâbbë Gaocbat, 4776. '
(!2)Lfkeomhe, Poétique dt VoUaire. Genéfe VM, — Elol loluuiiiMiif ^ . Rhétorique et Poéiiqué de VoUmr9i.PwUi9»> .
^ ^ <^) Le$tre9àladuehe»êedeChoiêeul,i^ivmétiT^i;^ ttrri^i^^ tm chévtUiéi' de Vhte, 15 décembre 1773^
imijuitaing^r
gner aucune partie, si petite qu'elle soit, des connStiBsances humaines. Pour être grammairien, il est vrai, il faut être quelque peu ôrudit, et c'était alors la mode -de dédaigner les travaux dks érudits des Ages précédents, de se mpquer de leur science hérissée, souvent barbare et quelquefois ridicule. € C'est \ïM espèce^ mérite, écrit d'Alembert, que de faire peu dç^jMis de tous ces savants.... C'est môme un mérite que beaueoup de gens se contentent d'avoir (i) ». Voltaire ne partage point ce dédain. S*il lance parfois quelques boutades contre l'éruditon, elles sont dirip^ns contre les compilateurs et n'atteignent point les savants. Sans vouloir appeler ^ un orfèvre un grand ftbmme (î), » l'auteur du Siècle de Louis XIV n'oublie pas de rappeler que les Saumaize, les Dacier, les Bouhier, les^Baluze, les Danet, les Montfàucon, les Ducangeont fait^fies travaux indispensables, quoique ces écrivains « soient plus utiles qu'ils n'ont eu de réputation »; et qu'ils méritent « notre étemelle reconnaissance après ceux qui ont fait servir leur génie h nos plaisirs (3). » Et si Voltaire n'est pas à proprement parler un érudit, il ne trouve peint qu'aucune partie de la science soit méprisable. Comme Duclos, il pense qu'en fait de grammaire et de philosophie < \me qUestion de mots est une question de choses {^) » ; il ne craint point de faire sur la langue française les remarques les plus minutieuses, et n'hésite pas à écrire dai^s if Dicti&nnaira philosophique plusieurs pages sur une question grammaticale. « C'est bieii^^eu de chose ijfu'un hémistiche, dit*il.... mais rien n'est à mépriser dans les arts ; les moindres régies sont quelquefois d'un très grand détail. » AvLStà doit-oh«Ia plus gn^'&nde reconnaissance aux auteurs de V Eticyclopédie « qui à forcé de peines sont parvenus à
(1) DisepuTB prjéUminairê à V Encyclopédie, p. xxi.
(2) Catalogué jdeê éeriv^AiM du tiècle de ïxniU XIV. Art. Niceron, XIX. iTO.
. (9) Ibid,, sHJDvmi, p. (H ; Ducange, p. 108.
(4) Commentaire êwrla Gramnuxire de Port-Royal, 1. 7.
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composer un ouvrage imniense qui doit répéter toute décfa* mation, tout paradoxe, toute opinion haiMirdée, mais qui exige que tout soit approfondi f) ».
Dans le Catalogue des (écrivains du grand siècle, les principaux grammairiens sont de tous lés savants les mieux traités.. Voltaire avait lu sans doute des livres beaucoup plus ennuyeux que des grammaires : d'ailleurs les circonstàhces . avaient miâ la science grapimaticale à la mède. Vaugelas et Ménage Rivaient laissé beaucoup à fiiire. Malgré les exemples des écrivains classiques, la lat^gue à la fin du xvii* siècle était loin d*être absolument fixée. Jui^qu 'au' milieu du xviii% on pouvait encore dosater comme l'aifait fait le Père Bouhours (2), sur les mot8|, sur les phrases, jla noblesse du langage, l'exactitude des constructions; sur l'orthographe, on devait hésiter plus longtemps' encore. En 1688, un avocat de Lyon, Âleman, éciiyait un livre dont le titre fseul montre l'incertitude qui régnait alors daijr^ la gramnoiûre :• c'est la Guerre civile des Français sW la langue (^; en 1737, l'abbé d'Olivet reconnaît qu^ j»erait encor^utile de composer d'après des règles plus sûreâ un ouvrage du même genre. Le Dictionnaire de V Académie éiaàt encore trop insuffisant; il était nécessaire de recourir aux Remarquée des Grammairiens pour%>arler le langage du bon toâ^ 'e| mén\e pour parleir correctement. • V
. Mise en honneur par la nécessité, la Grammaire allait présenter un attrait nouveau en prenant le caractère parti* culier du siècle ; elle allait être vivifiée par un esprit nouveau : « Autrefois, dit Voltaire, dans le xvi* siècle et bien avant dans le xvn« siècle, les littérateurs s'occupaient beaucoup de la critique grammaticale (|^s auteurs grecs et latins ; et c'est à leurs travaux que nous devons les dictionnaires,
(1) met. Phil., art. Hémiêtiéhêy XXX, feO. (S) Jkmtéê iur la,JLanguê framçai$e. S* édit*, 4fi7&. (8) A<mv«Uef oburvotidm ou Gwmre tMU ém Prmmçiâê Idng^nê. ■ ■'*'■■'
et
litions correctes, les commmitaires des chefs-d'œuvre de ràhtiquité. Aujourd'hui cette critique est moins nécessaire, et\'esprit philosophique lui a succédé. C'est cet esprit qui semble constituer le caractère des gens de lettres (^) ». On avait fait assez d'analyse ; il était temps dOj^e fiettre à la synthèse. Aux Remarques sur là langue suJredent les traités dogmatique^; après les observations viennent les systèmes. Aussi, n^est-il pour ainsi dire pas de livre de grammaire dpnt l'auteur ne se croie obligé de faire l'éloge de cet esprit philosophique qui permet enfin d'arriver à la véritable science. LaAquestion de l'origine et de la formation "^ des langues devait naturellement tenter les philosOj^hes, et elle suscite d'assez nombreux travaux. On s'attache à discuter sur le génie des dilTérénts idiomes,; on commence àrecl^ercher les cause;» de rqhiversfijlîté du français. ^ D'autre part, la science grammaticale prôpiÉment dite, « débarrassée d'un fatras 4'inutiles recherches 00 », et ' \ pénétrée des idées du jour, inspire^n réenntérôt^lna plupart des gens de lettres. L'Aqtdémie fait publier Wes ouvrages grammaticaux (3) ; l'abbé Gédoyn , l'abbé Rothelin, se chargent d'écrire sur les verhés et les parti culpi Duclos commente la grammaire de Port-Rôyaj et*^ cherche à transformer l'orthographe reçue ; dJ01^yèt publie ^ soiv traité de ProêodiCy ses EssaU de grammaire ^t sQ» " Remarques sur Racine : plus tard Marmohtel cherche " h approfondir legf prindpes de^ notre versification. Les encyclopédistes tiennent en grande estime la science du r langage et lui donnent une place considérable dans leurs articles. D'Alembert la détqid contre ses détracteurs (4); -
(1) Dia. PMI. Ibid:, p. 45. Cf. >i^ Mtres à d'OUvet, 5 janvier 1767,
et à Beauiée, 14 janvier 1708 , Z^- (3) Beauzée, Chnvwnàire g)hiéralë, iAU ^t. p. xix: (3) y. la préAuie d^ Rs^narqueê iur ta ^^i^ngtie française de Tabbë
d:01iTet.
<4) Diêe,prél. et art. dfudUim.
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Diderot ose reprocher à Molière d'avoir raillé le maître de M. Jourdain, et déclare (jne ce jour-là « le grand poète avait .^Ij'uidonné le caractère de philosophe et ({u'il n^* savait pas, conime aurait dit; Montaigne , qu'il donnait sur la joue du liourg'èois gentilhomme un so^flet aux auteurs (ju'il respectait le plus/!)». (M fait le plus grand pj^^ies^gramnïairiens.^En 4744^1,'^)hé Girard devient un desM)uarantâ^ans y savoir d'autre titre que. sén li^re des Sfjnoni/mes. Dumarsa^ (jtihi^ perfectionne la graiï^maire de Port-1\o*>^tl, esf conâid<'»i^,cpmme un g^iind homme: ^eauzée par sa Grammaire i^iérlUe, o'bti^nt ^JAls ^,(|u'uii succès d'estime; il reçoit une médaillé d'or, de l'impératrice Maricrl^ Thérèse, il est appHlé\|iar Frédéric, et remplace Duclos i l'Académie frimraise. .' .
^ Les ouvriiges grammaticaux de toute
plient sùrtQUt vers le milieu tfu siècle r^ji- n'est pss )ua^ ; .^>-;*;
r qvi'aux étrangers^ui lie s'essayeût a^éc|"ite sur la langue*^ Hj Jixmçaise' {^).vLes.''gens 4û Inonde eu:x-mêmes, semblent "" * s' int^} resserra la sùi^nce fc II y a parmi noUs, écrit
' ,enl755'le rédacteur de ffAii^iÉ?> hÉÉ^jraire, certaine^«veines ^'
* d'Quvrages qui n^jL<ârissent point. H «émble que les auteurs . f se donnent le tn|K'|)o^r t%riru à l'enW s la môi^e ma- /^
• titfrt^^^fî^c^u'à ce qu'its aic*nt,rassas|fpxfégoûté et .presque afesormiié^ lé public: La gr]Jniinak||i5^^4;ègnc depuil* quelque J,emps, et son cnljjjire (lurî^ jif%|u'nLce qu'elle cède la
vplace à un iurtre getirè , (|ui sera détrôné à, sgn tour ^par'un troisièine ('^) n. Les journaux, surtout V Année litié-
raSrc, suivent la mouv>ement et rendent comptai desouVra-
^es'des graminairien^. On prend parti pour ou contre
,^ux; on> discute 'leurs .mérites respectiïs , on discourt
sur l<^Ji avanlages. et" les inconvénients de leurs doctrines
{\):Enc. }n<\lh.. :\\\. \an(jiieK. |», W7. ■•(2) Kh JT.Mi, \\\\ Italk'/i, 11i.)»Ik; Autoiiini, imblie les Pn /^ grammah''^"'IJMh^J^&^rdiiquc et rainannée. (3) V. VAnJ^. liM., ibid \ . "
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appliquées à la pratique (i) ; et ces sortes d'articles paraissent être goûtés des lecteurs (2). Ces ouvrages ont d'ailleurs m grand succès ; certains libraires s'empressent de contre- ^re les plus répandus («^). Les auteurs, qui se font gloire èh ùe s'inspirer que du plus pur esprit philosophique, et -r^ ^' déclarât hautement dim's leurs préfaces qu'ils ne suivent
^*5 'V* ;^ que. la nMnre et la raison, prennent dans leurs avertis- "sèïiFJentè Un ton prétentieux et parfois dithyrambique ; on oni^lt des gens arrivés à la fortune l*). kl-, gV^inaire essaye même de sourire au public, et elle arrîv'éj^^iu'à grimacer. On cherche à unir l'intérêt à l'utiîté ; quelques uns écrivent, d'un style parfois bizarre, [)OÛr
(lent " I 5crit
ines / eurs ma Hjue Ique e la Itour HUerra- [ntre lourt hnes
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les daufl^s et les demoi^ollesO), d'autres ont une manière purement ridicule (^) ; apparemment la science comptait parmi ses -fidèles assez d'hommes de tout genre pour se permettre d'avoir des grotesques. Le public pctrait d'ailleurs s'intéresser aux questions qui concernent le langage. On organij^e des conférences où la grammaire marche de pair avec la littérature, et dans lesquelles on expose les prin-
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(l) /Md., 21 noy. 1760, loffie XIV.
(2 Kii 177i, l'abbé Fromaut écrit à Fréron : « Il y a longtemps que vos reiiilieii4ié font aucune mention de grannnairo. Vous savez pourtant que beaucoup «it personnes aiment ces sortes d'articles. » Ibid. 177i, t. V, p 2i7.
Ci) Ibid., VI. 137. ^
(i) V. le» préfaces de l'abbé Girard, de l'abbé Fromîmt, de Beauzéo, de NLlrmontel, de Court dé (îel)elin, etc. « Si les principes de la Langue étaient vraiment raisonnes^ dit l'abbé Fromant (préf. p. xiv), on n'éteindrait pas dans les glaces d'une sombre routine les beaux feux d'une ntfble imagination qu'on ne doit qu'exciter et entretenir dans le cours dés liumanité^. »
(5) Granvnaire des dames, par M. de Prunai, 1776. — Un autre ouvrage Tut jNublié sous le même litre quelques années après par l'abbé BarthélemV(Genève 1785). , '
0») Li préface d'un Traité de langue française, par M. do Lonchamp (Milan I7W>) contient cette .apostrophe : «(.Aile/, mon livre, allez chez les grands chercher fortune, etc. » Ce livre se termine par une épître du lAéme goût, adressée à Madame la Critique,
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cipes de Vorthographe et de TorthoZogfie , de la langue écrite et de la langue parlée (1). On va même jusqu'à donner des' spectacles grammaticaux eil présence de grands personnages. En 1739, au collège de Pontoise, devant le prince de Turenne et son gouverneur, le chevalier de Ramsay, (luehiues écoliers soutiennent un exercice sur les cr Principes généraux .et raisonnes du grec, du latin et du français » ; et l'abbé Fromant, leur maître, obtient assez de succès pour essayer de recommencer (2). En 1758, M^ d'Açarq, l'un des meilleurs professeurs de langue qui existent « dans la cai)itale »< fait parler ses élèves en public sur des sujets analogues, elV Année litiéraif'e se déclare enchantée des progrès des jeunes philosophes et de la méthode du maître O^). • .
(1) Ces conférences étaient faites rue de Cohdé, maison du riche Laboureur. I/;»bbé de la Pouyadè s occupait des questions littéraires ; ravocat-gi-ammairien Douchet traitait les questions grammaticales. V. Afin lin., 176i, t. I, p. 286, t. VIII. ç.214. :
(2) Fromant, Réflexions attr les fondemena de l'art de parler (1756). Préf. p. XXXV. . *-
(8) On ne songerait plus ^uère aujourd'hui à faire parler^dcs élèves sur de pareils sujets : « Chaque candidat, avanl»-que d'en venir à traduire lauteur-qu'il avait h interpréter, d'après lesprinciftes de M, d'Açarq, pro« npiiça une, harangue préliminaire instructive. I^ . premier exposa sommairement la nature de l'excrrice, et celle de la méthode de son mailre ; le second fit le parallèle de cette métiiode avec la méthode vulgaire ; le troisième présenta la traduction comme la voie unique pour entendre une langue morte ; le quatrième démontra que la construction ou la tlécomposition des phrases est une -condition essentiellç pour donner un sens à la tradtictioii énonciative; le cinquième traita deHIa nécessité de sentir et de suppli'-cr les ellipses pour faire une traduction énonciative, et indiqua les moyens qu'on a pour cet effet ; le sixième développa le fond de la langue franyaise qtie la ' plupai't des Français né savent que machinalement, et qu^ les Français eux-mêmes devraient étudier pour la raison qui leur en fait négliger l'étude, parce que c'est leur langue naturelle ; le septième disserta sur la langue .italienne, Hlle de la langue latine et ' srrur do la langue française, fit des observations sur cette maternité et sur cette sororéilé, si l'on peut [larler ainsi, compara les latiuismes, les gallicismes et les italianismes. I^es auteurs que l'on interpréta furent Phèdre, Ovide, Perso, Horace, Rousseau et l'Arioate. » (Atm. lUt., IT^ i, III, p. 10.) . • ^
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Puisque^la grammaire était à la mode, comment Voltaire n*eût-il pas fait le grammairien ? Il ne pouvait guère s'empêcher d'entrer quelquefois dans une carrière où, après tout, on pouvait recueillir quelques lauriers. Et ne trouvaitil pas là aussi des abus à redresser, des préjugés à railler, des superstitions à combattre ? Tour à tour: excité par
l'émulation ou par l'esprit d'opposition, il ne pouvait laisser personne acquérir de son vivant, en aucun genre, une réputation qui pût faire tt)rt à la sienne ; n'était-il pas toujours prétsè tout imiter, à tout critiquer, à toiit dominer ? Sans doute l'estime qu'on faisait de. Brequigny ou de Sainte-Palaye n'éveillait pas trop sa jalousie ; mais l'élève de l'abbé d'Olivet, le confrère de l'abbé Girard, l'ami de Duclos, le collaborateur de Dumarsais, ^e Beauzée et des * encyclopédistes iie pouvait point rester étranger aux questions qui préoccupaient ses amis, ej. dont quelques uns •avaient bi^n retiré quelque réputation ; d'autre part l'ennemi de Lefranc de Pompignan et du président de Brosses ji'était pas fâché de trouver dés occasions d'humilier ses adversaires en attaquant leurs phrases ou leurs idées.
Mais, quelle que soit l'importance de ces considérations, il en est une qui doit^les surpasser toutes et de beaucoup.' Voltaire était condamné à devenir grammairien par ridé(3 jnéme qu'il se faisait d'iin bon écrivain. Protéger et préserver de tout changement la langue française, telle qu'elle avait été écrite au siècle de Louis XIV, tel eét l'objet de sa constante sollioitucle et la préoccupation de toute sa vie. C'est kcette entreprise qu'il emploie la critique grammaticale, en apparence pour attaquer, en réalité pour défendre ; c'est là qu^il cherche à montrer comment la science de la grammaire doit être, de même (\ue toutes les autres, animée de ce souffle nouveau qu'il appelle V esprit philosophique. •
Mais la philosophie des ^sciences ne saurait être l'art d'en parler sanç les connaître; après tout la raison, ^ue\
FHTïïi-in iTrtTTTT-nrTrTT?mTÏÏMn?^inaMa^afliiiiai>
que soit -son pouvoir, ne peut s'exercer que sur des feits. Voltaire avait-il acquis ce qui est indispensable jiour résoudre les difficiles questions dont il allait s'occuper; c'est-à-dire une connaissance approfondie des différentes langues ? Possédait-il au moins suffisamment celles dont*^ l'étude peut éclairer au besoin les obscurités de la nôtre?
Au xviH« siècle > on cultivait peu les langues étrangères. Le français étant alors très répandu en Europe, on ne prenait pas la peine d'apprendre le langage de nos voisins qui reconnaissaient la supériorité du nôtre, et la haute idée qu'on avait naturellement de l'excellence de notre idiome fit négliger môme les langues anciennes. On dispensait le plus facilement du monde de ces études les jeunes gens appelés à faire la meilleure figure dans la société des savants et des académiciens: « Il ne s'agissait pas d'en faire des Anglair<, ni des Romains, ni des Spartiates, mais des Français, c'est^-dire des hommes à peu près bons à tout » (t). Il y avait beaucoup de gens comme le marquis de la Jeannotière, qui n'apprenait pas le latin, «parce qu'on parle mieux sa langue quand on ne partage pas son application entre elle et ies langues étrangères » C^). Voltaire n'était pas de cet avis ; il croyait que l'homme de lettres oevait ajouter à l'étude du latin et du grec, celle de l'italien, de l'espagnol, et surtout de l'anglais (3). Telles soq^ les langues qu'il avait lui-même étudiées, mais en s'occupant beaucoup plus de la littépture que des formes grammaticales et du mécanisme du langage.
Naturellement les gens de lettres savaiei^, le latin; mais bien peu d'entre eux en avaient une connaissance très exacte. On est étonné de voir les fautes commises par
(1) Voir les Uémoirea de Madame d'Epinay, t. I, p. 314 et suiv.
(2) Jeannot ff Colin, t. XXXIII, p. 371.
(3) Diei, PkU^,wi. GenêdtlêttraifL XXX, p.U. ^
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d'Alembert et La Harpe dans leurs traductions. M^oltaire ne pouvait pas se piquer de^ plus de ^récisîon que ses deux amis. Ce n'est pas qu'il ait négligé la langue de Virgile ; il Tétudie dans sa retraite de Cirey avec madame du Châtelet; il s'en occupe à Berlin avec Frédéric; il relit ses auteurs jusque* dans l'extrême vieillesse (^). 11/ fait pourtant des vers où la quantité n'est t)as toujours biei observée (2) ; il donne des traductions inexactes (3), et bien qu'il se moque, non sans raison, du fatin alambiqué de certains pirofesseurs de son temps ('i), il écrit à ses amis V quelques lettres dont la latinité laisse fort à désirer : elle est souvent gâtée par. des fautes assez graves (5j et devient de plus en plus défectueuse - à mesur;e qu'il avance en âge ; cela ne l'empêchait pas d'ailleurs de se moquer de gens qui en savaient probablement beaucoup plus long que lui. On sait combien il fit de gorges chaudes, avec d'Alembert, sur une phrase très correcte du recteur Gogé, et combien ils prétendaient tirer parti contre leur adversaire du contre-sens qu'ils faisaient tous les deux (6). Il
(1) Voir les lettre^du 29 mai 1733, du 9 février 1735 et du 27 novembre 176*.
(2) Ingenn incepta est, fit parv'ula casa. V. Alexis Piei-ron. Voltaire et ieê maîtres, p. 170.
(3) Placidum caput, « un (Vont qui apaise les tempêtes ». (Art. extraits dik la Gazette littéraire. Mël.^TOi et XLl, p. 140. Difficile est proprie communiae dicere. Il est dil^cile de bieii~lriMter un sujet d'invention : copimune^l dire ici intactum, ^jin sujet neuf. Le Préservatif. Mél. 1739. XXXVII. 551.
(4) 11 s'agissait de traduire en latin :,« thèse imprimée trop menu ». La Faculté ne put se tirer de ce pas : ils députèrent vers le sieur Lebeau, proresseur de rhétorique, qui envoya par écrit : thesim fusilium lit terarum tenuilate digestam, (Le Tombeau de la Sorbonne, Mél. 1753, t. XXXIX, p. 345.)
(.5) V^ir les lettres du 7 mai 1TJ2 ad président Bouhicr ; de mars 1740 àVabbé d'Qlivet (en latin), et une autre lettre sans date de 1748. 11 écrit par exemple : Ve pçecor mihi Semiramidem mandare (envoyer) cum tuis animadvereion^us. Cf. A. Pierrpn, p. 162, 172. , (6) Voir les lettres du 26 décembre 1772 et dos l*" et 9 janvier 1773.-- ^ a. PiiBrron;p.S840ituiv.
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est vt-ai qu'fi cette époque, Voltaire avait quelque peu désappris le latin; il ne le cultivait plus guère, et, brûlant ce qu'il avait adoré, il reprochait aiSx Jésuites àa>vouIôir resj susciter le siècle d'Auguste dans une langue qu'ils ^e l)ouvaient pas même prononcer 0). Au «reste, il n'avait poiht examiné cette ^ langue ^au point de vue philologique ; il s'en servait comme la plupart^e ses contemporains. On l'apprenait, un peu en xhétoricien; on la lisait en homme du monde ; il y avait ainsi beaucoup d'amateurs ^et peu de savaats. Cet état des études pouvait ne pas être trop défîprorable .'i la bonne littérature ; il était assez peu propiôe au développement de la science grammaticale.
On savait encore, moins le grée, et c'est à tort que Voltaire s'imo^ne qup^cette langue était mieux connue de son temps qu'au xvii« siècle (2). On n'en avait que des notions fort" imparfaites : l'Université la négligeait, les Jésuites ne la cultivaient pas davantage. Voltaire s'en plaint lui-même dans les Comeilê '^ un Journaliste; il regrette que cette langue soit si peu cultivée en France, mais, dit-il, il n'est pas permis à un journaliste de» l'ignorer ; car sans cette tîonnaissance il y a un grand nombre de mots français dont il n'aura jamais qu'une idée confuse (3). Cependant lui-même n'avait appris le grëc^que fort iricomplètement au collège. Il annonce dans ses lettres sur Œdipe qu'il a suivi la traduction de M. Dacier; on est porté à croire qu'il eût été assez embarrassé de recourir à r-original (4). En 1739, il essaye de lire Péraosthène, mais il ne l'entend guère et il renonce bien vite à un travail trop pénible et trop minutieux (5). A,u reste, il avoue
-Si — r-
(1) Catal. des Ecrivains du siècle de Louis XIV, art. Sauteul, XIX, 84. Cf. 12^1, art. ^ouvenci.
(•2) « Il (Longepierre) possédait toutes le» beautés de la langue grecque : mérite très rare en ce temps-là. » (CcUal. des Ecrivains, lip.^ ipi.) ' (3) A. XXXVII, p. 388.
(4) Lettre m, t. II, p. 28. '
(5) Lettre à Thiériot. 7 mai 1739. -
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son ignorancç « «^« «..„„ .„„„,^., ,
« qu'il est l'homme le moins grec qai soit au monde (0 *.
1 On n'a pas .^e'^^l^ei ne i\.l'<?n croire ; on trouve dans ses ouvrages (iu.antité de citations ' remplies de fautes, , de transcriptions et '. des traductions inexactes , de - mots formés d'une façon barbare (2). Dans le Micromëgas^ il se fait dire par un interlocuteur : « Pourquoi donc citez-vous toujours un certain . Aristote erî grec? » C'est, répondit-il, qu'il faut bien citer ce qu'on ne comprend pas du tout, dans la langue qu'on entend le moins (3). ».
L'auteur, sans s'en douter peut-être, faisait ici sa propre satire. Au reste il pouvait se résigner sans trop de peine ; Ji n'avoir du grec qu'une ^connaissance très imparfaite. Les savants contemporains^ citaient Platon et Denys d'Halicarnasse en latin, ou bien ils les citaient fort^al. Si l'on excepte les 'Mémoires,de l'Académie des Inscriptions, les ouvrages de ce temps sont presque tous défectueux à cet égard, et V encyclopédie elle aussi renferme des fautes qu'il , est bien difficile de mettre à là charge des typographes.
•^^ Voltaire avait appris quelques mots d'hébreu avec un
(1) Lettre à Chabanon. 9 mai 1772, t. LXVII, p. 381.
(2) Par exemple tdiotot. Un chrétien contre six juifs, xxi« niaiserie, t. XLVIII. 545, iapeineia. Dict.phil.f art. Humihlé ; iiMoçTQ(i,i(j«vpour itCKuçi^liYl'ôrav. — Ibid.y art. Scholiaste SxCoXo; poujr éxT)66Xo;. Ibid., art. Langoa. Kâipc, pour XSipe. Lettre à Helvetius, 2 janvier 1761. Stau-
^rodeito (<rtaupa>di^Ta)). Un chrétien contre six juifs. 1776. XLVIJI. 519. — II transcrit ainsi deux vers bien connus d'Hésiode :
^ « Kai kerqkmaîa Ù^amaî kotei, kai tecteni tecton. « Kai ptocos ptoco phdonei, kai aedon aedo. »
II forme les mots antropokaies (princesse de Babylone, ch. îl). Ibid. traduit fiétamç par aux yeux bleus (Zadig, ch. XII) tecton pan maçon sans doute à cause d'architecte (voir plus haut) donne à symbolon le sens primitif d'arrangement. (Un chrétien contre six juifs, xx« niaiserie, XLVIII, 519) rend aitixax par j'espie (xviii* niaiserie. Ibid,, p; 541 ) ; il soutient qix'épiphanie signifie surface, apparence et prétend que les Grecs ne finissent jamais leurs vers par la lettre canine r, etc. Cf. Al. Pi^rron, ch. X et XV.
0) Micromégaa, chap. VU, t. XXXVIII, p. 425.
rabbin ; -c'était sans doute par simple curiosité 0). Il est assez singulier qu'il se soit occupé quelc|fiel6is du langage d(\s: llurons et des Iroquôis, alors qu'il ne s'inquiète nullement des formes du sanscrit, dont la littérature avait déjà attiré son attention. En revanche il parait avoir étudié avec soin plusieurs langues vivantes. Il connai.ss;iit l'espagnol, il parlait et écrivait l'italien et l'anglais; les quelques fautes qu'on a pu relever dans les traductions qu'il a données de certains mo^'ceaux de Shakspeare ne prouvent point ({u'il ne possédât très suffisamment cette dernière langue. Malgré son séjour en Allemagne, il ne connaissait guère l'allemand; il déclare Jui-même qu'il ne le savait pas assez pour juger du mérite d'une traduction (2>. Peut-être imitaitil ledé<lain de Frédéric II et des Allemands eux-mêmes, de qui l'Europe apprenait alors à mépriser leur langue Au reste elle n'était nullement à la mode et Voltaire ne songeait pas à l'y mettre. On ne posait plus sans doute la question de savoir c si un Allemand peut être un bel esprit t ; et ' môme on essaya, vers le milieu du siècle, de faire connaître au public français les ouvrages scientifiques et littéraires de l'Allemagne (3) ; mais celui-ci n'entrevoyait guère au delà du Rhin que des œuvres de pure érudition et de science touffue, et il continuait, comme au siècle précédent^ à reprocher aux Allemands de faire c des recueils plutôt que des livres, des compilations et de gros volumes qui sont plutôt les travaux d'uiï corps robuste que des productions de raison et d'intelligence » (*). Voltaire, comme toujours, se conforme ail goût général; s'il daigne jeter un coup d'oeil sur la langue allemande, il ne la cite guère que pour comiinettre qfielque faute ou pour souhaiter
(1) Dict., p^ii., art. i}im6, XXXII. 143.
(2) V. la lettre au chevalier de Chagtellux 24 décembre 1773. LXVIII. 404. Dans cette lettre il est question du Z^itung.
(3) ÎHêtoire des ouvrage» de» Savant», jviUlet 1604, p. 3.
(4) V. le Journal étranger, septei^bre 1755, t. V, p. 3. — Beansée «stime la scieace d'Outre-RhÎQ : « La langue altoaàanda, dit-U, a (foaiiMté
à ceux qui s'en servent « plus d'esprit^ et moins do\îolisonoes » (i). * ^ ' .
D'ailleurs ces sortes d'cHudes ikî liH paraissent point d'uiie importance Ciipitale. Il y avKit là pourtant une (pijsstiotl de mode; un homme de lettres ne devait-il pas être à même de comprendre les auteurs Matins, anglais, ^Uilien^-^u'on citait alors sans les traduire \^ Mais ce n'est point de ce côté que doit se porter reflort principal d'un vrai philosophe : c Apprendre plusieurs langues médiocrement, c'est le fait du travail de quelques années; parler purement et éloquemment la sienne le travail de toute sa vie » (2) , — Voltaire s'appliqua dès le collège à bien connaître sa langue maternelle. On négligeait alors le français dans la plupart des écoles. En 1703, Frain du Tremblay avait écrit un ouvrage pour protester contre la faveur injuste accordée aux langues anciennes C*^). Bien longtemps après les grammairiens se plaignent encore dans leurs préfaces de l'importance excessive qu'on continuait à attacher au grec et au latin ; ils regrettent, comme Rollin (4) , qu'on ne cultive pas la grammaire avec autant de soin que les Grecs et les Romains, et qu'on ne cherche pas à apprendre not;i:Q^rângue par principes. Cependant il ne semble pas que les Jésuites , aient méconnu l'importance de cette étude: c Si le public a quelque chose à nous reprocher en France , écrit le P.- Bouhours en 1602, c'est d'avoir un peu négligé la langue française dans des temps où nous, en avions le
de bons ouvrages sur le Droit public, la Médecine', THistoire naturelle, principalement sur la Métallurgie. » Enc. inéth,, art. Langues, p. 421.
(1) U écrit ATirlkpour Kirche : il ne faisait sans doute que reproduire par récriture sa propre prononciation. Dict. PhU., art. Frahpaw XXIX, p. 401
(i) Catai, dêê écriv. duHècle de Louis XIV, art. Longj^ie.
(3) TroUé des langues, où Ton donne des ftrincipes et des règles pour juger du mérite et de Texcellenee de chaque langue et en particulier de ■ la langue française. Paris 1708. V. p. ii.
(4) fiUf . afi«., t. XI, p. 578.
plus besoin pour la défense de l'Eglise. Le reproche sorait aujourd'hui mal fondé. Grâce à Dieu, nous pouvons dire sans vanité qu'il sort de chez nous des livres «|ui ont toute la pureté et la politesse qu'on peut souhaiter dans des ouvrages bien écrits » (<). Et en effet les maîtres de Voltaire n'étaient pas exclusivement des latinistes. J^e P. Porée appartenait au t petit nombre des professeurs qui eurent de la célébrité parmi les gens du monde » (>) ; il composait en français des tragédies et des comédies, et son élève savait déjà tourner agréablement une pièce de vers (3). Le P. Toumâmines prenait parti dans sa classe pour Corneille contre Racine (♦) . Le P. Touiller, celui qui fut plus tard l'abbé d'Olivet; était cicéronien en latin et puriste en français. Il est vraisemblable que l'enseignomen^ de tous ces mîmres était fondé sur les ouvrages du P. Bouhours. C'est là que Voltaire apprit à rêsp^ter religieusement la langue du grand siècle et à se conformer en écrivant aux règles d'une critique circonspecte et parfois vétilleuse; et cet enseignement ne pouvait manquer d'exercer une influence considérable suWe. style et le» idées grammaticales du futur écrivain. . ,
C'est avec ces connaissances assez vastes, mais parfois un pe,u superficielles, que Voltaire devait toucher aut problèmes les plus difficiles de la science du langage, aborder l'étude de la tormation de notre langue, .de la gram^ maire en général, de l'orthographe et de la versification françaises. Nous allons voir jusqu'à quel point Tesprit philosophique pouvait, le cas échéant, suppléer à rinsufflsance de la science.
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(1) Smie des Nouvellsê Remarques «ur la langue frafkçaim, kver^
tissement.
{"2) Cotai. deêéenvain8,V.XiV\p:iT9, Çd) Al. Pierron, ouv. cit., p. 14 et suiv. (4) Comm.sur ComeUlè. Rem. sur Agésilat. . T^
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