CHAPITRE XI CHALEURS SPÉCIFIQUES
Principe. — Les chaleurs spécifiques peuvent donner des renseignements analogues aux densités.
II arrive que la chaleur spécifique d'un alliage déterminée par l'expérience est légèrement différente de celle donnée par le calcul. On est alors conduit à admettre un état spécial des métaux constituants, combinaison, état allotropique, etc.
Regnault a montré que généralement la chaleur spécifique des alliages est bien la moyenne des chaleurs spécifiques des métaux constituants.
Si l'on considère un alliage binaire formé d'un poids p^ du premier métal dont la chaleur spécifique est q et d'un poids /?2 du second métal dont la chaleur spécifique est Cg, la chaleur spécifique C de l'alliage est donnée par la formule :
Pi +Pa
Toutefois, il faut, pour que la loi soit vérifiée, que la mesure de la chaleur spécifique soit faite à une température assez éloignée du point de fusion.
Il nous parait inutile de rappeler ici les méthodes permettant de déterminer les chaleurs spécifiques; elles sont décrites dans tous les traités de physique.
Exemples. — M. Pionchon a étudié la variation de la
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chaleur spécifique du fer avec la température. Il a démontré l'existence d'une variation brusque, laquelle correspond bien au point A3 (transformation du ferp en fer y) de M. Osmond.
Des expériences nombreuses ont été faites sur d'autres alliages.
Nous citerons l'étude de M. Louguinine d'un alliage cuivrealuminium renfermant 11,3 0/0 d'aluminium, lequel a donné entre 25 et 100* un nombre (0,1043) un peu inférieur au nombre calculé (0,1089). M. Laborde a étudié par la même méthode les alliages fer-antimoine entre et 100**. 11 a trouvé que ceux renfermant de 18,5 à 81 0/0 de fer possèdent des chaleurs spécifiques notablement supérieures aux nombres donnés par l'expérience. L'alliage de composition Fe^Sb* est celtii qui correspond à la plus forte différence ; il donne 0,0779, la théorie conduisant à 0,0754.
Enfin un certain nombre de savants, MM. Spring, Van Aubel, Mazoto, ont étudié la chaleur spécifique de certains alliages fusibles connus sous les noms d'alliages dje Wood, Darcet, Lipowitz, etc. Ces recherches ne sont pas concordantes et l'on ne peut en tirer aucune conclusion.
En résumé, si la méthode de la détermination des chaleurs spécifiques peut donner des résultats intéressants, on voit que jusqu'ici elle n'a été que fort peu utilisée et qu'elle n'a été employée pour aucune recherche systématique.